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La vague française de 1954:

La page d'accueil concernant les cas de la vague française de 1954 se trouve ici.

4 ou 11 octobre 1954, Sinceny, Aisne:

Référence pour ce cas: 4-11-oct-54-Sinceny. Merci de citer cette référence dans toute correspondance avec moi en rapport avec ce cas.

Résumé:

L'Agence France Presse, le 16 octobre 1954, publiait un communiqué disant que Mr. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, dans l'Aisne, était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête.

L'enquête a permis de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, un voisin, Mr. Faisant, qui a dit qu'il a cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un martien en train de réparer sa soucoupe volante. Il est alors allé chercher son fusil et a tiré.

L'A.F.P. expliquai que "malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi."

L'incident a vite fait les délices de la presse française, avec curieusement, des sources locales postérieures à la dépêche de l'A.F.P. et comprenant des informations peu cohérentes entre elles. Dans le magazine Radar, on en rajoute en assurant qu'on avait dit à Mr. Faisant: "Tu verras qu'un d'ces jours, les Martiens s'promèneront à Chauny," et que Mr. Faisant, "brave cultivateur", avait hoché la tête d'un air entendu en répliquant "J'ai d'quoi les recevoir!", puis il était allé s'embusquer chez lui avec son fusil, près de la fenêtre, les yeux fixés sur l'ombre qui noyait peu à peu les prés et les bois. Et Mr. Ruant de déclarer que la carrosserie de sa voiture avait été criblée de plombs. Radar donnait les noms complets des protagonistes et indiquait que la méprise avait eu lieu avec une distance d'observation de 120 mètres, ce qui ne correspond pas du tout aux quelques mètres illustrés par un dessin dans le même magazine...

Mr. Faisant assurait à Radar que si, le lundi, il avait peut-être tiré sur Mr. Ruant, il est sûr que "la veille, c'était un bonhomme sorti d'une soucoupe volante!"

L'incident, réel ou non, est l'un des rares à avoir eu également les honneurs de la presse étrangère (USA, Royaume-Uni, Inde), sur la base de la dépêche de l'A.F.P, avec toutes sortes de déformations, comme une localisation à Bordeaux (à 500 km de Sinceny), ou sur une "route isolée".

On aura droit également à une dissertation d'un docteur en droit sur la question juridique de savoir s'il est admissible aux yeux de la loi de tirer un coup de feu sur un "Martien". Le magazine d'ufologie Ouranos citait l'affaire parmi quelques autres affaires stupides de ce genre et invitait à "rester calme."

L'ufologue Jacques Vallée racontera qu'en France en 1954, "on a tiré sur des vagabonds que l'on a pris pour des Martiens."

Et bien entendu, l'incident est cité en exemple dans la littérature ufologique "sceptique" comme évidence de la "faillibilité du témoignage humain."

Rapports:

[Ref. li1:] JOURNAL "LIBERTE DIMANCHE":

Scan

LA REGION DIEPPOISE ATTEINTE A SON TOUR

SOUCOUPE, CIGARE
et "être étrange"

sont apparus à un habitant de Londinières

L'actualité fait une consommation courante de soucoupes et autres engins volants, et rares sont les régions qui n'ont pas encore trouvé en ces apparitions matière à dissertation.

Avouons cependant que la Normandie n'a pas été jusqu'ici très gâtée et l'on est fondé de se demander si la sagesse du Normand, lequel ne se laisse guère influencer et prendre aux "on dits", ne joue pas en l'occurrence un rôle prépondérant.

Si nous entendons, bien sûr, que les visions de soucoupes volantes tombent dans le domaine d'une imagination trop fertile, d'une hallucination individuelle ou collective...

Mais voici que vient de Londinières une information qui peut permettre à notre province (laquelle montrerait ainsi son désir de n'être point rétrograde) de se hisser au niveau des autres régions qui "ont vu".

Et d'un seul coup, voilà qu'on nous sort quatre soucoupes, un cigare et un être étrange (de 1 m. 20, comme il se doit, pour ne point rompre le charme) accompagnée de phénomènes qui, eux non plus, n'ont rien de tellement inédit.

M. Henri Robert circulait en auto sur la R.N. 214, à la nuit tombante, entre Mesnières et Londinières - où il habite - quand, à Bagnolet, il aperçut quatre engins superposés, de couleur orange "semblant être des soucoupes volantes", qui évoluaient à 300 mètres de hauteur. L'une d'elles se détacha, descendit et vint zigzaguer devant sa voiture avant de disparaître. Dans le même temps, M. Robert avait ressenti comme une forte commotion électrique et les commandes de son véhicule avaient été momentanément annihilées.

A peine était-il remis de sa surprise, qu'à 3 kms de là, M. Robert aperçut dans ses phares, au milieu de la chaussée, un être étrange de 1 m. 20 environ. Cette fois ce furent ses phares qui s'éteignirent, puis se rallumèrent aussitôt. L'automobiliste remarqua alors, au bord du talus, un engin long de trois mètres, pointu à ses deux bouts et de forme cylindrique.

Le fameux cigare dans toute l'acception du terme auquel il ne fallut "qu'une seconde" pour disparaître, tous feux éteints, dans la direction du Nord.

C'est à une heure du matin, samedi, que M. Robert est venu faire, à la gendarmerie de Londinières, le récit de ce qu'il avait vu et ressenti. Mais ses propos étaient incohérents, ses paroles sans suite.

Effet de la commotion dont il se disait avoir été la victime quelques heures plus tôt, ou réaction causée par l'amoncellement de soucoupes d'un autre genre, et d'un modèle plus courant, sur quelque guéridon.

Les gendarmes se rendirent à Baillolet où ils ne constatèrent rien d'anormal, ceci étant confirmé par un nouveau déplacement, samedi matin, de jour. Aucune trace, aucun autre témoin du phénomène...

Ce qui n'empêcha pas M. Robert, à 9 heures, de confirmer son récit.

Attentat manqué contre un faux "Martien"

LILLE. 16 octobre (A.F.P.). -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny (Aisne), était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. L'enquête permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, un voisin, M. Faisant.

J'ai cru, a-t-il dit, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré.

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

[Ref. lf1:] JOURNAL "LE FIGARO":

M. Ruant, cultivateur à Sinceny (Aisne) était occupé, la nuit, à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était un voisin, M. Faisan. Ce dernier a déclaré à la police: "J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré." M. Faisant sera poursuivi, malgré sa bonne foi.

[Ref. rt1:] JOURNAL "LA REPUBLIQUE DE TOULON ET DU VAR":

ATTENTAT MANQUE
CONTRE
UN FAUX MARTIEN

Lille, 16 octobre. -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne) a bien failli être victime de la panique que cause à certains l'apparition des soucoupes ou autres objets volants. Hier soir il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant, M. Faisan. Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière des phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré".

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

[Ref. vm1:] JOURNAL "VAR MATIN - REPUBLIQUE":

Attentat manqué contre un faux martien

Lille, 16 octobre. -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne) a bien failli être victime de la panique que cause à certains, l'apparition des soucoupes et autres objets volants. Hier soir, il était occupé à dépanner sa voiture dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte, permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était un voisin de M.Ruant. Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant, une silhouette évoluant dans la lumière des phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

René Mante

[Ref. at1:] JOURNAL "THE AMBALLA TRIBUNE":

UN "HOMME DE MARS" ESSUIE DES COUPS DE FEU EN FRANCE

LILLE (France), le 16 octobre. -- L'engouement des "Marsiens" en France a failli coûter la vie à un fermier de Sinceny (nord de la France).

Il essayait de réparer sa voiture la nuit dernière quand un voisin, le prenant pour un Marsien, lui a tiré deux coups de fusils dessus avec un fusil de chasse. Ils lui ont dépassé la tête et ont heurté le corps de la voiture.

L'agriculteur, M. Maurice Ruant, s'est plaint à la police, qui a rapidement identifié le chasseur comme étant M. Faisan.

Expliquant ce qui s'est passé, ce dernier a déclaré: "Quand j'ai vu une silhouette bouger devant les phares, j'ai pensé que c'était un Marsien en train de réparer sa soucoupe volante. J'ai cherché mon fusil et j'ai ouvert le feu".

Malgré sa bonne foi, Faisan sera poursuivi. - U.P.I. - A.F.P.

[Ref. hm1:] JOURNAL "LA HAUTE-MARNE LIBEREE":

DES ENGINS MYSTERIEUX
continuent à fréquenter avec assiduité le ciel de France

Les témoignages s'accumulent venant chaque jour apporter quelque détail nouveau soit sur les soucoupes, soit sur les cigares volants.

Alors que samedi soir, plusieurs témoins de bonne foi, dont M. Béranger, Maire de Saint-Laurent-du-Var, conseiller général, avaient aperçu au-dessus de Nice, un disque de couleur orange, cette fois au-dessus de Cannes, plusieurs personnes observaient un engin lumineux de couleur jaune avec une queue verte. Mais le témoignage le plus intéressant devait être apporté par un employé de la recette municipale d'Antibes, M. Casella, habitant à Biot, qui rentrant dans la soirée chez lui, se trouva nez à nez avec un énorme engin mécanique mesurant 7 à 8 mètres de diamètre posé au milieu de la route. Le témoin qui était à bicyclette s'approcha de l'engin jusqu'à presque le toucher mais alors celui-ci s'éleva à la verticale et, avec un léger sifflement, disparut dans le ciel.

Dans le ciel provençal, à Venergues, plusieurs vendangeurs ont aperçu un engin de forme allongé tel un cigare, à déclaré l'un d'eux et de couleur blanche et bleue, a précisé un second. Un troisième vendangeur a indiqué que la fusée paraissait émettre des rayons lumineux.

Au Puy, un objet brillant a été observé entre 17 h. 30 et 18 h. 35 par la station météorologique du Puy-Chaudrac. L'engin apparaissait comme une olive droite avec au sommet, une sorte d'antenne noire. Le chef de la station précisa qu'il crut être en présence de la planète Jupiter, mais la disparition subite de l'objet démontra qu'il avait fait erreur. Le même phénomène a été aperçu par le centre de météorologie de Ruyères (Cantal). On peut rapprocher ces témoignages de celui de milliers d'habitants de Tulle qui, vers 15 h.30, aperçurent dans le ciel, en direction sud sud-est, un gros point brillant et immobile. Il semblait transparent et affectait la forme d'un cylindre dont les deux extrémités étaient coniques.

Attentat manqué contre un faux Martien

M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne), a failli être victime de la panique que cause à certain l'apparition des soucoupes ou autres engins volants. Il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permis de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu qui était voisin de M. Ruant, M. Faizan.

Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Malgré sa bonne foi, M. Faizan sera poursuivi.

[Ref. ak1:] JOURNAL "THE AKRON BEACON JOURNAL":

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Un Homme de Mars?

Non, C'est Maurice

LILLE, France (UP) -- Maurice Ruant est sorti de son auto en panne pour examiner le moteur et a été raté de justesse par des plombs de deux balles de fusil de chasse.

Un voisin excité a expliqué: "Quand j'ai vu un homme debout dans la lumière d'une machine, j'ai pensé que c'était un Martien réparant sa soucoupe volante."

[Ref. cp1:] JOURNAL "COURIER-POST":

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Un Homme Tire Sur Un Automobiliste Qu'il Pensait Etre un Martien

LILLE, France (UP) -- Maurice Ruant est sorti de son auto en panne pour examiner le moteur et a été raté de justesse par des plombs de deux balles de fusil de chasse.

Un voisin excité a expliqué: "Quand j'ai vu un homme debout dans la lumière d'une machine, j'ai pensé que c'était un Martien réparant sa soucoupe volante."

[Ref. pd1:] JOURNAL "ST. LOUIS POST-DISPATCH":

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ON LUI A TIRE DESSUS COMME UN ENNEMI 'MARTIEN'

LILLE, France, 18 oct. (UP) -- Maurice Ruant est sorti de son auto en panne pour examiner le moteur et a été raté de justesse par des plombs de deux balles de fusil de chasse.

Un voisin excité a expliqué: "Quand j'ai vu un homme debout dans la lumière d'une machine, j'ai pensé que c'était un Martien réparant sa soucoupe volante."

[Ref. fa1:] JOURNAL "FEUILLE D'AVIS:"

LILLE, 17. -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne), a bien failli être victime de la panique que cause à certains l'apparition des soucoupes.

Dimanche soir, il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant, M. Faisan.

Ce dernier a déclaré à la police:

«J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer une soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré.»

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

[Ref. sp1:] JOURNAL "THE STAR PRESS":

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La France, Aussi, 'Envahie' Par les Martiens

Paris (UP) -- Une épidémie de soucoupes volantes fait voir des hommes de Mars aux français.

L'autre soir, dans le village lorrain de Walscheid, une bande de jeunes terrifiés a foncé à la maison pour signaler que les hommes de Mars avaient atterri dans le jardin d'un villageois. La gente féminine s'est cachée dans l'église du village, espérant la protection Divine.

Les hommes ont attrapé des faux, des clubs et les quelques armes disponibles et ont marché contre les Martiens. Ils marchaient vers le jardin. Il y avait là les envahisseurs, de la moitié de la taille humaine, avec des têtes brillantes immobiles. Il s'est avéré qu'ils étaient des chrysanthèmes en grande floraison que le résident avait recouvert de tissus brillants contre le gel.

Le modèle standard

Lorsque la visite à grande échelle venue des zones extérieures a commencé, la soucoupe volante était le modèle standard. Depuis lors, des cigares lumineux, des poêles à frire, des disques, des melons et même des cloches ont sillonné le ciel français en nombre croissant.

Au cours de la semaine, les villageois de Momy (Basses-Pyrénees) ont pris les champs avec des armes improvisées pour faire face à une soucoupe volante fraîchement arrivée. Ils ont trouvé une citrouille creuse avec une bougie allumée à l'intérieur.

Deux nuits plus tôt, un agriculteur de la région de Bordeaux s'arrêta pour réparer sa voiture sur une route isolée et a échappé de peu à la mort quand un résident le confondit pour un envahisseur céleste et lui tira dessus les deux canons de son fusil.

Il y a dix jours, Gilbert Lelay a dit à ses parents à Chateaubriant qu'un petit martien était sorti d'un cigare volant et lui a donné volontiers l'autorisation de le regarder, mais l'a prévenu de ne pas le toucher.

Près de Toulouse, un mécanicien, Jean Marty, 43 ans, a informé la police qu'il a vu une soucoupe orange atterrir près de sa maison. Elle a rapidement filé dans la nuit, mais Marty a trouvé deux feuilles de papier sur le sol, recouvertes de marques cryptiques qui, nul ne pouvait le réfuter, pourraient être de la littérature martienne.

Le magazine hebdomadaire L'Express a offert une récompense de 10 000 000 de francs (28,570 $) à la première personne qui apporterait un véritable martien vivant à son bureau.

Le journal plus savant Le Monde, se lamentant de l'éruption des soucoupes volantes, a pleuré les jours de notre bien-aimé serpent de mer.

[Ref. ra1:] MAGAZINE "RADAR":

Trois candidats au
MILLION.

FEU SUR LE MARTIEN!

[Insert:] "Tu verras qu'un d'ces jours, les Martiens s'promèneront à Chauny" avait-on dit en riant à M. Faisant. Et ce brave cultivateur de l'Aine avait hoché la tête d'un air entendu. "J'ai d'quoi les recevoir!" avait-il répliqué simplement. M. Faisant avait réintégré son logis. Il s'était assis auprès de la fenêtre, les yeux fixés sur l'ombre qui noyait peu à peu les prés et les bois. Soudain, il tressaillit...

Note:

Le "million de radar" était un concours lancé par ce magazine, qui promettait un million d'anciens francs à quiconque leur livrerait un martien. Le dessin pour l'affaire de Sinceny est de Rino Ferrari.

[Légende des trois photos:]

M. Faisant: "On en avait tant parlé!"

"J'étais penché sur ma roue arrière, dit M. Ruault, quand j'entends siffler."

"Aussitôt après, un coup de feu!... Ma carrosserie est criblée de plombs."

[Ref. gu1:] JOURNAL "THE GUARDIAN":

Soucoupes sur la France

La découverte d'objets inexplicables dans le ciel de la France a une suite commerciale. Bien que certains commentateurs de journaux aient associé ce repérage à une consommation excessive de nourriture ou de boisson, trois films ayant pour thème principal les soucoupes volantes doivent être réalisés. L'un racontera l'histoire d'un journaliste qui tente de gagner un prix de 10 000 £ offert pour la première photographie authentique d'une soucoupe volante. Les producteurs suivront certaines des observations qui ont été rapportées, notamment le cas d'un jeune photographe qui a passé la nuit loin de son épouse pendant leur lune de miel. Il avait préféré chasser la soucoupe avec son appareil photo.

Un autre incident nocturne authentique et remarquable qui sera inclus dans le film sera la tentative de tir d'un Français sur un ami qu'il avait pris pour un martien. Les producteurs ont l'intention d'interroger une centaine de personnes qui ont juré avoir vu des soucoupes volantes, des cigares, des bananes et d'autres phénomènes dans les cieux.

[Ref. rp1:] REVUE DE LA PENSEE FRANCAISE:

Le magazine indique qu'à l'automne 1954, un habitant de Sinceny a tiré un coup de fusil sur un automobiliste en panne en croyant voir un Martien en train de réparer sa soucoupe. Comme le tireur visait aussi mal qu'il raisonnait, le pseudo-Martien en a été quitte pour sa peur.

[Ref. rc1:] R. COMBALDIEU, DOCTEUR EN DROIT:

R. Combaldieu, Docteur en Droit, Substitut du procureur général près la Cour d'appel de Paris, Membre de la Commission d'Etudes pénales législatives, a publié un article intitulé "Soucoupes volantes, Martiens et... Droit pénal" le numéro d'octobre-décembre 1954 de la Revue de Science Criminelle et de Droit Pénal Comparé.

Il y traite de la question juridique de savoir s'il est assimilable, au regard de la loi pénale de tirer un coup de feu sur un "Martien".

Il note d'emblée que si la question peut sembler être de la fantaisie ou de la science fiction, sans application pratique, mais ce n'est justement pas le cas du fait de l'affaire de Sinceny.

Il semble que la qualification retenue ne lui ait pas été connue, et puisque aucune blessure n'a été occasionnée, il évoque comme possibilité la tentative de meurtre, ou quelque chose de l'ordre d'un délit de chasse, ou que les faits n'ont aucune qualification ce qui exclurait toute poursuite.

Abordant ce que peut être l'influence de l'erreur de fait sur la responsabilité pénale en général, il conclut que le tireur a voulu l'action mais pas ce qui en a résulté effectivement c'est à dire d'avoir presque blessé ou tué un homme.

Il note que la responsabilité du tireur peut être engagée si l'on peut montrer qu'il y a une négligence ou une imprudence commise dans le fait de ne pas s'être assuré de ce sur quoi il tirait, et que dans ce cas de figure, l'erreur étant la négation de l'intention, on ne peut plus parler de délit intentionnel.

Il note qu'il y a bien une erreur dans ce cas, que ce n'est pas pour tirer sur son voisin qu'il a commis l'acte si l'on en croit les comptes rendus, mais bien en croyant avoir affaire à un martien, sans que toutefois cela ne puisse faire disparaître sa responsabilité pénale.

Il note que le tireur a voulu "tuer Paul et à tué Pierre", mais que cela n'est pas dans le cadre d'une erreur de tir, il voulait bien tuer Pierre, ce qui dans l'intention correspond toujours à une intention de meurtre.

Ceci amène naturellement à une discussion de la question évidente: sa tentative d'homicide volontaire a un sens clair s'il avait voulu tuer un être humain, mais quel en est le sens puisqu'il a voulu tuer un Martien?

Il doit en effet être jugé pour avoir voulu tuer un Martien, et non pas pour avoit voulu tuer un homme.

Ceci amène les réflexions suivantes: peut-on assimiler un Martien à un homme alors que l'on ne sait pas ce qu'est un Martien? Peut-on faire cette assimiliation si le martien est anthropomorphe (on dit aujourd'hui "humanoïde")?

Il conclut par la négative: "humain" vient de homo et est apparenté à humus, terre. L'humain est proprement terrestre, par opposition aux créatures célestes. Le Martien pourrait être prononcé comme un être nécessairement adapté aux conditions physiques du milieu dans lequel il vit, et également comme un être évolué, avec une raison et une intelligence, puisqu'il a pu inventer et utiliser des engins spatiaux pour venir chez nous (non sans humour il note que ce n'est pas réciproque).

Mais il conclut: "Il n'en demeure pas moins que toute assimilation du "Martien" à l'humain serait purement gratuite, faute d'être démontrée et comme telle sans valeur, dans une matière où tout argument d'analogie doit être banni."

Il cite le propos du professeur Oberth, inventeur de la fusée V-2, qui avait été diffusé dans la presse sous forme naïve: Oberth avait expliqué que les Martiens ou d'autres extraterrestres sont peut-être aussi différents de nous qu'un végétal est différent d'un animal, et les journaux avaient titré que selon Oberth, les Martiens sont des plantes!

De par cela, il démontre qu'il y a dans ce problème juridique un éclatement total des concepts et du cadre pour lequel nos lois avaient été conçues.

Il condamne le geste du tireur: l'existence de "Martiens" n'ayant pas encore été démontrée même si à ce moment de plus en en plus de gens y croient, ce qui aurait été motif d'internement en asile psychiatrique quelques mois plus tôt, pour lui le tireur aurait dû se dire: "Si celui que je prends pour un Martien n'était par hasard qu'un vulgaire humain, je ne dois pas tirer avant de vérifier."

Pour les besoins de la discussion, il prend alors l'affaire dans le sens d'un délit de chasse. Mais il faudrait alors assimiler les Martiens à des animaux nuisibles ou dangereux, "alors qu'ils se sont révélés aimables et même tendres, à en croire certains témoins !" Il évoque également la motivation du tir, qui n'est pas connue ou ne lui est pas connue: est-ce la peur, une réaction de défense contre le Martien pensé comme dangereux, ou est-ce une tentative de neutraliser le Martien quitte à le priver de la vie afin de s'en emparer, d'obtenir une preuve?

Au-delà des aspects humoristiques de la discussion juridique de l'affaire, il note bien que le tireur, "manquant totalement de la plus élémentaire courtoisie interplanétaire, a risqué, par son geste inconsidéré, de déclencher la plus incroyable guerre des mondes."

[Ref. ou1:] MAGAZINE D'UFOLOGIE "OURANOS":

Dans un articulet titré "Restez calmes, s.v.p.!" le groupe d'ufologie C.I.E.O. Ouranos rappelait quelques incidents "stupides" et donnait des conseils:

Restez calmes s.v.p.!

Les incidents les plus navrants et les plus stupides se multiplient depuis quelques semaines. A Chauny (Aisne), un cultivateur a tiré sur un paisible automobiliste qu'il avait pris pour un "Martien".

A Train-l'Hermitage [sic] (Drôme) un paysan a frappé sauvagement un de ses voisins qui lui avait paru "extraordinaire". Ici une famille entière se barricade chez elle, terrorisée par le passage d'une S.V. Là un témoin épouvanté doit être conduit d'urgence dans un hôpital psychiatrique. Partout des hommes solides et bien bâtis déclarent s'être enfuis à l'approche d'un être descendu d'une S.V...

La C.I.E. OURANOS tient à rappeler un certain nombre de faits positifs qui doivent mettre fin à ces dangereuses pantalonnades et à ces paniques:

1° - Il y a des siècles que des "objets" semblables aux S. V. ont été observés dans l'atmosphère terrestre. S'ils se montrent plus nombreux depuis quelques années, rien ne permet cependant de supposer qu'ils présentent un caractère plus redoutable que par le passé.

2° - Jamais aucune S. V. ne s'est attaquée à un avion ou à un particulier. Il est seulement possible que des accidents se soient produits, dus à l'imprudence de certains curieux.

3° - Si les observations d' "Ouraniens" sont exactes, on a pu remarquer que l'attitude de ces êtres est pacifique et que leurs réactions sont uniquement défensives.

Dans ces conditions, la simple prudence conseille de rester dans l'expectative en cas de rencontre avec des "Ouraniens" et de ne les provoquer sous aucun prétexte. C'est en même temps un devoir de civilisé. Surtout ne fuyez pas, et ne courrez pas non plus au devant d'eux. S'ils vous ont vu, essayez d'entrer en contact, verbalement ou par gestes discrets. Et observez les avec précision.

Envoyez ensuite, et aussitôt que possible, un rapport détaillé et objectif de votre observation à la C.I.E.O., 27, rue Etienne Dolet, BONDY (Seine), qui centralise et étudie les renseignements mondiaux sur ces faits.

Enfin protestez énergiquement auprès des journaux qui auraient dénaturé votre témoignage, et adressez un double de votre mise au point à la C.I.E.O. (Enveloppe timbrée pour réponse, s.v.p.).

Un dernier conseil: abstenez-vous de tonte mystification; cela n'amuse que les imbéciles; et c'est dangereux.

Et cessez d'appeler "Martien" des êtres dont on ignore l'origine! Baptisez-les tout simplement, comme nous l'avons fait, du nom vague et général d' "Ouraniens", qui signifie: venus d'une partie quelconque du ciel.

La C.I.E.O.

[Ref. mc1:] MICHEL CARROUGES:

L'auteur rapporte dans son chapitre consacré aux confusions lors de la vague française d'OVNIS de 1954 qu'à Sinceny dans l'Aisne, une confusion grave a abouti à un coup de fusil sur un voisin, selon le Journal du Dimanche du 17 octobre 1954. L'auteur du coup de fusil avait déclaré:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluer dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Le Martien visé était en fait Maurice R., qui était occupé à réparer une banale automobile dans un pré voisin de chez lui. Heureusement, les plombs du fusil de chasse du tireur, M. F., ont seulement touché l'automobile.

[Ref. jv6:] JACQUES VALLEE:

Jacques Vallée mentionne que durant la vague de 1954 en France on a tiré sur des vagabonds que l'on a pris pour des Martiens.

[Ref. bbr1:] GERARD BARTHEL ET JACQUES BRUCKER:

Les deux auteurs citent ce cas de confusion en indiquant le contenu d'une dépêche de l'AFP:

"Lille, 18 octobre (A.F.P.). -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne), a bien failli être victime de la panique que cause à certains l'apparition des soucoupes ou autres objets volants. Il était occupé à dépanner sa voiture dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de feu de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte, et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant: M. Faisan, lui-même cultivateur. Ce dernier a déclaré à la police:"

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe. volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré." Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi."

[Ref. vi1:] MAGAZINE D'UFOLOGIE "VIMANA 21":

LUNDI 18 OCTOBRE [Date de parution] : NE TIREZ PAS SUR LES MARTIENS! -

Lille - M. Maurice Ruant, cultivateur à Cinceny [sic], près de Chauny (Aisne) a bien failli être victime de la panique que cause à certains, l'apparition de soucoupes volantes ou autres objets volants. L'autre soir, il était occupé à dépanner sa voiture dans un pré, proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carosserie [sic] du véhicule, non loin de sa tête. M. Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permis de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant, M. Faisan. Ce dernier a déclaré à la police: "J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière des phares, être en présence d'un martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré!..." Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera prisonnier [sic].

La source du texte est indiquée comme le journal Le Bien Public.

[Ref. to1:] PAOLO TOSELLI:

Cet état psychologique particulier des témoins [celui de "donner aux OVI des caractéristiques d'OVNI" par un "sentiment subconscient"] sera débattu plus loin, pour permettre d'expliquer certaines réactions. Citons, par exemple, le cas d'un français, qui, en 1954, tira sur son voisin affairé devant ses phares à réparer sa voiture, croyant avoir eu affaire à un "martien" près de sa soucoupe!

Paolo Toselli reproduit au-dessous la page de Radar (non sourcée):

[Ref. mf2:] MICHEL FIGUET:

Cet ufologue a noté:

CAS Nr CLASSIFICATION DATE HEURE LIEU CODE POSTAL CREDIBILITE SOURCE
92 CE3 .. 10 1954 hnp [= heure non précisée] Sinceny D2 E [= Expliqué], F.G. (confusion)

[Ref. mf1:] MICHEL FIGUET:

Michel Figuet note dans son catalogue des Rencontres Rapprochées élucidées:

10.1954
Sinceny
Confusion, E. Zurcher, p. 175

[Ref. cc1:] BULLETIN D'UFOLOGIE "CIRCULAIRE CNEGU":

Les cas élucidés de Francat

[...] 10.54 : Sinceny (02), [...]

[Ref. dc3:] DOMINIQUE CAUDRON:

Dominique Caudron indique qu'en France en 1954 un cultivateur a tiré sur un voisin qu'il a pris pour un Martien.

[Ref. op1:] MAGAZINE D'UFOLOOGIE "OVNI-PRESENCE":

Les forts en histoire se souviennent peut-être que lors de la grande vague de soucoupes de l'automne 1954, un certain M. Faisant, de Sinceny (Aisne) tira sur un Martien qui se révéla n'être que son voisin.

[Ref. je1:] JOHN SPENCER:

NOM: MEPRISE DE SINCENY

DATE: OCTOBRE 1954

LIEU: SINCENY, AISNE, FRANCE

REF CARTE: G14

EVENEMENT: LEGERE ERREUR DE JUGEMENT

'En voyant une silhouette bouger à la lumière de deux lampes, je me suis cru en présence d’un martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon arme et je lui ai tiré dessus."

Une hypothèse tout à fait raisonnable, pourriez-vous penser (et un geste de bienvenue charmant), mais malheureusement mal à propos. Dans ce cas, la cible s'est avérée être le voisin du témoin en train de réparer sa voiture. Heureusement, son habileté n'était pas meilleure que son jugement et le coup a seulement endommagé la voiture, laissant probablement son voisin quelque peu surpris.

Notre témoin aurait peut-être eu encore plus de mal à se justifier s'il avait donné l'explication: "Je suis désolé. Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre...!"

[Ref. md1:] MAGAZINE D'UFOLOGIE "LES MYSTERES DE L'EST":

[...] le journal L'Alsace du 19/10/1954 mentionne lui aussi un cas de méprise de ce type [voiture prise pour une soucoupe] près de Chauny (02), [...]

[Ref. lg1] LOREN GROSS - JOURNAL US INCONNU:

Scan

2 novembre 1954

Les français ont une épidémie de disques

Par Priscilla Buckley

PARIS, (UP). -- Une épidémie de soucoupes volante fait voir des hommes de Mars aux français.

L'autre soir dans le village Lorrain de Walscheid un groupe de jeunes terrifiés a foncé vers les maisons pour rapporter que les hommes de Mars avaient atterri dans le jardin d'un villageois. Les femmes se sont précipitées dans l'église, espérant la protection divine.

Les hommes ont pris des faux, des fourches, et les quelques armes à feu disponibles et ont marché sur le jardin. Là se tenaient les envahisseurs, de la moitié de la taille d'un homme, leurs têtes immobiles luisant.

Il s'est avéré que c'était de grosses chrysanthèmes que le villageois avait couvert de tissu brillant contre le gel.

Quand les visites d'outre espace de grande ampleur avaient commencé, le modèle était la soucoupe volante. Depuis lors, des cigares lumineux, des poêles à frire, disques, melons et même des cloches ont sillonné les cieux français en nombre croissant.

Dans la semaine les villageois de Momy (Basses-Pyrénées) ont couru avec leurs armes improvisées pour se confronter à une soucoupe volante fraîchement arrivée. Ils ont trouvé une citrouille creuse avec une bougie allumée à l'intérieur.

Deux nuits avant un fermier de la région de Bordeaux s'était arrêté pour réparer sa voiture sur une route solitaire, et a échappé de peu à la mort quand un habitant l'a pris pour un envahisseur céleste et a tiré les deux coups de son fusil vers lui.

Dix jours auparavant Gilbert Lelay a dit à ses parents à Chateaubriant qu'un petit martien était sorti d'un cigare volant et lui a de suite donné la permission de le regarder, mais lui interdisant de le toucher.

Près de Toulouse, un mécanicien, Jean Marty, 43 ans, a informé la police qu'il avait vu une soucoupe orange se poser près de son domicile. Elle a vite filé dans al nuit, mais Marty a trouvé deux feuilles de papier, couvertes de caractères sibyllins dont personne n'a pu nier que cela pourrait être de la littérature martienne.

Le magazine hebdomadaire express [L'Express] a offert une récompense de 10 million de francs (28.570$) à la première personne qui apporterait à leur bureaux un véritable martien vivant.

LE journal plus académique Le Monde, se désolant de l'épidémie de soucoupes volantes, imprimait ses regrets de l'époque "de notre bon vieux serpent de mer."

[Ref. dc1:] DOMINIQUE CAUDRON:

A Sinceny (Aisne), un certain M. Faisant tira sur un "martien" qui réparait sa soucoupe, mais se révéla n'être que son voisin qui réparait sa voiture.

[Ref. lh1:] LARRY HATCH:

! 1954/10/15: Sinceny, Aisne, France: Un agriculteur tire un coup de fusil de chasse sur un Alien de l'Espace en train de réparer une soucoupe volante. Nombreuses sources.

L'Alien de l'Espace était un automobiliste en panne. Le fermier a été en proie à de graves problèmes juridiques. Ufologie.net [Il s'agit de l'ancienne adresse de mon site web.]

[Ref. dt1:] DIANA G. TUMMINIA:

L'auteur dit que quand une vague d'OVNI a englouti la France en 1954, un homme a tiré sur son voisin parce qu'il a pensé qu'il était un Martien.

[Ref. ud1:] SITE WEB "UFODNA":

Le site web indique que le 17 octobre 1954, à Sinceny, en France, "rencontre rapprochée avec un engin non identifié et ses occupants. On a observé un objet non identifiable et ses occupants à courte distance."

La source est indiquée comme Carrouges, Michel, Les Apparitions de Martiens, Fayard, Paris, 1963.

[Ref. at1:] SITE WEB "ASSOCIATION ON OFFICIELLE DES TEMOINS D'OVNIS":

HISTOIRES REELLES SUR LES OVNIS

Le voisin martien

Durant l'Automne 1954, la France vit une véritable frénésie de "Martiens". Des dizaines d'observations sont signalées chaque jour de sorte qu'une quasi-hystérie s'empare de la population. Pas étonnant, dans ces conditions, que l'on assiste à un certain nombre de "débordements" plus ou moins graves dont le plus connu reste celui de Sincery. Voyant une lumière devant laquelle s'agitait une silhouette, M.F. ouvrit le feu avec un fusil de chasse. Plus tard il déclara aux journaux: "J'ai cru être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil, et j'ai tiré". En fait, l'extraterrestre était son voisin affairé à bricoler le moteur de sa voiture, phares allumés. Un voisin qui eut bien de la chance de ne pas avoir été touché par les plombs.

[Ref. lm2:] SITE WEB DU JOURNAL "LA MONTAGNE":

[... Autre cas... ]

Dans certaines régions, la peur prend parfois des allures dramatiques. A Sinceny (Aisne), M. Faisan tire deux cartouches sur son voisin qui bricole sa voiture: "J'ai cru être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante" déclare le tireur. La victime survit.

[... Autre cas... ]

[Ref. ov1:] FORUM "LES OVNIS":

Posté le: Lun 28 Fév - 20:20 (2011) Sujet du message: Vague de 1954 France

L'année 1954 demeure la période où l'on a enregistré le plus d'observations d'ovnis en France. 2000 cas rapportés par la presse, selon l'ufologue (spécialiste d'ovnis) Dominique Caudron. Entre septembre et novembre, les témoignages se multiplient, des plus troublants aux plus farfelus.

[...]

Dans certaines régions, la peur prend parfois des allures dramatiques. A Sinceny (Aisne), M. Faisan tire deux cartouches sur son voisin qui bricole sa voiture : « J'ai cru être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante » déclare le tireur. La victime survit.

[...]

[Ref. ubk1:] "UFO-DATENBANK":

N° de cas Nouveau N° de cas Enquêteur Date d'observation CP Lieu d'observation Pays d'observation Heure d'observation Classification Commentaires Identification
19541000 00.10.1954 Sincey [sic] France
19541017 17.10.1954 Sinceny France CE III

[Ref. dc2:] DOMINIQUE CAUDRON:

Pas de martien à Sinceny

A Sinceny, près de Chauny (Aisne), M. Ruant l'a échappé belle. Pris pour un martien, il a failli recevoir du plomb en pleine tête. Quant à son agresseur, M. Faisan (ou Faisant), il peut se feliciter d'avoir raté sa cible: il aurait pu être inculpé d'homicide par imprudence.

Des lueurs étranges inquiétent M. Faisan, qui tire.

NE TIREZ PAS sur le « Martien » !

Un voisin de M. Marcel Faisant, demeurant à Sinceny, venait le chercher, l'autre soir, car il avait aperçu, disait-il, des lueurs étranges dans un pré, du coté du chemin de Soude; la veille, ce voisin avait déjà remarqué ces lueurs suspectes.

Martiens ou braconniers?

M. Faisant voulut en avoir le coeur net : il décrocha son fusil de chasse et les deux hommes sortirent. M. Faisant vit les lueurs, siffla, épaula et tira. Un cri répondit au coup de feu et les deux hommes s'enfuirent.

On apprenait le lendemain, par M. Maurice Ruaut, cultivateur à Sinceny, qui dépannait son auto dans un pré, au chemin de Soude, que son véhicule avait reçu des chevrotines, dont la carrosserie portait les traces. Les plombs s'étaient écrasés tout près de la tête de M. Ruaut.

Les gendarmes, poursuivant leur enquête, découvraient que les lueurs aperçues par le voisin de M. Faisant, n'étaient pas un mythe et avaient été provoquées par un cultivateur qui soignait, dans son pré, une bête malade.

(L'Aisne Nouvelle, 19 octobre 1954, page 1)

Sensationnel! On a tiré sur un martien. De nombreux journaux vont citer l'affaire d'après une dépèche du 16 octobre.

ATTENTAT MANQUE...
... CONTRE UN FAUX MARTIEN

Saint-Quentin, 16 octobre. - M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne), a failli être victime de la panique que cause à certain l'apparition des soucoupes ou autres engins volants. Hier soir, Il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permis de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu qui était voisin de M. Ruant, M. Faisan.

Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi..

(Liberté, 17 octobre 1954, page 7)

D'autres journaux raconteront l'affaire sur un ton plus ironique:

Chasse prohibée

Où l'on voit
M. FAISANT

tirer deux cartouches
sur un martien

Alors que M. Maurice Ruant, cultivateur à Sincen[y], (Aisne), était occupé, à la tombée du jour, à dépanner sa voiture dans un de ses prés deux coups de fusil de chasse ont été tirés dans sa direction et quelques plombs sont tombés sur son véhicule.

M. Ruant, qui pensait avoir été victime d'une balle égarée, ne croyait certes pas que l'on pouvait prendre sa modeste personne pour quelque martien en mission spéciale et encore moins sa capricieuse auto pour une de ces soucoupes volantes qui ne connaissent jamais la panne.

C'était pourtant là l'explication de ces coups de feu.

M. Faisant, qui avait remarqué la lueur projetée dans le champ par les phares s'était approché en compagnie de M. Bonneton pour voir ce qui se passait non loin d'eux.

Aussi invraisemblable que la chose puisse paraître, les deux hommes n'avaient pas encore vu de soucoupes volantes. D'où un désagréable complexe d'infériorité dont ils avaient hâte de se débarrasser. Cette fois, enfin, ils tenaient leur soucoupe et qui plus est leur martien qu'il fallait ramener mort ou vif à la maison.

Et c'est ainsi que lui faisant bonne mesure, A. Faisant tira deux cartouches sur l'homme des planètes.

L'homme des planètes a porté plainte et M. Faisant, faute de Martien, ramènera sans doute bientôt à la maison un procès-verbal « bien de chez nous ».

(La Voix du Nord, 17 octobre 1954, page 3)

Après un acte aussi sensationnel, M. Faisan eut droit aux honneurs de la couverture de la revue Radar.

« Tu verras qu'un d‘ces iours, les Martiens s'promèneront à Chauny! », avait-on dit en riant à M. Faisant. Et ce brave cultivateur de l‘Aisne avait hoché la tête d'un air entendu. « J'ai d'quoi les recevoir ! » avait-il répliqué simplement. M. Faisant avaît réintégré son logis. Il s'étaît assis auprès de la fenêtre, les yeux fixés sur l'ombre qui noyait peu à peu les prés et les bois. Soudain, il tressaillit...

(Radar, 31 octobre 1954, page 1)

Une lueur filtrait à travers les buissons - puis disparut.

"C'est-y les Martiens?" s'interrogea M. Faisan. Et cette idée le travailla toute la journée.

Aussi lorsque, le soir venu, le paysan revit de nouveau la lumière bouger, il n'eut plus aucun doute: « C'est des Martiens qui ont atterri! »

M. Faisant se précipita chez son voisin : « Bonneton, lui dit-il, les yeux exorbités et la voix tremblante, y a des Martiens dans la pature », « Qu'est-ce que tu dis? », « - Y a une soucoupe volante qu'a atterri. », « Il faut aller voir ! » décréta le voisin Bonneton « - Attends, j'vas prendre mon fusil... On sait jamais... ».

Les deux hommes traversèrent la route. Sur un petit chemin de terre, une masse sombre s'étalait au dessus du sol ; une lueur bizarre circulait autour : « C'est la soucoupe » souffla M. Faisant à son compagnon. Et il ajouta : « J'vois le Martien... il est bati comme un vrai monstre ». Ils étaient à 120 mètres environ du mystérieux visiteur. « - J'vas siffler », déclara M. Bonneton « si ça bouge tu tires ! ».

Il fit comme il disait. L'ombre bougea. Un coup de feu retentit dans la nuit...

Après quoi les deux compères regagnèrent en courant leur ferme où ils se cadenassèrent. On ne saurait être trop prudent, pas vrai !

Quelques instants plus tard, un homme, tout à la fois furieux et affolé, pénétrait dans la gendarmerie : « J'viens porter plainte, explosa-t-il, on a voulu me tuer ! J'm'appelle Ruault Maurice. J'ai 25 ans. Mon commis Pierre Bouthillier est venu m'dire tout à l'heure : « Y a une vache accidentée dans l'pré du chemin de Soude ». J'ai pris alors ma traction pour y aller voir. Mais v'là-t-y pas qu'en arrivant dans l'chemin de terre, ma roue arrière s'embourbe ! J'descends d'voiture; j'prends ma lampe électrique: la vache était morte, rien à faire. J'reviens vers ma traction, mais avec c'te saleté d'boue, impossible de r'mettre en marche, la voiture patinait... Alors, j'entends un coup d'sifflet. J'me r'dresse et pan! v'là un coup de feu qu'éclate. Pas de doute, y'a quelqu'un qu'a voulu m'assassiner; la voiture était criblée de plomb... ».

Il a fallu huit jours aux gendarmes de Chauny pour éclaircir cette ténébreuse affaire. « Possible que jaie tiré sur M. Ruault en croyant qu'c'était un Martien, a reconnu M. Faisant. Mais si, le lundi, c'était lui qu'était dans la pature, j'suis sûr qu'la veille, c'était un bonhomme sorti d'une soucoupe volante!".

Car telle est la force de la persusasion [sic]...

Note: En comparant avec l'article du journal local, on voit combien ce récit est romancé, tout au moins pour ce qui concerne Faisan et Bonneton.

D'autre part, malgré le talent de l'illustrateur, on voit bien que quelque chose ne va pas dans la scène représentée: à quelques mêtres de distances M. Faisan n'aurait pas pu se tromper. De fait, d'après le texte, il se trouvait à 120 m.

(Radar, 31 octobre 1954, page 2)

Donc M. Faisan était passible du tribunal. Un tribunal, bien en peine de trouver quel texte de loi appliquer, comme un brillant juriste va nous l'expliquer:

Tirer un coup de feu sur un "Martien", est-ce assimilable, au regard de la loi pénale, au même geste excercé sur un homme?

...

Nous serions curieux de savoir quelle est la qualification retenue : aucune blessure n'en étant résultée pour la victime, on peut songer - selon que l'on retient "l'animus necandi" ou non à la charge de l'auteur - soit à la tentative de meurtre, soit aux violences volontaires de l'article 311 du Code pénal. Le délit involontaire de l'article 320 du Code pénal, qui conviendrait le mieux à une affaire de cette nature, peut-il être retenu, en l'absence de toute blessure, maladie ou incapacité chez la victime? On pourrait songer aussi à une qualification de délit de chasse — ce qui n'est pas aussi extravaguant que cela peut paraître à priori. On peut, enfin, estimer que le fait ne peut être versé dans le moule d'aucune qualification pénale, ce qui exclurait toute poursuite ou entraînerait la relaxe du prévenu.

...

Nous pensons qu'en l'espèce, le sieur Faisan n'a commis ni error personae ni aberratio ictus, qui n'ont pour effet - on vient de le voir - de changer ni la nature, ni la gravité du délit accompli. Son erreur n'est pas seulement formelle, donc inopérante ; elle est essentielle, donc opérante, puisqu'elle porte sur un élément constitutif du délit.

...

Quelqu'opinion que l'on adopte, vouloir appliquer au "martien" des lois - au sens large du terme - faites pour les humains, c'est vouloir, de toute évidence, faire éclater le cadre pour lequel ces lois avaient été conçues.

...

Au risque de nous voir taxer d'originalité, nous hasardons, en l'espèce, l'inculpation de délit de chasse.

Mais comment, dira-t-on? Outre que M. Faisan - en dépit de son nom - ne serait pas la cible, mais le chasseur, il faudrait - en l'occurence - prendre les "martiens" pour des animaux nuisibles ou dangereux, tout juste bons à pourchasser, alors qu'il se sont révélés aimables et même tendres, à en croire certains témoins !

Il est vrai que M. Faisan, manquant totalement de la plus élémentaire courtoisie interplanétaire, a risqué, par son geste inconsidéré, de déclencher la plus incroyable guerre des mondes ;

...

Nous assisterons peut-être à la naissance d'un nouveau droit, non plus international, mais interplanétaire. Après tout, pourquoi pas?

(Revue de Science Criminelle et de Droit Pénal Comparé, n° 4, Nouvelle Série, octobre-décembre 1954, )

[Ref. ja1:] JEAN-MICHEL ABRASSART:

Chapitre 1 : Le soucoupisme

En 1954, un Français a tiré avec une arme à feu sur son voisin alors que celui-ci était en train de réparer sa voiture dans la lumière de ses phares, croyant qu'il s'agissait d'un Martien près de sa soucoupe volante (Toselli, 1982, p. 23). Ce genre d'anecdotes ne peut que susciter l'intérêt du chercheur en sciences humaines: comment peut-on expliquer ce genre de méprises? Comment comprendre que quelqu'un puisse confondre son voisin avec un extraterrestre?

[Ref. jb1:] JEROME BEAU:

Jérôme Beau reproduit la source [rc1] en masquant tous les noms des protagonistes.

Explications:

J'ai l'impression que, même s'il y a eu un incident réel à la base de cette histoire, la presse de l'époque a monté en épingle, pour plus de "sensation", un incident qui pourrait être bien moins "édifiant" qu'on veut nous le faire croire.

Il y a, pour commencer, la remarque de Dominique Caudron (ufologue "sceptique" peu suspect de sympathies martiennes) sur la distance donnée par Radar comme 120 mètres, et non quelques mètres comme le dessin pourtant publié par le même magazine. Certes Radar n'est pas vraiment une source fiable, mais il y a là déjà un indice d'une présentation déformée des éventuels faits. A 120 mètres dans la nuit, la méprise n'a pas du tout la même ampleur que ce que l'on montre dans le dessin.

Ensuite, ce qui m'intrigue au plus haut point est cette incohérence chronologique des sources.

Tout commence avec une source nationale, l'Agence France Presse, qui rédige son communiqué en le datant du 16 octobre 1954. Logiquement, ce communiqué devrait reprendre pour l'échelle nationale une nouvelle parue localement. Or, les versions locales, trouvées par Dominique Caudron, semblent être postérieures: La Voix du Nord du 17 octobre 1954, et surtout L'Aisne Nouvelle du 19 octobre 1954. Dans l'intervalle, la "sensationnelle" histoire est paru dans les journaux du monde entier... Ceci suggère qu'il y aurait eu une autre source locale avant le 16 septembre 1954, qui manquerait encore à l'inventaire.

Surtout, je constate que les versions locales donnent des détails qui changent un peu le cours des choses.

  1. L'Aisne Nouvelle indique, dans le nommer, que c'est un voisin de Mr. Faisant, le tireur, qui a aperçu des lueurs étranges, et cela, déjà la veille de l'incident. C'est lui qui prévient Mr. Faisant. Ces lueurs n'étaient sans doute pas la voiture de Mr. Ruant qui aurait été en panne phares allumés depuis deux jours. Il n'y a donc plus une méprise "simple et immédiate", mais tout un contexte qui se construit.
  2. L'Aisne Nouvelle indique, par "Martien ou braconnier?", que pour Mr. Faisant, il n'y avait pas forcément un Martien, mais peut-être un braconnier. Un tir de chevrotine sur un possible braconnier ne faisant pas les affaires de la presse, ni celle d'une thèse "socio-psychologique" sur les OVNIS, a-t-on insisté un peu trop lourdement sur le côté "Martien?"
  3. Quand je lis L'Aisne Nouvelle, j'en viens même à me demander si Mr. Ruant n'a pas juste reçu des "chevrotines perdues"! D'ailleurs La Voix du Nord parle de "quelques plombs" qui sont "tombés" sur le véhicule, et indique que Mr, Ruant a pensé avoir "été victime d'une balle égarée". Ce qui semble certain en tout cas, c'est que sur le moment, il n'a absolument pas vu qui lui tirait dessus ni d'où; autrement dit, Mr. Faisant ne devait pas être très visible, ou devait être assez loin de sa cible. Ce qui irait dans le sens des "120 mètres" évoquées par Radar.
  4. La version AFP cntredit la version L'Aisne Nouvelle. Dans L'Aisne Nouvelle, Mr. Faisant a décroché son fusil et est allé voir, avec l'autre homme, ce que les lueurs étaient. Pour l'AFP, il semble être seul, il voit deux phares, et rentre chez lui chercher le fusil.

Dans Radar on a aussi des indications de ce que Mr. Faisant a été poussé à s'attendre à une invasion Martienne: "Tu verras qu'un d‘ces jours, les Martiens s'promèneront à Chauny!" (Chauny est un plus gros village à 2 km de Sinceny). Mais cela peut avoir été inventé par ce magazine. L'invention n'est pas sûre, cependant, le fait que seul ce magazine donne aussi des prénoms des protagonistes, et les photographie, suggérerait qu'ils ont réellement enquêté sur l'affaire.

Autre contradiction: selon l'A.F.P., la police a tout de suite trouvé le "coupable", selon Radar, il a fallu 8 jours... Ce qui amène également des questions sur la date de l'événement.

Mr. Faisant indiquerait à Radar que le lundi, il a peut-être tiré (comme par inadvertance) sur Mr. Ruant, mais "j'suis sûr qu'la veille, c'était un bonhomme sorti d'une soucoupe volante!". Soit il a tiré deux soirs de suite, soit il invente un Martien pour excuser son tir (*)...

Donc, le samedi 16 octobre 1954, paraît la première information sur l'affaire via l'A.F.P., il a fallu 8 jours peut-être pour trouver le tireur, et il dit "lundi". Ce serait alors le lundi 11 octobre 1954, voir le lundi 4 octobre 1954. S'il n'avait pas fallu 8 jours (si la police a rapidement trouvé Mr. Faisant comme l'indiquait l'A.F.P), ce serait le lundi 11 octobre 1954.

(*) Farfelu? Mais en 1954, nous avons tellement de "soucoupes volantes" qu'il semble même arriver que l'on invente avoir croisé un Martien et sa soucoupe pour se faire excuser d'arriver en retard à son travail...

Je me suis intéressé aux noms des protagonistes. Nous avons:

Il y a bien un "chemin de Soude", qui mène de l'Est de Sinceny à Chaunay, bordé de prés ou champs.

Bref, la méprise si édifiante me semble être une histoire bien embrouillée, qui n'a pas une telle clarté qu'elle puisse vraiment servir à évacuer avec sérénité toute la question des OVNIS, à mon avis.

Personne ne devrait nier l'existence avérée de méprises, fussent-elles simples, complexes ou cocasses. Mais un véritable scepticisme se pratique, comme le fait Dominique Caudron à propos de la distance différente entre le récit et le dessin dans Radar, aussi lorsqu'il nous est proposé de telles "édifiantes" histoires de méprises.

Mots clés:

(Ces mots clés sont uniquement destinés à aider les recherches et ne préjugent pas des faits.)

Sinceny, Aisne, confusion, martien, humanoïde, route, voiture, soucoupe, lumière, fusil, droit, loi, justice

Sources:

[----] indique des sources que je n'ai pas encore pu consulter.

Historique du document:

Version: Créé/changé par: Date: Description:
0.1 Patrick Gross 12 décembre 2004 Première publication.
1.0 Patrick Gross 24 avril 2009 Conversion de HTML vers XHTML Strict. Première version formalisée. Additions [rp1], [ud1].
1.1 Patrick Gross 18 mars 2010 Addition [hm1].
1.2 Patrick Gross 5 avril 2010 Additions [mf1], [dt1].
1.3 Patrick Gross 17 juin 2010 Additions [dc3], [at1].
1.4 Patrick Gross 22 octobre 2011 Addition [lm2].
1.5 Patrick Gross 23 septembre 2014 Addition [li1].
1.6 Patrick Gross 10 octobre 2016 Addition [fa1].
1.7 Patrick Gross 25 novembre 2016 Additions [lg1], [ubk1].
1.8 Patrick Gross 20 janvier 2017 Addition [vm1].
1.9 Patrick Gross 18 septembre 2017 Addition [sp1].
2.0 Patrick Gross 19 septembre 2017 Additions [ak1], [cp1], [pd1].
2.1 Patrick Gross 22 janvier 2019 Addition [ou1].
2.2 Patrick Gross 5 juillet 2019 Addition [ja1].
2.3 Patrick Gross 2 août 2019 Additions [at1], [gu1], [vi1], [mf2], [je1], [md1], [to1], [cc1], [op1], [lh1], [ov1], [dc2], [jb1], Résumé. Explications changées, étaient "Confusion, connue pour telle à l'époque."

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Cette page a été mise à jour le 2 août 2019.