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La vague française de 1954:

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7 septembre 1954, entre Harponville et Contay, Somme:

Référence pour ce cas: 7-sep-54-Harponville. Merci de citer cette référence dans toute correspondance avec moi en rapport avec ce cas.

Résumé:

Ceci est un des rares cas de 1954 pour lesquels non seulement la presse avait fait rapport, mais également, le rapport d'enquête des gendarmes est devenu disponible.

Les témoins s'étaient rendus à la brigade de Gendarmerie de Corbie, la plus proche de leur lieu de travail à La Houssoye, d'où ils avaient été conduits immédiatement à Acheux-en-Amiénois, où la Section d'Amiens a mené l'enquête.

Le rapport de la Gendarmerie indique que le 7 septembre 1954. vers 07:30 du matin, Mr [X], maçon, 27 ans, et son ouvrier Mr. [Y] circulaient à bicyclette sur le Chemin Départemental 47 entre Harponille et Contay, se rendant de leur domicile à leur lieu de travail.

Ils ont eu leur attention attirée par un engin de forme bizarre: un gros cylindre de 10 mètres de diamètre et de 3 mètres de hauteur, avec une surface supérieure bombée, et une porte apparente sur la paroi verticale. L'engin était posé dans un champ à 200 mètres de la route et s'est élevé lorsque les deux hommes se sont approchés de lui. Cette montée s'est faite d'abord sur une quinzaine de mètres en oblique, puis verticalement. Aucun bruit n'a été perçu, mais un tuyau sous l'appareil laissait s'échapper de la fumée bleue.

L'engin est resté de 4 à 5 minutes à la vue des témoins.

Le Commandant de section qui a interrogé les deux témoins pense qu'il ne s'agit pas de mystificateurs, ils déclarent d'ailleurs sans fausse honte, qu'ils ont eu très peur.

Le témoin X leur a fait cette déclaration signée:

"Aujourd'hui 7 Septembre 1954, vers 7 Heures ou 7 Heures 30 je me rendais par la route de mon domicile à La Houssoye où le travaille lorsque entre ARPONVILLE [sic] et CONTAY, en plaine, à 150 mètres de la route mon attention a été attirée par la forme bizarre d'une meule avec la particularité d'un mouvement oscillatoire. Après avoir fait remarquer ce fait à mon ouvrier [...], avec lui je me suis approché de cet objet pour mieux le regarder. J'étais arrivé à une centaine de mètres lorsqu'il s'est levé, d'abord d'une quinzaine de mètres en ascension oblique assez lente, puis ensuite à la verticale beaucoup plus rapidement et disparaître à ma vue dans le ciel."

"Je peux décrire l'objet que j'ai vu de la manière suivante:"

"Il s'agit d'un cylindre de couleur gris wagon de chemin de fer dont la surface supérieure est légèrement bombée. J'au vu sur le tour une forme de porte et dessous un tuyau par lequel s'échappait de la fumée lors de l'ascension. Les dimensions sont d'après moi les suivantes: diamètre une dizaine de mètres, hauteur 2 mètres 50 à 3 mètres."

"Pendant l'ascension de cet objet je n'ai remarqué que l'échappement de fumée à l'exclusion de tout signe lumineux ou sonore, l'appareil ne faisait absolument aucun bruit."

Sur demande du Commandant de Compagnie, Mr. X avait précisé qu'il ne s'agissait pas d'un hélicoptère, car il en avait déjà vu de près.

Le témoin Y leur fait cette déclaration signée:

"J'ai quitté ACHEUX à 7 Heures pour gagner la HOUSSOYE où je travaille en qualité de maçon. J'étais accompagné de mon patron, Monsieur [...]; en bicyclette nous empruntions le C.D. 47 par HARPONVILLE. Entre cette localité et la commune de CONTAY, sur notre droite, dans un champ dépouillé de récolte et à 150 mètres environ de la route, nous avons aperçu une meule non couverte. Cette dernière présentait l'aspect d'un puisard de château d'eau. Nous avons trouvé cette meule très bizarre et nous nous sommes arrêtés pour l'observer. Elle pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre sur trois mètres de haut environ. Il m'a semblé qu'il existait une ouverture plus large que haute à ce que nous prenions pour une meule et qui, en réalité ne l'était pas."

"Il s'agissait d'un engin. Ce dernier s'est mis à s'élever dans les airs lentement et sans aucun bruit. En s'élevant l'engin nous a permis de découvrir comme un tuyau d'échappement duquel s'échappait une fumée gris-bleu et peu dense. L'engin avait une couleur sale, soit noire ou bleu foncé. La fumée était visible jusqu'é ce que l'engin ait atteint une dizaine de mètres. Cet engin prenait de l'altitude en oblique. Après une hauteur de 12 mètres environ, il a monté verticalement et il m'a semblé qu'il prenait de la vitesse. Il a disparu dans les airs environ cinq minutes après sa montée."

"J'ai avisé de ces faits le garde de la HOUSSOYE qui s'est chargé de vous avertir."

"Mon patron et moi ne nous sommes pas approché des lieux tant notre surprise était grande. L'endroit d'où est parti l'engin est sis à proximité d'un bois. Je n'ai vu aucune personne après de l'engin."

Les Gendarmes s'étaint rendus sur les lieux avec les deux témoins avec un chien policier (et un spécialiste de l'aéronautique selon la presse). Le point où se trouvait l'engin d'après les témoins était situé à 800 mètres au Nord-Ouest du C.D. 47, à 1 km 800 de Contay et 4 km 800 de Varennes. Les gendarmes n'on trouvé aucune trace sur le sol composé en partie d'herbe et en partie de luzerne, et le chien n'a repéré aucune piste.

Les Gendarmes indiquaient que la visibilité ce 7 septembre 1954 à 7 h. 30 était de jour, avec temps clair et sans brouillard.

Les Gendarmes notent que les deux hommes ont une bonne vue, sont sains d'esprit et sobres, qu'ils vont perdre le bénéfice d'une journée de travail.

Pour éviter toute suspicion d'ivresse ou de fatigue, le Commandant de Compagnie a vérifié l'emploi du temps des témoins: ils s'étaient couchés la veille vers 21 heures et se sont levés vers 6 heures; ils avaient quitté Acheux vers 7 heures, après avoir déjeuné, pour se rendre à leur travail à La Houssoye, ils ne ss'étaient pas arrêtés en cours de route pour consommer, ils étaient dispos et n'étaient pas en état d'ébriété.

Un croquis de l'engin a été realisé:

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La presse donnera les mêmes récits des témoins. Le Nouveau Nord Maritime du 9 septembre 1954 (donc avant la médiatisation de l'affaire Dewilde), reprenant des informations du Courrier Picard, précisait que l'un était Mr. Emile Renard, 27 ans, artisan maçon, route de Doullens, à Acheux-en-Amiénois, qui avait quitté son domicile à bicyclette pour se rendre à son travail à Lahoussoye; l'autre, qui l'accompagnait, était son ouvrier, M. Yves de Gillaboz, 23 ans, demeurant route de Bertrancourt à Acheux-en-Amiénois.

Tous deux roulaient normalement lorsque vers 7 heures 15, alors qu'ils avaient traversé Harponville et se dirigeaient vers Contay, leur attention avait attirée par un gros engin posé dans un champ récemment fauché, à 200 mètres environ et à droite de la route.

Mr. Renard déclarait à la presse dans la soirée:

"- On aurait dit une meule qui n'était pas terminée, "

Mr. de Gillaboz, que son patron était allé chercher chez lui à la demande de la presse, disait:

"- Oui, et le dessus était quelque peu arrondi et ressemblait à une assiette retournée..."

Intrigués, les deux hommes étaient descendus de leurs vélos et, en courant, s'engagèrent dans les champs en direction de l'engin. Plus rapide que son compagnon, Mr. Renard l'avait distancia quelque peu:

"- En me rapprochant, je ne quittais pas l'engin des yeux. Je pus ainsi me rendre compte qu'il était de couleur gris sale et il pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre..."

Mr. de Gillaboz précisait qu'il "oscillait quelque peu".

Les deux hommes, sur interrogation de la presse, avaient dit qu'il n'y avait eu absolument aucun bruit.

Ils avaient tous les deux remarqué sur la paroi de l'engin une sorte de porte plus large que haute mais fermée.

Mr. Renard disait:

"- J'avais parcouru une cinquantaine de mètres, lorsque je vis l'appareil qui s'élevait en diagonale, cependant qu'une fumée s'échappait par une sorte de tuyau placé dans sa partie basse."

"Il arriva ainsi à une quinzaine de mètres de hauteur. A ce moment il abandonna la diagonale et son ascension se poursuivit verticalement et plus rapidement."

"Pendant quelques minutes, nous l'avons suivi des yeux. Au fur et à mesure qu'il montait, on l'apercevait de plus en plus difficilement et il finit par disparaître."

Les hommes indiquaient qu'ils étaient restés là médusés. De Gillaboz n'avait "qu'une hâte: monter sur mon vélo et m'éloigner le plus vite possible."

La presse avait demandé à Mr. Renard ce qu'il aurait fait s'il avait pu arriver à l'appareil; il expliquait:

"- Je voulais savoir ce que c'était car j'étais intrigué au plus haut point. Je ne peux dire si je me serais hasardé à le toucher mais j'aurais peut-être essayé de me rendre compte de ce qui se trouvait à l'intérieur. Comment? Je ne sais pas."

De Gillaboz. lui, disait "je n'y aurais pas touché et cet appareil ne me disait rien de bon..."

Le journal indiquait qu'au cours de leurs déclarations les deux hommes leur ont produit une nette impression de sincérité. Ils nous ont dit qu'ayant parlé de ce qu'ils avaient vu à des habitants de Lahoussoye, ceux-ci avaient alerté la gendarmerie. Dans le courant de la journée, MM. Renard et de Gillaboz ont été interrogés longuement et séparément. Ils ont été conduits à l'endroit où ils avaient aperçu l'appareil, où aucune trace n'a été relevée sur le sol.

Dans Var Matin - République du 15 septembre 1954, on apprend que pour les deux témoins, la soucoupe volante avait décollé "à la vitesse d'un hélicoptère puis l'accélération devient vertigineuse".

Ils avaient expliqué qu'ils avwient pris leur vélos au lieu d'utiliser la camionnette, dont le moteur avait besoin de réfection. leur travail était chez le garde champêtre de la commune de la Houssoye. Entre Harponville et Contay, le pneu du vélo de de Gillaboz s'était dégonflé et Mr. Renard s'était arrêté pour lui passer ma pompe, et c'est à ce moment que...:

"...et mes yeux furent attirés par une sorte de disque, à 250 mètres de nous dans un champ."

"- Regarde, dis-je à mon ami, en voilà une meule qui a une drôle de couleur!"

"Mais tout occupé à gonfler, il ne me répondit pas. Intrigué je continuai à détailler l'objet lorsque je m'aperçus que celui-ci, tout en remuant par rapport au sol, était secoué par un léger balancement, sorte d'oscillation autour d'un axe imaginaire."

"- Mais regarde, regarde donc, ce n'est pas une meule! Hurlai-je à mon compagnon."

"Et tous deux, pris par je ne sais quel pressentiment, nous nous précipitâmes à travers champ pour nous approcher de l'engin mystérieux; il nous fallait traverser, après une première friche, un champ de betteraves. A peine avions-nous commencé à courir à travers celui-ci que la soucoupe, car maintenant pour nous, nous en étions sur, c'en était une, décolle en biais pendant une quinzaine de mètres pour ensuite monter verticalement."

De Gillaboz avait dit que l'engin avait une dizaine de mètres de largeur et était d'une couleur gris bleuté mais ne brillait pas, qu'il y avait à l'arrière une sorte de tuyau d'échappement d'où est sortie de la fumée au moment du décollage.

Tous les deux deux avaient affirmé que la soucoupe était partie sans faire le moindre bruit, qu'ils n'ont pas réussi à l'approcher à moins de 150 mètres, qu'ils l'avaient vu pendant au moins trois minutes car l'engin mis un certain temps avant de disparaître dans les nuages.

Ils avaient raconté leur aventure au garde-champêtre de la Houssaye, et c'est celui-ci qui avait insisté pour que la déclaration en soit faite à la gendarmerie de Corbie.

Rapports:

[Ref. gen1:] GENDARMERIE NATIONALE:

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GENDARMERIE NATIONALE
COMMANDEMENT REGIONAL DE LA [...]
GENDARMERIE DE LA 2° R.M.
2° Légion bis de la Gendarmerie

AMIENS, le 7 Septembre 1954

RAPPORT
du capitaine [...], commandant la Section de gendarmerie [...]
sur l'apparition d'une "soucoupe volante"

N° 785 / 2

Référence: article 78 et 87 du Décret du 20 Mai 1903.

Le 7 septembre 1954. vers 7 Heures 30, deux personnes circulant à bicyclette déclarent avoir vu une soucoupe volante entre HARPONVILLE et CONTAY.

LES FAITS:

Monsieur [...], maçon, 27 ans et son ouvrier Monsieur de [...] se rendaient ce jour 7 Septembre 1954 de leur domicile [---] à leur lieu de travail: [...]

Vers 7 Heures 30' circulant sur la C.G. 47 entre HARPONVILLE et CONTAY, ces deux personnes ont eu leur attention attirée par un engin de forme bizarre. Il s'agissait d'un gros cylindre de 10 mètres de diamètre et de 3 mètres de hauteur, la surface supérieure était bombée et une porte était apparente sur la paroi verticale. Cet appareil qui était posé dans un champ à 200 mètres de la route s'est levé lorsque les deux hommes cités ci-dessus se sont approchés de lui. Cette montée s'est faite d'abord sur une quinzaine de mètres en oblique puis ensuite verticalement. Aucun bruit n'a été perçu mais un tuyau sous l'appareil laissait s'échapper de la fumée bleue.

L'engin est resté de 4 à 5 minutes à la vue des 2 déclarants.

VALEUR DU RENSEIGNEMENT:

Le Commandant de section qui a interrogé les deux témoins pense qu'il ne s'agit pas de mystificateurs. Ceux-ci déclarent d'ailleurs sans fausse honte, qu'ils ont eu très peur.

La Gendarmerie s'est rendue sur les lieux avec le chien policier BOBBI.

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Le point où se trouvait l'engin d'après les témoins est situé à 800 mètres N.O. du C.D.47, à 1 Km 800 de CONTAY et 4 Kms 800 de VARENNES.

Aucune trace n'existe sur le sol composé en partie d'herbe et en partie de luzerne.

Le chien n'a suivi aucune piste.

Le présent rapport est établi à toutes fins utiles et avec toutes réserves.

Signé [illisible.]

Destinataire:

Mr le PREFET de la Somme
Mr le Procureur de la République à AMIENS
Mr le Colonel, Cdt la 2°e Légion bis de Gendarmerie
Mr le Colonel Cdt la Subdivision de la Somme
Mr le Chef de Service de Sécurité de la 2° Région Militaire à LILLE
Mr le Chef de Service de la Sécurité Air CAMBRAI.

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COPIE DE DEUX DECLARATIONS

Monsieur [...], 27 ans, Maçon, [...] qui déclare:

"Aujourd'hui 7 Septembre 1954, vers 7 Heures ou 7 Heures 30 je me rendais par la route de mon domicile à La Houssoye où le travaille lorsque entre ARPONVILLE [sic] et CONTAY, en plaine, à 150 mètres de la route mon attention a été attirée par la forme bizarre d'une meule avec la particularité d'un mouvement oscillatoire. Après avoir fait remarquer ce fait à mon ouvrier [...], avec lui je me suis approché de cet objet pour mieux le regarder. J'étais arrivé à une centaine de mètres lorsqu'il s'est levé, d'abord d'une quinzaine de mètres en ascension oblique assez lente, puis ensuite à la verticale beaucoup plus rapidement et disparaître à ma vue dans le ciel.

Je peux décrire l'objet que j'ai vu de la manière suivante:

Il s'agit d'un cylindre de couleur gris wagon de chemin de fer dont la surface supérieure est légèrement bombée. J'au vu sur le tour une forme de porte et dessous un tuyau par lequel s'échappait de la fumée lors de l'ascension. Les dimensions sont d'après moi les suivantes: diamètre une dizaine de mètres, hauteur 2 mètres 50 à 3 mètres.

Pendant l'ascension de cet objet je n'ai remarqué que l'échappement de fumée à l'exclusion de tout signe lumineux ou sonore, l'appareil ne faisait absolument aucun bruit.

Lecture faite, persiste et signe.

Monsieur [...], 23 ans, maçon [...] qui déclare:

J'ai quitté ACHEUX à 7 Heures pour gagner la HOUSSOYE où je travaille en qualité de maçon. J'étais accompagné de mon patron, Monsieur [...]; en bicyclette nous empruntions le C.D. 47 par HARPONVILLE. Entre cette localité et la commune de CONTAY, sur notre droite, dans un champ dépouillé de récolte et à 150 mètres environ de la route, nous avons aperçu une meule non couverte. Cette dernière présentait l'aspect d'un puisard de château d'eau. Nous avons trouvé cette meule très bizarre et nous nous sommes arrêtés pour l'observer. Elle pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre sur trois mètres de haut environ. Il m'a semblé qu'il existait une ouverture plus large que haute à ce que nous prenions pour une meule et qui, en réalité ne l'était pas.

.../...

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Il s'agissait d'un engin. Ce dernier s'est mis à s'élever dans les airs lentement et sans aucun bruit. En s'élevant l'engin nous a permis de découvrir comme un tuyau d'échappement duquel s'échappait une fumée gris-bleu et peu dense. L'engin avait une couleur sale, soit noire ou bleu foncé. La fumée était visible jusqu'é ce que l'engin ait atteint une dizaine de mètres. Cet engin prenait de l'altitude en oblique. Après une hauteur de 12 mètres environ, il a monté verticalement et il m'a semblé qu'il prenait de la vitesse. Il a disparu dans les airs environ cinq minutes après sa montée.

J'ai avisé de ces faits le garde de la HOUSSOYE qui s'est chargé de vous avertir.

Mon patron et moi ne nous sommes pas approché des lieux tant notre surprise était grande. L'endroit d'où est parti l'engin est sis à proximité d'un bois. Je n'au vu aucune personne après de l'engin"

Lecture faite, persiste et signe.

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CROQUIS DE L'ENGIN D'APRES LES DECLARATIONS DE Mrs [...]

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N° 273/4

AMIENS, le 23 SEPTEMBRE 1954

COPIE

- RAPPORT -

du Chef d'Escadron [...] Commandant la Compagnie de Gendarmerie de la Somme

sur l'apparition d'une "soucoupe volante".

REFERENCES: Ordres verbaux du Général Commandant Régional de Gendarmerie (suite à rapport 785/2 du 7.9.1954 -

Les faits ont été exposés dans le rapport cité en référence.

Ils sont brièvement rappelés ci-dessous:

Le 7 septembre 1954, vers 7 heures 30, deux cyclistes se rendant à leur travail circulent sur la G.C. 47 entre HARPONVILLE et CONTAY, Ils aperçoivent un engin de forme circulaire (diamètre 10 mètres environ) hauteur 2 m. 50 à 3 m.) à 200 mètres de la route. Cet engin a un mouvement d'oscillation. aucun bruit n'est entendu. Les 2 hommes s'en approchent jusqu'à 100 mètres. L'engin s'élève alors en 2 temps: dans un premier temps une assez lente montée oblique jusqu'à une altitude approximativement de 15 mètres, puis une montée verticale pour disparaître à la vue.

Les deux personnes ont eu l'engin sous les yeux durant 4 à 5 minutes. Ce n'est donc pas une vision fugitive.

ENQUETE

Les deux témoins se rendent aussitôt à la brigade de Gendarmerie de CORBIE (la plus proche de leur lieu de travail LA HOUSSOYE) d'où ils sont conduits immédiatement à la Section d'Amiens.

Dès leur arrivée à AMIENS, les deux hommes sont interrogés séparément et simultanément dans deux bureaux. Leurs déclarations sont identiques.

Personnalité des témoins:

1°) - [...], maçon, âgé de 27 ans

Excellente moralité et mentalité. A été choisi pour occuper à la mobilisation un emploi auxiliaire dans la Garde Républicaine.

.../...

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Très bien connu de la brigade locale.

2°) - [...], 23 ans - ouvrier [...] très honorablement connu de la brigade.

Il s'agit donc de deux hommes, ayant une bonne vue, sains d'esprit et sobres. Ils vont perdre le bénéfice d'une journée de travail.

Emploi du temps des témoins:

Pour éviter toute suspicion d'ivresse ou de fatigue, l'emploi du temps des témoins a été vérifié par le Commandant de Compagnie.

Ils se sont couchés la veille vers 21 heures et se sont levés vers 6 heures; Ils ont quitté ACHEUX vers 7 heures, après avoir déjeuné, pour se rendre à leur travail à LA HOUSSOYE. Ils ne se sont pas arrêtés en cours de route pour consommer. Ils sont donc dispos et ne sont pas en état d'ébriété.

Transport sur les lieux:

Messieurs [...] et [...] ont été emmenés sur les lieux, avec le Commandant de Compagnie douze gradés et gendarmes et le chien BOBBI.

Emplacement: 200 m. Nord-Ouest du C. D. 47 - à 1 km 800 de CONTAY et 4 kms 800 de VARENNES.

sol: couvert en partie de luzerne et d'herbes.

Visibilité: le 7 septembre à 7 h. 30, il fait jour, le temps est clair et sans brouillard.

Sur demande du Commandant de Compagnie, Mr. [...] précise qu'il ne s'agit pas d'un hélicoptère car il a déjà vu de près ces appareils.

Renseignements divers:

L'engin n'a pas été vu des habitants de CONTAY-TOUTESCOURT HARPONVILLE - HERISSANT - VADENCOURT, localités entourant le lieu.

.../...

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- 3 -

-Consultée, la Station Maître de Radar de LUCHEUX distante de 15 kms, à vol d'oiseau n'était pas en action à 7 h. 30. Elle ne peut fournir aucune indication.

- CONCLUSION -

Messieurs [...] et [...] sont deux hommes sérieux; la visibilité est parfaite.

Le Commandant de compagnie est convaincu que ces personnes ont réellement vu un "engin".

La presse locale alertée par la rumeur publique a envoyé des journalistes sur place. Ceux-ci ont la même conviction que le Commandant de Compagnie. Il n'est pas possible d'affirmer que cet engin soit ce que l'on appelle couramment "Soucoupe Volante".

Une autre affaire de "soucoupe volante" s'est produite dans la région Péronnaise, la Gendarmerie a démontré aisément qu'il s'agissait d'une plaisanterie.

[Ref. nnm1] JOURNAL "LE NOUVEAU NORD-MARITIME":

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MYSTERE EN PICARDIE

Deux ouvriers affirment
avoir vu une soucoupe volante
et la décrivent de manière
impressionnante

L'engin était au sol et s'éleva
en diagonale, puis verticalement

On lit dans le "Courrier Picard":

Telle est la nouvelle qui nous est parvenue à la fin de l'après midi de mardi, nouvelle que les témoins de l'étonnant événement nous ont confirmé.

Cette information ne manquera pas d'engendrer un scepticisme parfaitement compréhensible, mais les deux hommes qui "ont vu" l'engin nous ont fait des déclarations concordantes en tout points.

Donc, mardi matin, M. Emile Renard, qui est âgé de 27 ans et exerce la profession d'artisan maçon, route de Doullens, à Acheux-en-Amiénois, avait quitté son domicile à bicyclette pour se rendre à son travail à Lahoussoye. Il était accompagné de son ouvrier, M. Yves de Gillaboz, 23 ans, demeurant route de Bertrancourt à Acheux-en-Amiénois.

Tous deux roulaient normalement lorsque vers 7 heures 15, alors qu'ils avaient traversé Harponville et se dirigeaient vers Contay, leur attention fut attirée par un gros engin posé dans un champ récemment fauché, à 200 mètres environ et à droite de la route.

- On aurait dit une meule qui n'était pas terminée, nous déclare M. Renard que nous avons trouvé au milieu de sa famille dans le courant de la soirée.

- Oui, et le dessus était quelque peu arrondi et ressemblait à une assiette retournée, ajoute M. de Gillaboz, que son patron était allé chercher chez lui à notre demande.

Intrigués, les deux hommes sautèrent de leur machine et, en courant s'engagèrent dans les champs en direction de l'engin.

Plus rapide que son compagnon, M. Renard le distancia quelque peu.

- En me rapprochant, nous dit-il, je ne quittais pas l'engin des yeux. Je pus ainsi me rendre compte qu'il était de couleur gris sale et il pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre...

- Et il oscillait quelque peu, précise M. de Gillaboz...

- Entendiez-vous un bruit quelconque? demandons-nous.

- Absolument rien, nous répondent les deux hommes.

Et tous deux précisent avoir remarqué sur la paroi de l'engin une sorte de porte plus large que haute mais fermée.

- J'avais parcouru une cinquantaine de mètres, nous dit M. Renard, lorsque je vis l'appareil qui s'élevait en diagonale, cependant qu'une fumée s'échappait par une sorte de tuyau placé dans sa partie basse.

Il arriva ainsi à une quinzaine de mètres de hauteur. A ce moment il abandonna la diagonale et son ascension se poursuivit verticalement et plus rapidement.

Pendant quelques minutes, nous l'avons suivi des yeux. Au fur et à mesure qu'il montait, on l'apercevait de plus en plus difficilement et il finit par disparaître.

- Quelles ont été à ce moment là vos impressions, demandons-nous?

- Que voulez-vous, nous dit M. Renard, on est resté là, la bouche ouverte...

- Moi, je n'avais qu'une hâte: monter sur mon vélo et m'éloigner le plus vite possible.

- J'étais comme médusé, ajoute l'artisan maçon. Je me demandais à quel phénomène nous venions d'assister, puis j'ai pensé qu'il s'agissait peut-être d'une soucoupe volante, comme celles dont on nous parle dans les journaux.

- Pensez-vous, nous dit son compagnon que nous n'en revenions pas. Avouez qu'il y a lieu d'être interloqué quand on voit une telle chose!

Comme nous interrogeons M. Renard pour savoir ce qu'il aurait fait si, poursuivant sa course, il était arrivé auprès de l'appareil, il nous déclare:

- Je voulais savoir ce que c'était car j'étais intrigué au plus haut point. Je ne peux dire si je me serais hasardé à le toucher mais j'aurais peut-être essayé de me rendre compte de ce qui se trouvait à l'intérieur. Comment? Je ne sais pas.

Eh bien, pour ma part, nous dit M. de Gillaboz, je n'y aurais pas touché et cet appareil ne me disait rien de bon...

Au cours de leurs déclarations les deux hommes nous ont produit une nette impression de sincérité. Ils nous ont dit qu'ayant parlé de ce qu'ils avaient vu à des habitants de Lahoussoye, ceux-ci avaient alerté la gendarmerie. Dans le courant de la journée, MM. Renard et de Gillaboz ont été interrogés longuement et séparément. Ils ont été conduits à l'endroit où ils avaient aperçu l'appareil. Là, aucune trace n'a été relevée sur le sol.

A la gendarmerie, le silence le plus complet est observé sur la rencontre faite par les deux habitants d'Acheux-en-Amiénois, et l'on semble se garder d'infirmer ou de confirmer, trop hâtivement, ce qui demeure pour tous un mystère.

Néanmoins, les déclarations des deux hommes sont nettes et précises, aussi les livrons-nous à nos lecteurs telles qu'elles ont été faites...

[Ref. jin1:] JOURNAL NON IDENTIFIE:"

Témoignage formel de deux ouvriers:

Une soucoupe volante s'est posée dans la Somme

Amiens 8 (A.C.P.). -- Il ressort du témoignage de deux ouvriers qu'un engin mystérieux s'est envolé, mardi matin, d'un champ bordant la route reliant Harponville à contay, dans la Somme.

Ayant quitté son domicile à bicyclette pour se rendre à son travail à la Houssoye, M. Emile Renard, 27 ans, artisan maçon, demeurant route de Doullens à Acheux-en-Amiénois, était accompagné de son ouvrier, M. Yves de Gillaboz, 23 ans, demeurant route de Bertrancourt, à Acheux également.

Les deux cyclistes avaient traversé Harponville et de dirigeaient vers Contay, lorsque, selon eux, leur attention fut attirée par un gros engin, posé dans un champ, à environ 200 mètres sur la droite de leur route:

"On aurait dit une meule non terminée, déclarèrent-ils. Et le dessus quelque peu arrondi ressemblait à une assiette retournée."

Intrigués, les deux hommes sautèrent de leur machine et en courant s'engagèrent dans les champs en direction de l'engin de couleur grise, qui pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre. Il oscillait quelque peu, mais ne faisait aucun bruit et sur sa paroi on distinguait une sorte de porte plus large que haute, laquelle était fermée.

"Cependant, déclare M. Renard, alors que précédant mon compagnon, j'avais parcouru une cinquantaine de mètres, je vis l'appareil qui s'élevait en diagonale, tandis qu'une fumée s'échappait par une sorte de tuyau, placé dans sa partie basse. Puis à une quinzaine de mètres de hauteur, l'engin poursuivit son ascension à la verticale et plus rapidement."

Il finit par disparaître aux yeux des deux hommes qui, médusés, se demandaient à quel phénomène ils venaient d'assister.

A la gendarmerie d'Acheux-en-Amiénois, où ils ont été longuement et séparément interrogés, on garde le silence le plus complet, se gardant d'informer ou de confirmer ce qui demeure pour tous un mystère.

MM. Renard et de Gillaboz ont été également conduits à l'endroit où ils auraient aperçu l'appareil. Mais là, aucune trace n'a été relevée sur le sol.

[Ref. fas1:] JOURNAL "FEUILLE D'AVIS:"

Nous avons vu une soucoupe volante à une distance de 100 mètres

ARRAS. - Deux artisans maçons, MM. Emile Renard, 27 ans, et Yves de Gillaboz, domiciliés à Acheux-en-Amiénois (Somme), ont déclaré qu'ils ont observé une "soucoupe volante" à la sortie du village d'Harponville.

"La chose, ont-ils dit, se trouvait dans un champ, à 200 mètres de la route. Elle ressemblait à une immense assiette renversée, était de couleur grise, et mesurait une dizaine de mètres. Nous avons abandonné nos vélos et nous nous sommes mis à courir en direction de l'engin qui, tantôt penchait à gauche, tantôt penchait à droite. Sur la surface on distinguait une sorte de porte plus large que haute, et soigneusement fermée.

"Alors que nous étions encore à une centaine de mètre de la soucoupe, celle-ci s'est mise à monter en oblique, sans bruit, en laissant s'échapper par un tube placé au-dessous une fumée âcre. Parvenu à 15 mètres de hauteur, ce curieux engin s'est élevé en ligne droite assez rapidement et a fini par disparaître. Nous croyions rêver..."

Les deux hommes, interrogés séparément par les gendarmes, ont fourni la même relation de ce qu'ils assurent avoir vu.

[Ref. vmr1:] JOURNAL "VAR-MATIN - REPUBLIQUE":

Les déclarations des témoins concordent:

"La soucoupe volante décolle à la vitesse d'un hélicoptère puis l'accélération devient vertigineuse"

Amiens, 14 septembre. -- Nous avons présenté, hier, l'extraordinaire récit de M. Marius Dewilde, de Quarouble, près de Valenciennes, qui assure avoir aperçu une soucoupe volante et deux petits êtres mystérieux. Cette scène, rappelons le s'est déroulé le vendredi 10 septembre, vers 23h15. Aujourd'hui voici le récit de deux habitants, MM. Emile Renard et Yves de Gillaboz, d'Acheux-en-Amienois, qui, comme nous l'avions précisé succinctement, affirment avoir vu, eux aussi, une soucoupe volante.

Cette aventure, qui s'est passé à 90 km à vol d'oiseau de Valenciennes, remonte au mardi 7 septembre vers 7h15 du matin. L'engin semblait arrêté à quelques centimètres du sol, dans un chaume, à 200 mètres de la route départementale qui va de Harponville à Contay.

Les deux témoins sont fort honorablement connus et très estimés à Acheux-en-Amiénois où ils demeurent. C'est là, où séparément, ils nous ont conté l'événement, tout comme, séparément, ils nous ont croqué, pour nous, les lignes générales de la soucoupe que nous reproduisons. Mais avant de leur donner la parole, présentons les succinctement:

M. Emile Renard a 27 ans, il est patron maçon, marié et père de quatre enfants. Natif d'Acheux, c'est nous a-t-on dit de toutes part, un travailleur acharné. Et lui-même est le premier à manifester son impatience au sujet de la soucoupe volante.

"Depuis une semaine, nous a-t-il dit, je gaspille la moitié de mes journées a raconter cette histoire. J'en ai assez, croyez le. Ce n'est pas cela qui nourrit mes enfants."

Quand à Yves de Gillerboz, il travaille comme manoeuvre avec M. Renard depuis un an. C'est un solide garçon de 23 ans, respirant la santé et qui, pas plus que son patron, ne semble avoir envie de plaisanter.

Une curieuse meule

Nous les avons interrogés et leurs récits concordent parfaitement, comme le tout concorde sur bien des points avec la vision de M. Dewilde.

"Au lieu d'utiliser la camionnette dont le moteur avait besoin de réfection, nous a expliqué M. Renard, mon commis et moi étions parti à bicyclette pour nous rendre à notre travail chez le garde champêtre de la commune de la Houssoye. Soudain entre Harponville et Contay, le pneu du vélo de Guillerboz se dégonfla. Je m'arrêtai pour lui passer ma pompe et mes yeux furent attirés par une sorte de disque, à 250 mètres de nous dans un champ.

- Regarde, dis-je à mon ami, en voilà une meule qui a une drôle de couleur!

Mais tout occupé à gonfler, il ne me répondit pas. Intrigué je continuai à détailler l'objet lorsque je m'aperçus que celui-ci, tout en remuant par rapport au sol, était secoué par un léger balancement, sorte d'oscillation autour d'un axe imaginaire.

- Mais regarde, regarde donc, ce n'est pas une meule! Hurlai-je à mon compagnon.

Et tous deux, pris par je ne sais quel pressentiment, nous nous précipitâmes à travers champ pour nous approcher de l'engin mystérieux; il nous fallait traverser, après une première friche, un champ de betteraves. A peine avions-nous commencé à courir à travers celui-ci que la soucoupe, car maintenant pour nous, nous en étions sur, c'en était une, décolle en biais pendant une quinzaine de mètres pour ensuite monter verticalement."

Envergure de l'appareil: une dizaine de mètres

Tout comme son patron, M. Guillerboz, nous a précisé que l'engin avait une dizaine de mètres d'envergure sur trois environ de hauteur.

"Il était d'une couleur gris bleuté mais ne brillait pas", nous a-t-il précisé. Tous deux enfin, affirment que la soucoupe est partie sans faire le moindre bruit. Contrairement à M. Dewilde, de Quarouble, ils n'ont pas réussi à approcher la machine à moins de 150 mètres. Mais d'après ces témoins, cette soucoupe là, aussi avait à l'arrière une sorte de tuyau d'échappement d'où est sortie de la fumée au moment du décollage.

Très troublés par cette vision qui avait duré au moins trois minutes, car l'engin mis un certain temps avant de disparaître dans les nuages, MM. Renard et Guillerboz racontèrent leur aventure au garde-champêtre de la Houssaye. C'est celui-ci qui insista pour que la déclaration en soit faite à la gendarmerie de Corbie.

Les gendarmes vinrent sur place ainsi que des spécialistes de l'aéronautique. Ils ont longuement enquêté mais on n'a pas retrouvé aucune trace du passage de la soucoupe dans le champ. Peut-être, celle—ci, ne s'est-elle pas posée, mais a-t-elle fait du surplace comme un hélicoptère.

Enfin, dernier point de comparaison entre la soucoupe de Quarouble et celle d'Acheux-en-Amiénois, le décollage s'est accomplie d'abord en biais et ensuite à la verticale. Au départ, pendant les premiers mètres, les témoins sont d'accord pour préciser que l'ascension s'est faite à peu près à la même vitesse que celle d'un hélicoptère. C'est par la suite que l'accélération devient vertigineuse.

[Ref. rdr1] MAGAZINE "RADAR":

Scan

ILS DECRIVENT LE DECOLLAGE DE LA SOUCOUPE depuis un champ près d'Amiens, Yves de Gillaboz (à g.) et Emile Renard pointent le ciel où ils ont vu l'engin Martien cracher des bouffées de fumée tandis qu'il disparaissait de leur vue.

GILLABOZ ET RENARD: UNE ASSIETTE RENVERSEE

Amiens. -- Yves de Gillaboz (laissé) et Emile Renard précisent la direction prise par la soucoupe volante qu'ils ont surpris à atterrir. Alors qu'ils allaient travailler, ils ont vu, dans un champ au bord de la route, une grande coupole, en forme d'assiette profonde retournée. Ils ont couru vers elle. Ils ont pu aisément percevoir sa couleur, "gris sale", ont-ils déclaré, et ses dimensions, 10 m. par 3. Elle oscillait sur sa base, mais n'émettait aucun bruit. Sur sa surface, est apparue une porte fermée, qui était plus large qu'elle n'était haute. Avant qu'ils n'aient pu parvenir près d'elle, la machine s'est élevée en diagonale, une fumée noire épaisse s'échappant d'un tuyau à son dessous. Elle alors s'est élevée à une hauteur de 15 mètres, puis s'est élevée verticalement, à une vitesse sensiblement croissante. Les deux hommes, effrayés, l'ont suivie des yeux pendant un moment. La gendarmerie, qui a été prévenue, n'a trouvé aucune trace suspecte à l'endroit indiqué. Mais le sérieux des deux hommes était au-dessus de tout soupçon. D'ailleurs, M. Chovel et sa famille, près de Hirson, ont vu cette nuit là un disque lumineux ressemblant à la soucoupe d'Amiens.

[Ref. cia1:] CIA:

INFORMATION VENANT DE
DOCUMENTS OU EMISSIONS DE RADIO DE L'ETRANGER

PAYS: Non-Alignés     DATE D'INFORMATION: 1954
SUJET: Militaire, Objets Volants Non Identifiés  
PUBLIE DANS: Journaux quotidiens   DATE DE DISTRIBUTION: 29 octobre 1954
PUBLIE A: Comme indiqué   NOMBRE DE PAGES: 5
DATE DE PUBLICATION: 31 juillet - 20 septembre 1954  
LANGUAGES: Divers   EN SUPPLEMENT AU RAPPORT N.:
[Censuré] [Censuré]   CES INFORMATIONS N'ONT PAS ETE EVALUEES
SOURCE: Comme indiqué  

OBSERVATIONS D'ENGINS VOLANTS NON IDENTIFIES
31 JUILLET - 20 SEPTEMBRE 1954

EUROPE DE L'OUEST

[... (Rapports concernant d'autres pays) ...]

France

[... (Autres rapports français) ...]

OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIES VUS DANS LE DEPARTEMENT DE LA SOMME -- Dakar, Paris-Dakar, 10 sep. 54

Un maçon de 27 ans et son assistant ont rapporté qu'ils avaient vu récemment (le 7 septembre, voir ci-dessous) un objet gris ressemblant à un moulin tronqué avec une assiette renversée dessus et qu'il se trouvait dans un champ à environ 200 mètres de la route où ils circulaient en vélo, près de Acheux-en-Amiénois, dans le département de la Somme. L'objet oscillait doucement et semblait avoir une porte fermée sur le côté. Lorsque les hommes roulèrent une cinquantaine de mètres dans sa direction, l'objet s'envola. De la fumée fut alors visible et semblait sortir d'un tuyau d'échappement sur la face inférieure. Après un vol oblique d'environ quinze mètres, il s'éleva à la verticale et disparut. La police, plus tard, ne trouva aucune trace de l'objet.

[... (rapports suivants)]

Paris, Le Parisien Libéré, 14 sep. 54

Emile Renard, un maçon, et Yves de Guillerboz, son assistant, ont vu ce qu'ils considèrent être une "soucoupe volante", à 0:15 le 7 septembre. Ces hommes sont connus pour être très fiables. Ils ont affirmé que l'objet n'avait apparemment jamais touché le sol mais avait plané au-dessus à la manière d'un hélicoptère. Il faisait environ 10 mètres de diamètre et 3 mètres de haut, n'était pas lumineux, et est parti silencieusement, laissant une traînée de fumée alors qu'il décollait. Ils observèrent l'objet pendant au moins trois minutes.

(La source contient trois croquis grossiers de l'objet dessinés par ces hommes.)

[Ref. lie1:] MAGAZINE "LIFE":

DECRIVANT LE DECOLLAGE D'UNE SOUCOUPE d'un champ près d'Amiens, Yves de Gillaboz (à gauche), Emile Renard pointent vers le ciel où ils ont vu une "machine Martienne" éructer des bouffées de fumée tandis qu'elle s'évanouissait de la vue.

[Ref. hws1:] HAROLD T. WILKINS:

L'auteur indique que d'un village à cinquante milles de Lille, un rapport a été télégraphié, disant qu'Emile Renard, un constructeur, et Yves de Guillerboz, son chef de chantier, faisaient le trajet en vélo vers chez eux dans un chemin, et en jetant un coup d'oeil sur un champ de chaume, ils ont vu un objet étrange garé dans l'avoine.

Renard a déclaré:

"Je ne fréquente pas les bistrots ou les estaminets, mais je vous dis que nous avons vu, dans le champ, un disque en métal, gris bleu, de trente pieds de long, et neuf pieds de haut. Il a décollé à la vitesse d'un hélicoptère et de la fumée est venue de son arrière. Il n'a fait aucun bruit et a disparu dans les nuages."

[Ref. jgu1:] JIMMY GUIEU:

L'auteur indique que le 8 août 1954, près d'Acheux-en-Amiénois, le maçon Emile Renard et son ouvrier Yves Degillabez ont vu une soucoupe posée dans un champ. Ils ont couru en direction de l'engin dont la forme rappelait "une meule de foin tronquée recouverte d'une immense assiette retournée."

L'appareil oscillait légèrement, preuve qu'il n'était pas posé, et sur sa paroi "on distinguait une 'porte'." Quand les hommes se sont approchés, une fumée s'est échappée de la partie inférieure de la soucoupe qui a alors pris son vol et a disparu.

Les gendarmes qui ont ouvert une enquête n'ont relevé aucune trace à l'endroit indiqué par les deux maçons, détail qui n'a rien de surprenant du fait que l'appareil ne reposait pas sur le sol mais "oscillait légèrement."

[Ref. jgu2:] JIMMY GUIEU:

L'auteur indique que le 7 septembre 1954 dans la matinée une soucoupe volante a atterri dans un champ aux environs d'Amiens, entre Harponville et Contay.

Emile Renard, maçon, 27 ans, et son ouvrier Yves Gillabez, 23 ans ont affirmé avoir vu vu dans un champ à environ 200 mètres de la route près d'Acheux-en-Amiénois un engin ressemblant à une meule tronquée sur laquelle aurait été posée une assiette retournée.

Les deux hommes ont sauté de leurs bicyclettes et ont couru en direction de l'engin de couleur grise d'une dizaine de mètres de diamètre environ, qui oscillait légèrement et sur lequel se distinguait une sorte d'écoutille fermée.

Jimmy Guieu cite Mr. Renard comme disant:

"Cependant, alors que précédant mon compagnon, j'avais parcouru une cinquantaine de mètres, je vis l'appareil s'élever en diagonale, tandis qu'une fumée s'échappait par une sorte de 'tuyau' placé dans sa partie basse. Puis, à une quinzaine de mètres de hauteur, l'engin poursuivit son ascension à la verticale et disparut rapidement. Yves et moi, nous pensions rêver!"

Les deux hommes ont été interrogés séparément par la Gendarmerie d'Acheux-en-Amiénois et ont fait exactement le même récit et donné les mêmes détails. Les gendarmes ont été étonnés de ne découvrir aucune trace sur place, mais cela est normal puisque les témoins ont précisé que l'appareil oscillait légèrement, ce qui prouve évidemment qu'il ne touchait pas le sol.

De nombreux habitants de l'arrondissement de Peronne ont signalé qu'ils avaient aperçu à la même heure que celle indiquée par les deux témoins un engin de signalement exactement identique au-dessus du bois de Foucancourt-en-Santerre.

[Ref. aml1:] AIME MICHEL:

Aimé Michel note que le 7 septembre 1954, vers 7:15 du matin, deux maçons d'Acheux-en-Amiénois, Emile Renard, 27 ans et son ouvrier Yves Degillerboz, 23 ans, se rendaient à leur travail à bicyclette et se trouvaient entre Harponville et Contay sur la route départementale 47 quand ils firent une rencontre étrange.

Aimé Michel donne le récit suivant comme résultant du rapport d'enquête établi par la gendarmerie, qui a interrogé les deux hommes séparément, comme l'ont fait les autorités militaires d'Amiens, lesquels ont tous indiqué que le récit des deux hommes se confirment l'un l'autre dans tous les détails rapportés.

Voici la déposition de M. Renard auprès de la gendarmerie selon Aimé Michel:

"Au lieu de prendre comme d'habitude la camionnette dont le moteur devait être révisé, mon ouvrier et moi étions partis à bicyclette. Nous devions aller travailler chez le garde-champêtre de la commune de Lahoussoye. Soudain, entre Harponville et Contay, un pneu de la bicyclette de Degillerboz se dégonfla. Je stoppais pour lui prêter ma pompe, et mes yeux furent attirés par une sorte de disque, à 200 mètres de nous, dans un champ. On aurait dit une meule non terminée, et dont le dessus aurait été coiffé par une assiette retournée."

"- Regarde, dis-je à mon ouvrier, ne trouves-tu pas que cette meule a une curieuse couleur?"

"Intrigué, j'examinais l'objet, lorsque je m'aperçus que celui-ci se déplaçait légèrement avec un balancement à peine perceptible, comme une oscillation."

"Mais regarde! Regardes-donc donc! Ce n'est pas une meule! criai-je à mon compagnon."

"Alors, nous nous précipitâmes tous deux à travers champs vers le mystérieux objet. Nous devions, pour l'atteindre, traverser une friche, puis un champ de betteraves. A peine avions-nous atteint celui-ci que l'objet décolla en biais, fila ensuite en diagonale sur une quinzaine de mètres, puis se mit à monter verticalement. En tout, la vision dura peut-être trois minutes, après quoi l'objet disparut dans les nuages."

"L'objet s'est envolé sans bruit, en lâchant sur la droite par en-dessous, une petit fumée. Il était de couleur gris-bleuté. Il pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre, sur trois mètres de hauteur environ, et, comme je l'ai dit, il ressemblait à une assiette renversée. Sur la gauche, en bas, on pouvait observer une espèce de plaque plus large que haute, comme une porte. Il était à environ 150 mètres de nous au moment de l'envol. C'est le garde champêtre de Lahoussoye qui a insisté pour que nous rapportions notre observation à la gendarmerie de Corbie."

Aimé Michel indique qu'après avoir reçu la déposition, Gendarmes et spécialistes de l'aéronautique, qu'il dit être les autorités militaires d'Amiens, se sont rendus sur les lieux et n'ont trouvé aucune trace autre que celles des deux témoins. Aimé Michel note que comme l'objet oscillait, il devait être au-dessus du sol et non posé ce qui explique l'absence de traces.

Aimé Michel indique que l'enquête officielle, ne pouvant ni démontrer ni exclure une farce - les deux hommes se connaissant bien - ne donna aucun résultat et le dossier fut donc clôt.

[Ref. mcs1:] MICHEL CARROUGES:

L'auteur rapporte que le 7 septembre 1954, à 7:15 le matin, alors qu'il fait grand jour, le soleil s'étant levé à 5:15, M. Emile Renard, 27 ans, et son compagnon Yves Degillerboz, 23 ans, maçon, roulent à bicyclette sur la route qui joint Harponville à Comptay [sic] dans la Somme, pour se rendre au chantier où ils travaillent.

M. Degillerboz s'aperçoit soudainement que l'un de ses pneus est dégonflé. Les deux cyclistes s'arrêtent donc et pendant que M. Degillerboz est affairé à regonfler son pneu, M. Renard regarde oisivement les alentours.

Michel Carrouges rapporte ce que M. Renard a alors vu et raconté tel que cela a été publié dans le Parisien Libéré le 14 septembre 1954:

"Mes yeux furent attirés par une sorte de disque, à 250 m de nous, dans un champ. 'Regarde,' dis-je à mon commis, en voilà un meule qui a une drôle de couleur!" Tout occupé à gonfler, il ne me répondit pas. 'Mais regarde, regarde donc, ce n'est pas un meule!' hurlais-je à mon compagnon. Et tous deux, pris par je ne sais quel pressentiment, nous nous précipitâmes à travers champ pour nous approcher de l'engin mystérieux. Il nous fallait traverser après une première friche, un champ de betteraves. A peine avions-nous commencé à courir à travers celui-ce que la soucoupe, car maintenant, pour nous, nous en étions sûrs, c'en était une, décolla en biais pendant une quinzaine de mètres pour monter ensuite verticalement."

Michel Carrouges indique que le récit de M. Renard est confirmé par M. Degillerboz, et qu'il ajoute que l'engin était gris bleuté et devait avoir une dizaine de mètres d'envergure pour environ trois mètres de haut.

Michel Carrouges rapporte que les deux hommes n'ont parlé de leur rencontre qu'au garde champêtre chez lequel ils allaient, et que c'est ce garde-champêtre qui a insisté pour qu'ils aillent faire une déposition à la gendarmerie de Corbies. Se référant à Aimé Michel, Carrouges note que les gendarmes comme ensuite les journalistes ont constaté que les deux témoins étaient ennuyés d'une publicité qu'ils n'avaient pas cherchée et qu'ils s'efforçaient de fuir.

Carrouges fait remarquer l'aspect important dans ce cas comme dans bien d'autres de la classique "escalades des hypothèses" dans laquelle le témoin ne pense pas tout d'abord à une soucoupe comme s'il était conditionné à en voir, mais commence par interpréter ce qu'il voit au début comme quelque chose de trivial, une meule de foin en l'occurrence, avant de devoir renoncer à l'interprétation triviale suite à un meilleur regard ou une vue plus rapprochée, et bien entendu au fait dans ce cas ci que la "meule" s'envole.

Carrouges note également qu'au moment du décollage de l'engin les témoins se trouvent à 150 mètres de lui, et qu'à cette distance, comme il l'a vérifié en regardant des voitures, on se rend parfaitement compte de la couleur d'un objet ayant ce genre de taille.

Carrouges évoque la théorie qu'il aurait pu s'agir d'un hélicoptère en panne, mais indique que d'une part le départ a été silencieux et d'autre part, "personne n'a signalé le moindre hélicoptère comme s'étant posé à l'endroit indiqué."

[Ref. jve4:] JACQUES VALLEE:

Jacques Vallée dit qu'à Amiens, France, le 7 septembre 1954 à 7:15 du matin:

Mes yeux ont été attirées par une sorte de monticule, deux cents yards de distance dans un champ. Cela ressemblait à quelque chose comme une meule de foin non finie, avec une assiette à l'envers sur le dessus.

"C'est une drôle de couleur pour une meule de foin," ai-je dit à Yves, "regarde ça."

Tout d'un coup j'ai remarqué que la meule de foin se déplaçait, avec une légère oscillation dans les deux sens, comme une oscillation. Nous nous sommes tous deux précipités vers l'objet mystérieux. Quand nous avons été plus près l'objet s'est envolé en biais, a voyagé diagonalement vers le haut à environ cinquante pieds et a alors commencé à aller droit vers le haut. Nous l'avons observée pendant trois minutes. L'objet avait environ trente pieds de diamètre.

[Ref. jve1:] JACQUES VALLEE:

L'auteur indique que le 7 septembre 1954, entre Harponville et Contay, deux briquetiers ont vu un objet flotter dans l'air au-dessus d'un champ. Il cite:

"Il ressemblait à une meule de foin pas terminée, avec une assiette tournée à l'envers au sommet."

Vallée indique que quand les hommes s'en sont rapproché, l'objet s'est envolé.

[Ref. jve2:] JACQUES VALLEE:

142) 7 Septembre 1954, 7h15, Harponville (France):

Entre cette ville et Contay, deux maçons, Emile Renard (vingt sept ans) et Yves Degillerboz (vingt trois ans), ont vu un objet flottant à une certaine hauteur au-dessus d'un champ: "il ressemblait à une meule de foin inachevée avec une assiette renversée au sommet." Lorsqu'il s'approchèrent, il s'envola. Diamètre: dix mètres, hauteur: trois mètres. Une sorte de porte était visible. L'observation dura plus de trois minutes. L'objet lâcha de la fumée en partant (P 6, M 35).

[Ref. jve3:] JACQUES VALLEE:

7 Septembre 1954, 7h15, Harponville (France):

Entre cette ville et Contay, deux maçons, Emile Renard (vingt sept ans) et Yves Degillerboz (vingt trois ans), ont vu un objet flottant à une certaine hauteur au-dessus d'un champ: "il ressemblait à une meule de foin inachevée avec une assiette renversée au sommet." Lorsqu'il s'approchèrent, il s'envola. Diamètre: dix mètres, hauteur: trois mètres. Une sorte de porte était visible. L'observation dura plus de trois minutes. L'objet lâcha de la fumée en partant. (6; M 35) (Le Figaro, 9 Septembre 1954).

[Ref. ldl3:] "LUMIERES DANS LA NUIT":

Dans une liste de cas de la vague de 1954 que l'on estimait devoir être enquêtés ou ré-enquêtés, le magazine notait:

"142. 7-9-54 Harponville"

[Ref. prn1:] PETER ROGERSON - "INTCAT":

317 7 septembre 1954 07 15 HARPONVILLE (FRANCE)

Entre Harponville et Contay, deux maçons, Emile Renard (27 ans) et Yves Degillerboz (23 ans) ont vu un objet flotter dans les airs au-dessus d'un champ: "Cela ressemblait à une meule de foin inachevée, avec une assiette retournée dessus". Quand ils se sont approchés, ça a décollé. Il avait un diamètre de 10 m et une hauteur de 3 m. Une sorte de porte a été remarquée. Les observations ont duré plus de 3 minutes. L'objet a libéré de la fumée quand il est parti.

(M142; Le Figaro, 9 septembre 1954; Michel II, 35)

[Ref. gal1:] CHARLES GARREAU ET RAYMOND LAVIER:

Les deux auteurs, journalistes et ufologues, indiquent que le 7 septembre 1954, vers 07:15 le matin dans la Somme, le matin, deux maçons d'Acheux-en-Amiénois, Emile Renard, 27 ans, et son ouvrier Yves Degillerboz, 23 ans, se rendaient sur un chantier à Lahoussoye. Ils roulaient à bicyclette sur la Route Départementale 47 car la camionnette, dont ils se servent habituellement était en révision.

Alors qu'ils étaient entre Harponville et Contay, Yves Degillerboz a dû s'arrêter car l'un des pneus de sa bicyclette s'était dégonflé. Emile Renard a mis pied à terre lui aussi pour prêter sa pompe à son camarade.

Pendant que celui-ci regonflait le pneu, Emile Renard regardait machinalement le paysage, il raconta aux gendarmes:

"A deux cents mètres de nous, j'ai aperçu, dans un champ, quelque chose qui m'intrigua. Ça ressemblait à une meule inachevée, et coiffée d'une sorte d'assiette retournée. En fixant ce truc, je me suis rendu compte qu'il se déplaçait légèrement avec un imperceptible balancement. J'ai poussé une exclamation de surprise. Yves s'est relevé. Il a vu, lui aussi. Nous nous sommes lancés en courant vers ce mystérieux objet. Il nous fallait traverser une friche, puis un champ de betteraves. Au moment où nous atteignions celui-ci, l'engin a décollé en oblique, sur une quinzaine de mètres, puis il a grimpé verticalement et a disparu dans les nuages. Aucun bruit. Il y a eu comme une petite traînée de fumée."

Les deux hommes ont eu le temps de bien observer l'engin, dont ils n'étaient plus qu'à 150 mètres environ quand il s'est élevé du sol. Ils en ont fait une assez bonne description aux gendarmes, que les auteurs notent ainsi: un disque, ou plus exactement une sorte d'assiette renversée, de couleur gris-bleuté, d'une dizaine de mètres de diamètre, et de 3 mètres de haut environ. Sur la gauche de la partie inférieure, ils ont cru voir une sorte de porte.

Les auteurs indiquent que le témoignage des deux maçons a été largement confirmé par de nombreux autres qui, dans un rayon de 15 kilomètres, signalèrent à cette même heure le survol de la région de Péronne par un objet en tous points identique.

Les deux auteurs indiquent qu'ils se réfèrent au rapport de gendarmerie et à leurs dossiers personnels comme source.

[Ref. jve3:] JACQUES VALLEE:

115 -002.47770 50.00400 07 09 54 07 15 105* (CONTAY-SOMME) F 0012444C 049

[Ref. fru1] MICHEL FIGUET ET JEAN-LOUIS RUCHON:

Les deux auteurs indiquent que le 7 septembre 1954, à 7 h 15, entre Harponville et Contay, Emile Renard, artisan maçon de 27 ans résidant à Acheux-en-Amiénois et Yves de Gillaboz, 23 ans, ouvrier maçon, se rendaient à leur travail quand ils ont vu dans un champ à 200 mètres de la route départementale un disque comme une meule ou "assiette retournée d'une dizaine de mètres de diamètre oscillant autour d'un axe imaginaire". On distinguait sur sa paroi une sorte de porte fermée, plus large que haute.

L'engin s'élève en diagonale avec une fumée qui s'échappe par une sorte de tuyau sur sa partie basse. A une quinzaine de mètres de hauteur l'objet a entamé une ascension verticale plus rapide et a disparu.

Ils notent que la brigade de gendarmerie d'Acheux en Amiénois leur a assuré par lettre du 3 avril 1976 n'avoir jamais enquêté sur cette affaire, contrairement à ce qu'avaient écrit les journaux de l'époque, et que la brigade de Corbie leur a fait la même réponse.

Ils indiquent comme source les journaux La Montagne en septembre 1954, le Parisien Libéré du 9 septembre 1954 et du 14 octobre 1954, Le Figaro et Nice-Matin du 9 septembre 1954, le catalogue Vallée, les livres de Michel Carrouges et Aimé Michel.

[Ref. mft1:] MICHEL FIGUET:

Cet ufologue a noté:

CAS Nr CLASSIFICATION DATE HEURE LIEU CODE POSTAL CREDIBILITE SOURCE
61 CEl 07 09 1954 07.15 e Harponville et Contay 80920 C NI pas d'enquête

[Ref. ldl1:] MAGAZINE D'UFOLOGIE "LUMIERES DANS LA NUIT":

Signalons aussi que B&B [Barthel and Brucker], qui prétendent n'avoir trouvé aucun cas digne de foi pour l'année 54, évitent soigneusement de parler de [... cas ...], Harponville/Contay, [... cas...], cas pour lesquels nous avons rencontré les témoins et recueilli des récits en tout point identiques à ceux rapportés à l'époque.

[Ref. dcn1:] DOMINIQUE CAUDRON:

Dominique Caudron indique qu'à Harponville dans la Somme le 7 septembre 1954 une soucoupe a effectué un quasi atterrissage, et commente - par ironie - "cette fois c'est sérieux, 'ils' atterrissent chez nous".

[Ref. lgs1:] LOREN GROSS:

[... Autres cas ...]

Une soucoupe atterrit !?

L'heure et la date: 7 h 15 le 7 septembre. Témoins: M. Emile Renard et Yves Degillerboz. L'endroit: 200 miles au nord de Paris sur une route entre Contay et Harponville. M. Renard dit à un connétable:

"Soudain, entre Harponville et Contay, la bicyclette de Degillerboz a eu un pneu crevé. Je m'arrêtai pour lui prêter ma pompe et mes yeux ont été attirés par une sorte de disque à environ 200 mètres de nous dans un champ.

"- Ecoute, dis-je à mon ouvrier, ne trouves-tu pas que la meule de foin a une couleur particulière?"

"Intrigué, j'examinais l'objet quand soudainement il se déplaça avec une légère oscillation balançante."

"'- Mais regarde, regarde, ce n'est pas une meule de foin', dis-je à mon compagnon."

"Puis nous courûmes à travers le champ vers l'objet mystérieux: pour y arriver, nous devions traverser un morceau de jachère et un champ de betteraves: nous n'avions guère atteint ce dernier que l'objet est venu en oblique, est allé en diagonale sur environ 15 mètres, puis a commencé à monter verticalement.

En tout, cette vision dura peut-être trois minutes, après quoi l'objet disparut dans les nuages."

"L'objet a volé sans bruit et a émis en bas à droite un peu de fumée, il aurait pu avoir environ 10 mètres de diamètre sur trois mètres de haut et ressembler à une assiette retournée. Il y avait, plus longue que haute, comme une porte, à environ 150 mètres de nous au moment de son ascension."

"Le connétable de La Houssaye a insisté pour que nous fassions rapport de nos observations à la gendarmerie de Corbie." 38.

Après avoir entendu les hommes, le gendarme a vérifié la zone de l'observation en y trouvant les empreintes de Renard et de Degillerboz dans la terre molle mais aucune trace d'atterrissage par la machine supposée. Puisque les deux témoins étaient de bons amis, l'officier de la loi a supposé que l'histoire était une plaisanterie. Plus tard, des critiques de ce jugement de l'agent de la loi ont suggéré que puisque l'OVNI était oscillant lors du début de l'observation, il n'avait peut-être jamais réellement touché le sol. 39.

La nouvelle de ce rapport est arrivé aux bureaux de BLUE BOOK, l'un des rares cas européens à le faire, mais quand et par quels moyens on ne sait pas. A en juger par les faibles données obtenues par cette carte des dossiera du projet ci-dessous, le seul morceau de papier sur l'incident), la source n'a pas dû être une bonne source.

[... Autres cas...]

  • 38. Paris, France. Le Parisien Libere. 9 septembre 54. p.7. Egalement: Paris, France, Figaro. 9 octobre 54. Egalement: Paris, France. France-Soir. 9 octobre 54.
  • 39. Michel, Aime. "Flying Saucers in Europe." Fate. Vol.11, No.l. janvier 1958. p.33.

[Ref. pha1:] MAGAZINE D'UFOLOGIE "PHENOMENA":

L'éditeur Perry Petrakis indique que le poète et visionnaire Jean Cocteau notait le 9 septembre 1954 que les soucoupes volantes "se montrent beaucoup cette semaine. Une d'elles se serait posée mardi matin dans un champ bordant la route d'Harponville-Contay (Somme). Deux ouvriers auraient assisté à son départ silencieux, en diagonale, puis à la verticale".

La source est indiquée comme "Chanel, P., Le Passé Défini. III. 1954. journal de Jean Cocteau établi et annoté par Pierre Chanel. Gallimard, 1989".

[Ref. fkb1:] FABRICE KIRCHER ET DOMINIQUE BECKER:

Ces auteurs indiquent qu'à Harponville, France, le 7 septembre 1954, deux témoins ont vu un objet flottant ressemblant à une "meule de foin inachevée", d'un diamètre de dix mètres, avec une assiette renversée au sommet.

[Ref. rlt1:] RENAUD LECLET:

SIMILITUDES AVEC LES HELICOPTERES

[... autres cas...]

09/07/54 [sic] entre Harponville et Contay (80) à 07 h 15 - un objet comme une meule de foin avec une porte plus haute que large, fermée, décolle verticalement

[... autres cas...]

[Ref. lhh1:] LARRY HATCH - "*U* COMPUTER DATABASE":

3761: 1954/09/07 07:20 5 2:30:00 E 50:01:00 N 3333 WEU FRN SMM 8:7

nr CONTAY,FR:2 OBS:SILCX 12M SCO/FLD:WIDE DOOR/SIDE:PLATE/TOP:^^:/r197p01

RefN° 2 VALLEE:UFOS IN SPACE:Anatomy/phenon. Page No. 94: PAYS DE FERMES

[Ref. goe1:] GODELIEVE VAN OVERMEIRE:

L'ufologue belge indique qu'en 1954, le 7 septembre en France à Acheux en Amiénois - Harponville - Contay, "Emile Renard, maçon et Yves Degillerboz son ouvrier, tous deux à bicyclette, virent à 07 h 15 du matin, une soucoupe posée dans un champ, dont la forme rappelait une meule de foin tronquée recouverte d'une immense assiette retournée. L'appareil oscillait légèrement. Alors que les témoins s'approchaient une fumée s'échappa de la partie inférieure de l'engin qui prit son envol et disparut. La gendarmerie fit une enquête."

Les sources snt indiquées comme "Jimmy GUIEU: 'Black-out sur les S.V.' - Fleuve Noir 1956 - p. 79 et 123 - il cite deux dates (dont le 8.8.54) à des endroits différents pour le même cas" et "Jacques Vallée: "Chronique des apparitions ET" - DENOEL 1972 - COLL. J'AI LU - p. 257)".

L'ufologue indique que la "version de la presse" est:

"Soudain Degillerboz s'aperçoit qu'un de ses pneus s'est dégonflé. Les deux hommes s'arrêtent et pendant que Degillerboz s'occupe de regonfler son pneu, Renard oisif regarde machinalement le paysage (etc...) Et tous deux, pris par je ne sais quel pressentiment, nous nous précipitâmes à travers champs pour nous approcher de l'engin mystérieux. (...) décolla en biais pendant une quinzaine de mètres pour monter ensuite verticalement".

Les sources en sont indiquées comme "Parisien Libéré, 14.9.1954" et "Michel Carrouges: 'Les apparitions de Martiens' éd. Fayard, 1963, p. 86,87" et "Aimé MICHEL: 'Apropos des Soucoupes Volantes', éd. PLANETE, 1966, p. 47, 48".

[Ref. uwb1] SITE UFOWEB:

Acheux en Amiénois 08 août 1954 Somme 8 Somme Source Guieu 2 témoins voient un objet en forme de soucoupe
Acheux en Amiénois 08 août 1954 Département 80 Somme
Latitude Longitude
Témoins Objets Formes 55,637 0.218
2 1 Soucoupe 50° 04' 27'' 02° 32' 01''
Type Durée Couleurs Source
Jimmy Guieu

[Ref. jbu1] JEROME BEAU:

7 Septembre

0 h 15: Près de Acheux-en-Amiénois (Somme), Emile Renard, un maçon de 27 ans, et Yves de Guillerrez, son assistant - tous deux considérés comme des personnes fiables - voient un objet gris ressemblant à une borne kilométrique tronquée avec une grande assiette reposant dessus, depuis la route où ils travaillent. L'objet, d'environ 10 m de diamètre et 3 m de hauteur, oscille lentement en sustentation comme un hélicoptère au-dessus du sol, sans jamais le toucher. Il n'émet pas de lumière, et semble avoir une porte sur son côté. Après que les hommes aient couru jusqu'à 50 m de lui, s'envole sans bruit, laissant une traînée de fumée s'échappe d'un petit conduit. Après un vol oblique d'une quinzaine de mètres, l'objet s'élève verticalement, et disparaît. Les témoins ont observé l'objet pendant au moins 3 mn. La police ne trouvera pas de traces.

Des objets non identifiés vus dans la Somme, Paris-Dakar, 10 Septembre 1954
Le Parisien Libéré, 14 Septembre 1954.

[Ref. ar1:] DONALD JOHNSON:

Ce jour là

7 septembre

[...]

1954 - Entre Harponville et Contay, France, deux maçons, Emile Renard, âgé de 27 ans, et Yves DeGillerboz, âgé de 23 ans, ont vu un objet gris-bleuâtre flotter en plein air au-dessus d'un champ. "Il a ressemblé une meule de foin inachevée, avec une assiette tournée à l'envers sur elle." Quand ils ont essayé de s'approcher il a décollé. Il avait eu un diamètre de dix mètres (33 pieds), et ils ont noté qu'il avait eu un genre de porte. L'observation a duré plus de trois minutes, après quoi l'objet a libéré de la fumée pendant qu'il partait droit vers le haut.

(Sources: Le Figaro, 9 septembre 1954; Aime Michel, Flying Saucers and the Straight Line Mystery, p. 35; Jacques Vallee, Passport to Magonia, pp. 208-209).

[Ref. jbu2] JEROME BEAU:

Septembre 1954

07

00:15 Entre Harponville et Contay, Près de Acheux-en-Amiénois (Somme), Emile Renard (maçon, 27 ans) et Yves Degillerboz (de Guillerrez?) (son assistant briquetier, 23 ans) - tous 2 considérés comme des personnes fiables - voient depuis la route où ils travaillent 1 phénomène gris de 10 m et diamètre et haut de 3 m flotter dans l'air au-dessus d'un champ ressemblant à une borne kilométrique tronquée avec une grande assiette reposant dessus: Il ressemblait à une meule de foin pas terminée, avec une assiette tournée à l'envers au sommet. Le phénomène oscille lentement en sustentation comme un hélicoptère au dessus du sol, sans jamais le toucher. Il n'émet pas de lumière, et semble avoir une porte sur son côté. Une sorte de porte est visible. Après que les hommes aient couru jusqu'à 50 m de lui, il s'envole sans bruit, lâchant de la fumée. laissant une traînée de fumée s'échappe d'un petit conduit. Après un vol oblique d'une quinzaine de mètres, l'objet s'élève verticalement, et disparaît. Les témoins ont observés l'objet pendant au moins 3 mn. La police ne trouvera pas de traces.

Les sources sont indiquées comme Le Figaro, 9 septembre 1954; Vallée, J., cas n° 7, "Rapport sur l'analyse de 200 observations documentées faites en 1954"; "Des objets non identifiés vus dans le département de la Somme", Paris-Dakar, 10 Septembre 1954; Le Parisien Libéré, 14 Septembre 1954

[Ref. lcn1:] LUC CHASTAN:

Luc Chastan indique dans sa base de données que dans la Somme à Vadencourt le 7 septembre 1954 à 07:15 heures "Sur la route entre Harponville et Contay, deux maçons se rendant à leur travail observent un objet à deux cents mètres de la route. Il sera décrit comme un disque comme une meule. Une Assiette retournée d'une dizaine de mètres de diamètre oscillant autour d'un axe imaginaire. Sur sa paroie [sic] on pouvait distinguer une sorte de porte fermée plus large que haute. L'appareil s'élève en diagonale, une fumée s'échappant d'une sorte de tuyau placé dans sa partie basse. A une quinzaine de mètre de hauteur, l'objet poursuit son ascension verticale plus rapidement et disparait. Il est a noter que contrairement aux affirmations de la presse de l'époque, il semble qu'aucune brigade de gendarmerie n'ait enquétée sur ce cas."

Les sources sont indiquées: "Ovni, Premier dossier complet... par Figuet M./ Ruchon J.L. ** éd. Alain Lefeuvre 1979".

[Ref. uda1:] SITE WEB "UFODNA":

Le site web indique que le 7 septembre 1954 à 07:15 07:15 entre Contay et Harponville, Contay, France, "meule de foin gris-bleuâtre, oscillante, 200 yards au loin dans champ. Parcouru diagonale vers le haut pour 50 pieds, ensuite a filé droit vers le haut. On a observé un disque volant. Il s'est déplacé avec un mouvement de feuille morte. Il est parti en volant rapidement droit vers le haut jusqu'à être perdu de vue."

Et: "Un disque bleu avec dôme, d'environ 40 pieds de large autour de 500 pieds de distance, a été observé par deux témoins masculins, d'âge typique 27, dans un champ pendant plus de trois minutes (Renard). Aucun bruit n'a été entendu."

Les sources sont indiquées comme Michel, Aime, Flying Saucers and the Straight-Line Mystery, S. G. Phillips, New York, 1958; Project Bluebook, (USAF) Blue Book files counted in official statistics; Bowen, Charles, The Humanoids: FSR Special Edition No. 1, FSR, Londres, 1966; Vallee, Jacques, Computerized Catalog (N = 3073); Vallee, Jacques, Challenge to Science: The UFO Enigma, Henry Regnery, Chicago, 1966; Vallee, Jacques, Preliminary Catalog (N = 500), (dans JVallee01); Vallee, Jacques, Anatomy of a Phenomenon, Henry Regnery, Chicago, 1965; Vallee, Jacques, A Century of Landings (N = 923), (dans JVallee04), Chicago, 1969; Schoenherr, Luis, Computerized Catalog (N = 3173); Rogerson, Peter, World-Wide Catalog of Type 1 Reports; Olsen, Thomas M., The Reference for Outstanding UFO Sighting Reports, UFOIRC, Riderwood, 1966; Coupures de Journaux; Hatch, Larry, *U* computer database, l'Auteur, Redwood City, 2002.

[Ref. uda2:] SITE WEB "UFODNA":

Le site web indique que le 7 septembre 1954 à 07:15 à Harponville, France, "Un objet flottant en plein air au-dessus d'un champ 'comme une meule de foin inachevée, avec une assiette retournée dessus"

Et: "Entre Harponville et Contay, France deux maçons, Emile Renard, âge 27, et Yves DeGillerboz, âge 23, ont vu un objet gris-bleuâtre flotter en plein air au-dessus d'un champ. 'Il ressemblait à une meule de foin inachevée, avec une assiette tournée à l'envers dessus.' Quand ils ont essayé de s'approcher il a décollé. Il a eu un diamètre de dix mètres (33 pieds), et ils ont noté qu'il a eu une sorte de porte. L'observation a duré plus de trois minutes, après lesquelles l'objet a libéré de la fumée pendant qu'il partait droit vers le haut."

Et: "Entre Harponville et Contay, deux maçons, Emile Renard, 27, et Yves Degillerboz, scie 23 un objet flottant en mi-air au-dessus d'un champ: "il a ressemblé à une meule de foin non finie, avec un plat tourné à l'envers sur lui. " Quand ils se sont approchés, il a décollé. Diamètre dix mètres, taille trois mètres. Un genre de porte a été noté. L'observation durée plus de trois minutes. L'objet a libéré la fumée quand il est parti."

Et: "On a aperçu un objet qui a eu un aspect et une performance au-delà des possibilités des aéronefs terrestres connus."

Et: "Un objet, d'environ 1000 pieds de large travers, a été observé par deux témoins masculins, d'âge typique 27."

Les sources sont indiquées comme Guieu, Jimmy, Flying Saucers Come from Another World, Citadel, New York, 1956.

[Ref. uda3:] SITE WEB "UFODNA":

Le site web indique que le 8 août 1954 à "Acheux-Amienois", France "On a aperçu un objet qui a eu un aspect et une performance au-delà des possibilités des aéronefs terrestres connus. Un objet a été observé par deux témoins masculins (Renaud)."

Les sources sont indiquées comme Guieu, Jimmy, Flying Saucers Come from Another World, Citadel, New York, 1956.

[Ref. nip1:] "THE NICAP WEBSITE":

*7 Sep. 1954 - Entre Harponville et Contay, département de la Somme, France deux maçons, Emile Renard, âge 27 ans, et le Yves DeGillerboz, âge 23 ans, ont vu un objet gris-bleuâtre flotter au milieu de l'air au-dessus d'un champ à 7:15 heure du matin. "Il ressemblait à une meule de foin non finie, avec une assiette tourné à l'envers dessus." Quand ils ont essayé de s'approcher il a décollé. Il avait un diamètre de dix mètres (33 pieds), et ils ont remarqué qu'il avait une sorte de porte. L'observation a duré plus de trois minutes, après quoi l'objet a libéré de la fumée pendant qu'il partait directement vers le haut. (Sources: Le Figaro, September 9, 1954; Aime Michel, Flying Saucers and the Straight Line Mystery, p. 35; Jacques Vallee, Passport to Magonia, pp. 208-209).

[Ref. tai1:] SITE WEB "THINK ABOUT IT"

Date: 07 septembre 1954

Lieu: Harponville France

Heure: 0715

Résumé: Entre Harponville et Contay, France, deux maçons, Emile Renard, âgé de 27 ans, et Yves DeGillerboz, âgé de 23 ans, ont vu un objet gris-bleuâtre flotter en plein air au-dessus d'un champ. "Il a ressemblé une meule de foin inachevée, avec une assiette tournée à l'envers sur elle." Quand ils ont essayé de s'approcher il a décollé. Il avait eu un diamètre de dix mètres (33 pieds), et ils ont noté qu'il avait eu un genre de porte. L'observation a duré plus de trois minutes, après quoi l'objet a libéré de la fumée pendant qu'il partait droit vers le haut.

Source: Magonia 142

[Ref. ge1:] "GROUPE D'ETUDES ET D'INFORMATIONS SUR LES PHENOMENES AEROSPATIAUX NON IDENTIFIES":

[CD47] DE HARPONVILLE (80) VERS CONTAY (80) 07.09.1954
Observé le: 07-09-1954
Région: Picardie
Département: Somme
Classe: D1
Résumé: Observations d'un objet circulaire au sol avec un mouvement d'oscillation. Décollage silencieux en oblique puis vertical en laissant échapper une fumée ; aucune trace au sol: phénomène non identifié étrange.
Description:

Le 7 septembre 1954 vers 7h30 deux témoins se rendent à leur travail en bicyclette sur le chemin communal 47 entre Harponville (80) et Contay (80). Le temps est clair et sans brouillard. Ils observent au sol dans un champ à 200m de la route, une forme circulaire affectée d'un mouvement oscillatoire. Les deux témoins décrivent un cylindre de couleur sombre à la surface supérieure légèrement bombée et avec une ouverture sur le tour.

Intrigués, les témoins s'approchent à une centaine de mètres et voit l'objet se lever sans bruit en oblique sur une quinzaine de mètres puis à la verticale. Pendant l'ascension les témoins remarquent de la fumée gris bleue s'échappant d'un tuyau. L'observation a duré entre 4 et 5 minutes avant que le phénomène ne disparaisse dans le ciel. Les témoins apeurés partent immédiatement à la gendarmerie.

Le même jour, l'enquête ne constate aucune trace au sol dans le champ. Un des témoin ayant déjà vu des hélicoptères, il affirme qu'il ne s'agit pas d'un tel appareil. Aucun autre témoignage n'est recueilli. La crédibilité des témoins n'est pas mise en cause.

Le GEIPAN classe ce cas en D1: phénomène non identifié étrange.

Compte-rendu: Aucun.

Détails du témoignage
Témoin
Date de l'observation 07-09-1954
Numéro de pièce
Age Adulte (au-delà de 18 ans)
Profession Employés, Ouvriers
Sexe Masculin
Réaction Curiosité Active
Crédibilité Crédibilité Normale
Conditions
Environnement Chemins départementaux,Routes
Conditions météo Ciel Dégagé
Heure de l'observation Chiffrée: 6 heures - 8 heures
Cadre de référence Autres;Ciel ou nuages
Distance entre phénomène et témoin Proche (de 40 à 200 m);Proche (de 40 à 200 m);Non-précisé
Début de l'observation Début d'observation par témoin
Fin de l'observation Fin d'observation par phénomène
Localisation
Angle du site Autres;Non-précisé
Direction d'observation Repères géographique (Nom de ville, village, chiffrée, etc.)
Cap Aucun
Trajectoire Immobile;Montante;Montante
Nature de l'observation Objet;Engin
Caractéristique de l'observation Unique
Forme globale Cigare, cylindre
Couleur Autres (autres couleurs)
Taille apparente Chiffrée
Vitesse apparente Nulle;Variable (accé
Bruit Aucun bruit;Aucun bruit
Effet sur l'environnement Non-précisé
Nombre 1

Détails du témoignage
Témoin
Date de l'observation 07-09-1954
Numéro de pièce
Age Adulte (au-delà de 18 ans)
Profession Employés, Ouvriers
Sexe Masculin
Réaction Curiosité Active
Crédibilité Crédibilité Normale
Conditions
Environnement Chemins départementaux,Routes
Conditions météo Ciel Dégagé
Heure de l'observation Chiffrée: 6 heures - 8 heures
Cadre de référence Autres;Ciel ou nuages
Distance entre phénomène et témoin Proche (de 40 à 200 m)
Début de l'observation Début d'observation par témoin
Fin de l'observation Fin d'observation par phénomène
Localisation
Angle du site Autres;Non-précisé
Direction d'observation Nord-Ouest
Cap Nord-Ouest
Trajectoire Immobile;Montante;Montante
Nature de l'observation Objet;Engin
Caractéristique de l'observation Unique
Forme globale Cigare, cylindre
Couleur Noir (sombre)
Taille apparente Chiffrée
Vitesse apparente Nulle;Rapide, grande
Bruit Aucun bruit;Aucun bruit
Effet sur l'environnement Non-précisé
Nombre 1

Le GEIPAN publie bien évidemment les documents de gendarmerie placés ici en [ge1].

[Ref. ubk1:] "UFO-DATENBANK":

Cette base de données a réussi l'exploit d'enregistrer ce même cas 16 fois:

N° de cas Nouveau N° de cas Enquêteur Date d'observation CP Lieu d'observation Pays d'observation Heure d'observation Classification Commentaires Identification
19540907 07.09.1954 Contay France CE I
19540907 07.09.1954 Amiens France 07.00 DD
19540907 07.09.1954 Amiens France CE I
19540907 07.09.1954 Amiens France CE I
19540907 07.09.1954 Contay Harponville France CE I
19540907 07.09.1954 Contay Harponville France CE I
19540907 07.09.1954 Contay France CE I
19540907 07.09.1954 Contay France CE I
19540907 07.09.1954 Harponville France CE I
19540907 07.09.1954 Harponville France CE I
19540907 07.09.1954 Harponville France CE I
19540907 07.09.1954 France France CE I
19540907 07.09.1954 Amiens France 07.00 DD
19540907 07.09.1954 Harponville France CE I
19540909 09.09.1954 Amiens France CE I
19540907 07.09.1954 Acheux Amienois France Morning CE I
19541107 07.11.1954 Contray [sic, Contay] France CE I

[Ref. prn2:] PETER ROGERSON - "INTCAT":

7 septembre 1954. 0715hrs.

HARPONVILLE (SOMME: FRANCE)

Deux maçons d'Acheux-en-Amienois, Emile Renard (27 ans) et son assistant Yves Degillerboz (23 ans) se rendaient au travail à vélo quand, entre Harponville et Contay, Yves a eu un pneu cassé. A ce moment-là, Emile attira son attention sur quelque chose qui ressemblait à une assiette retournée, dans un champ situé à 200 mètres. Il a d'abord pensé qu'il s'agissait d'une meule de foin particulière, mais a ensuite remarqué qu'elle oscillait légèrement. Ils ont parcouru les champs pour enquêter, mais quand ils sont arrivés à moins de 750 m, il a décollé obliquement, a fait une diagonale ascendante sur environ 15 m puis s'est élevé verticalement. Il a été observé pendant trois minutes en tout. L'objet gris-bleu avait environ 10 m de diamètre et 3 m de haut. Sur le côté gauche du bas, ils ont vu quelque chose comme une plaque ou une porte, plus large que haute. L'objet a disparu dans les nuages, dégageant de la fumée par le dessous. L'affaire a été signalée à la police.

  • Michel 1958b p35 citant Le Figaro + Paris-Presse + Le Soir tous du 9 septembre 1954
  • Patrick Gross [*] citant La Nouveau Nord Maritime 9 septembre 1954. + Var Matin Republique 15 septembre 1954.

[*] Note: aucun lien vers ma page n'était fourni, et celle-ci ne se limitait pas à citer ces deux journaux.

[Ref. dcn2:] DOMINIQUE CAUDRON:

L'observation d'Harponville

L'observation dite d'Harponville, survenue le 7 septembre 1954 à 19 km d'Amiens, fut perçue comme le quasi atterrissage d'une soucoupe volante, et ce fut la première observation de ce type, après les observations uniquement aériennes d'aout 1954. Elle est donc importante, car elle montrait que les soucoupes menaçaient d'atterrir, et incita les journalistes à voir dans l'observation de Quarouble, le premier atterrissage d'une soucoupe de cette mémorable vague.

Nous l'appelons observation d'Harponville, car elle est ainsi connue des catalogues, du fait qu'elle a eu lieu entre Harponville et Contay, mais en fait, les témoins n'étaient pas passés par Harponville, et l'observation a eu lieu sur le terroir de la commune de Vadencourt. Le premier journal a parler de ce cas, est le journal local, Le courrier Picard.

Mystère dans le ciel picard

Deux ouvriers affirment
avoir vu une soucoupe volante
entre Harponville et Contay

Telle est la nouvelle qui nous est parvenue à la fin de l'après midi, nouvelle que les témoins de l'étonnant évènement nous ont confirmé.

Cette information ne manquera pas d'engendrer un scepticisme parfaitement compréhensible, mais les deux hommes qui « ont vu » l'engin nous ont fait des déclarations concordantes en tous point.

Donc, hier matin, M. Emile Renard, qui est agé de 27 ans et exerce la profession d'artisan maçon, route de Doullens, à Acheux en Amiénois, avait quitté son domicile à bicyclette pour se rendre à son travail à Lahoussoye. Il était accompagné de son ouvrier M. Yves de Gillaboz, 23 ans, demeurant route de Bertrancourt à Acheux en Amiénois.

Tous deux roulaient normalement lorsque vers 7 heures 15, alors qu'ils avaient traversé Harponville et se dirigeaient vers Contay, leur attention fut attirée par un gros engin posé dans un champ récemment fauché, à 200 mètres environ et à droite de la route

- On aurait dit une meule qui n'était pas terminée, nous déclare M. Renard que nous avons trouvé au milieu de sa famille dans le courant de la soirée.

- Oui, et le dessus était quelque peu arrondi et ressemblait à une assiette retournée, ajoute M. de Gillaboz, que son patron était allé cherché chez lui à notre demande.

Intrigués, les deux hommes sautèrent de leur machine et, en courant s'engagèrent dans les champs en direction de l'engin.

Plus rapide que son compagnon, M. Renard le distança quelque peu.

- En me rapprochant, nous dit-il, je ne quittais pas l'engin des yeux. Je pus ainsi me rendre compte qu'il était de couleur gris sale, et il pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre...

- Et il oscillait quelque peu, précise M. de Gillaboz...

- Entendiez-vous un bruit quelconque? demandons nous.

- Absolument rien, nous répondent les deux hommes.

Et tous deux précisent avoir remarqué sur la paroi de l'engin une sorte de porte plus large que haute, mais fermée.

- J'avais parcouru une cinquantaine de mètres, nous dit M. Renard, lorsque je vis l'appareil qui s'élévait en diagonale, cependant qu'une fumée s'échappait par une sorte de tuyau placé dans sa partie basse.

Il arriva ainsi à une quinzaine de mètres de hauteur. A ce moment, il abandonna la diagonale et son ascension se poursuivit verticalement et plus rapidement.

Pendant quelques minutes nous l'avons suivi des yeux. Au fur et à mesure qu'il montait, on l'apercevait de plus en plus difficilement et il finit par disparaitre.

- Quelles ont été à ce moment vos impressions, demandons nous?

- Que voulez vous, nous dit M. Renard, on est resté là, la bouche ouverte...

- Moi, je n'avais qu'une hâte: monter sur mon vélo et m'éloigner le plus tôt possible.

- J'étais comme médusé, ajoute l'artisan maçon. Je me demandais à quel phénomène nous venions d'assister, puis j'ai pensé qu'il s'agissait peut-être d'une soucoupe volante, comme celle dont on parle dans les journaux.

- Pensez, nous dit son compagnon, nous n'en revenions pas. Avouez qu'il y a lieu d'être interloqué quand on voit une telle chose !

Comme nous interrogeons M. Renard pour savoir ce qu'il aurait fait si, poursuivant sa course, il était arrivé auprès de l'appareil, il nous déclare:

- Je voulais savoir ce que c'était car j'étais intrigué au plus haut point. Je ne peux dire si je me serais hasardé à le toucher, mais j'aurais peut-être essayé de me rendre compte de ce qui se trouvait à l'intérieur. Comment? je ne sais pas.

- Et bien, pour ma part, nous dit M. de Gillaboz, je n'y aurais pas touché et cet appareil ne me disait rien de bon...

Au cours de leurs déclarations, les deux hommes nous ont produit une nette impression de sincérité. Ils nous ont dit qu'ayant parlé de ce qu'ils avaient vu à des habitants de Lahoussoye, ceux-ci avaient alerté la gendarmerie. Dans le courant de la journée, MM. Renard et de Gillaboz ont été interrogés longuement et séparément. Ils ont été conduits à l'endroit où ils avaient aperçu l'appareil. Là, aucune trace n'a été relevée sur le sol.

A la gendarmerie le silence le plus complet est observé sur la rencontre faite par les deux habitants d'Acheux-en-Amiénois, et l'on semble se garder d'infirmer ou de confirmer trop hâtivement, ce qui demeure pour tous un mystère.

Néanmoins, les déclarations des deux hommes sont nettes et précises, aussi les livrons-nous à nos lecteurs telles qu'elles nous ont été faites.

(Le Courrier Picard, 8 septembre 1954, page 2)

[Photo:] Voici les deux habitants d'Acheux en Amiénois qui, mardi matin, aperçurent, entre Harponville et Contay, la soucoupe volante dont nous avons parlé hier. On reconnait, à gauche, M. RENARD et, à droite, M. de GILLABOZ.

(Le Courrier Picard, 9 septembre 1954, page 2)

Arrivé là, nous savons que l'observation a eu lieu le 7 septembre vers 7H15, que les deux témoins en ont d'abord parlé à des habitants de Lahoussoye, que les gendarmes les ont interrogés séparément dans la journée, et que les journalistes du Courrier Picard, sont venus les interroger le soir même chez M. Renard, ce qui leur permit de publier leur article le 8.

Mais cet article du 8 va donner des idées à une poignée de plaisantins, et dès le 8 au soir, la rumeur d'une autre observation courait:

NOUVEAU MYSTERE
dans le ciel Picard?

Des habitants de la région de Péronne auraient aperçu au sol, dans la soirée d'hier, une soucoupe volante entre Estrées-Deniécourt et Foucancourt-en-Santerre. Telle une fumée de poudre, le bruit courait hier soir dans plusieurs communes voisines, de l'arrondissement de Péronne, qu'une soucoupe volante aurait été aperçue dans la soirée, par des habitants à proximité du bois de Foucancourt-en-Santerre.

Quel crédit faut il accorder à ces nouvelles affirmations?

(Le Courrier Picard, 9 septembre 1954, page 2)

Les autres journaux répercutent l'information du Courrier Picard.

Le 9 septembre, différents journaux vont reprendre les informations du Courrier Picard du 8 septembre en les résumant plus ou moins.

Le Nouveau Nord Maritime copie tout simplement le texte de l'article, en le faisant précéder de On lit dans « le Courrier Picard ».

La Voix du Nord, en reprend le texte en le raccourcissant un peu:

Une soucoupe volante
s'est elle posée
près d'Amiens?

Deux maçons l'affirment
avec une troublante précision

Selon les dires de deux ouvriers, un engin mystérieux se serait, mardi matin, envolé d'un champ bordant la route qui relie Harponville à Contay, dans les environs d'Amiens.

Ayant quitté son domicile à bicyclette, pour se rendre à son travail à La Houssoye, M. Emile Renard, 27 ans, artisan maçon, demeurant route de Doullens à Acheux en Amiénois, était accompagné de son ouvrier, M. Yves de Gillaboz, 23 ans, demeurant route de Bertrancourt dans la même localité.

DANS UN CHAMP

Les deux cyclistes avaient traversé Harponville et se dirigeaient vers Contay, lorsque leur attention fut attirée par un gros engin, posé dans un champ à environ 200 mètres sur la droite de la route

« On aurait dit une meule non terminée, déclarent-ils. Et le dessus quelque peu arrondi ressemblait à une assiette retournée »

Intrigués, les deux hommes sautèrent de leur machine, et en courant s'engagèrent dans les champs en direction de l'engin de couleur grise, qui pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre.

Il oscillait quelque peu, mais ne faisait aucun bruit, et sur sa paroi on distinguait une sorte de porte fermée plus large que haute.

L'ENGIN DISPARAIT

« Cependant, déclare M. Renard, alors que précédant mon compagnon, j'avais parcouru une cinquantaine de mètres, je vis l'appareil s'éléver en diagonale, tandis qu'une fumée s'échappait par une sorte de tuyau placé dans sa partie basse. A une quinzaine de mètres de hauteur, l'engin poursuivit son ascension en verticale et plus rapidement. »

Et il finit par disparaitre aux yeux des deux hommes qui, médusés, se demandaient à quel phénomène ils venaient d'assister.

A la gendarmerie d'Acheux-en-Amiénois, où les deux hommes ont été longuement et séparément interrogés, on garde le silence le plus complet, se gardant d'infirmer ou de confirmer ce qui demeure pour tous un mystère.

MM. Renard et de Gillaboz ont été également conduits à l'endroit où ils avaient aperçu l'appareil. Mais là, aucune trace n'a été relevée sur le sol.

(La Voix du Nord, 9 septembre 1954, page 3)

Nord Matin et Le Journal du Pas de Calais et de la Somme, donnent le même texte que La Voix du Nord. LA CROIX DU NORD raccourcit davantage le texte:

Un maçon et son ouvrier
affirment avoir vu
une soucoupe volante
dans un champ

Un maçon, M. Emile Renard, 27 ans, et son ouvrier, M. Yves De Gillebez, 23 ans, affirment avoir vu dans un champ, à environ 200 mètres de la route, prés d'Acheux-en-Amiénois, un engin ressemblant à une meule tronquée, sur laquelle aurait été posée une sorte de grande assiette retournée.

Les deux hommes, qui circulaient à bicyclette. ont déclaré avoir alors sauté de leur machine et couru en direction de l'engin, qui, disent-ils, était de couleur grise et d'un diamètre d'une dizaine de mètres approximativement. Il oscillait légèrement et sur la paroi on distingait une sorte de porte fermée. L'appareil n'émettait aucun son.

Toujours, selon le récit de MM. Renard et De Gillabez, l'engin s'envola alors qu'ils avaient déjà parcouru une cinquantaine de mètres. Une fumée s'échappait d'une sorte de tuyau placé à sa partie inférieure. Après un vol oblique d'une quinzaine de mètres, l'appareil prtit la verticale et disparut.

Les deux hommes ont été interrogés à la Gendarmerie d'Acheux-en-Amiénois, puis conduits à l'endroit où ils affirmaient avoir aperçu l'appareil. Aucune trace n'a été relevée sur le sol.

(LA CROIX DU NORD, 9 septembre 1954, page 1)

Le Parisien libéré raccourcit encore plus:

DEUX HABITANTS DE LA SOMME DÉCLARENT AVOIR VU
UNE SOUCOUPE VOLANTE POSÉE DANS UN CHAMP

AMIENS, 8 septembre; (de notre corr. part.)

Deux habitants d'ACHEUX-en-AMIENOIS, M. Emile RENARD, artisan maçon, et son ouvrier, M. Yves de GILLABOZ, sont formels dans leur déclarations: Ils ont vu, entre HARPONVILLE et CONTAY (SOMME), une soucoupe volante posée dans un champ à 200 mètres environ de la route qu'ils empruntaient pour se rendre à leur travail.

- On aurait dit une meule qui n'était pas terminée, déclare M. Renard.

- Oui, et le dessus était quelque peu arrondi et ressemblait à une assiette retournée, ajoute son ouvrier.

Les deux hommes s'approchèrent jusqu'à 50 mètres environ de l'engin, d'une couleur gris fer, qui pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre.

Soudain l'appareil s'éléva en diagonale cependant que de la fumée s'échappait par une sorte de tuyau placé dans la partie basse de l'engin. A 15 mètres de hauteur, cecui-ci abandonna la diagonale pour poursuivre une ascension verticale et beaucoup plus rapide, puis il disparut à l'horizon.

(LE PARISIEN LIBERE, 9 septembre 1954, page 7)

Donc, ce 9 septembre, les différents journaux ne font que reproduire, en les recopiant plus ou moins partiellement, les informations du Courrier Picard, dont les journalistes étaient alors les seuls à avoir été interroger les témoins.

Mais ce même 9 septembre, les journalistes de l'hebdomadaire SEMAINE DU NORD vont faire mieux: ils vont aller enquêter sur les lieux de l'observation, et en prendre des photos. Leurs investigations vont nous être précieuses.

La soucoupe du bois de Foucancourt-en-Santerre est de moins en moins crédible:

Des "soucoupes volantes" dans le ciel picard?
L'enquête ouverte à Estrées-Deniécourt
se heurte à la "loi du silence"

Ainsi que nous le relations, hier, la charmante commune d'Estrées-Deniècourt, à la suite de « déclarations dignes de foi », selon l'expression consacrée, se trouvait en émoi, dans la soirée de mercredi car, parait-il, une foule de personnes avaient remarqué, dans un bois, sur le chemin de Soyécourt, entre les localités d'Estrées-Deniècourt et de Foucancourt-en-Santerre, la présence d'une soucoupe volante.

Sous le manteau d'abord, publiquement ensuite, les affirmations des uns et des autres s'étaient rapidement répandues, même jusque dans la commune d'Assevillers, où un habitant du lieu, ouvrier agricole à la briqueterie de Villers-Carbonnel avait « poussé l'audace » jusquà toucher du doigt le curieux engin.

L'enquête officielle provoquée par la rumeur publique d'abord et notre article ensuite, semble avoir momentanément paralysé la langue des « privilégiés » qui approchèrent « l'étrange corps lumineux ».

En effet, y compris une équipe amiénoise de monteurs en électricité, travaillant à proximité de « l'aire d'atterrissage », tous les témoins oculaires de l'étrange phénomène n'ont conservé de l'engin martien qu'une vision très fugitive et sont incapables de donner à défaut de dimensions, mêmes approximatives, une idée très vague de ce « vaisseau aérien... fantôme".

(Le Courrier Picard, 10 septembre 1954, page 2)

Le Parisien libéré mélange les cas d'Harponville et de Quarouble.

La soucoupe décolle d'abord à la vitesse d'un hélicoptère puis l'accélération devient vertigineuse

AMIENS,13 septembre.- "Le PARISIEN LIBERE" a présenté, hier, l'extraordinaire récit de M. Marius DEWILDE, de QUAROUBLE, près de VALENCIENNES, qui assure avoir aperçu une soucoupe volante et deux petits êtres mystérieux.

Cette scène, rappelons-le, s'est déroulée le vendredi 10 septembre vers 22 h 15. Aujourd'hui, voici le récit de deux habitants, MM. Emile RENARD et Yves de GILLABOZ, d'ACHEUX-en-AMIENOIS, qui, comme nous l'avions déja précisé succinctement, affirment avoir vu, eux aussi, une soucoupe volante.

Cette aventure, qui s'est passée à 90 Kilomètres à vol d'oiseau de VALENCIENNES, remonte au mardi 7 septembre, vers 7 h 15 du matin. L'engin semblait arrêté à quelques centimètres du sol, dans un chaume, à 200 mètres de la route départementale qui va de HARPONVILLE à CONTAY.

Les deux témoins sont fort honorablement connus et très estimés à ACHEUX-en-AMIENOIS où ils demeurent. C'est là que, séparément, ils nous ont conté l'évènement, tout omme, séparément, ils ont croqué, pour nous, les lignes générales de la soucoupe que nous reproduisons. Mais avant de leur donner la parole, présentons-les succinctement.

M. Emile RENARD a 27 ans. Il est patron maçon, marié et père de quatre enfants. Natif d'ACHEUX, c'est nous a-t-on dit de toutes parts, un travailleur acharné. Et lui-même est le premier à manifester son impatience au sujet de la soucoupe volante.

- Depuis une semaine, nous dit-il, je gaspille la moitié de mes journées à raconter cette histoire. J'en ai assez, croyez le. Ce n'est pas cela qui nourrit mes enfants!

Quant à Yves de GUILLERBOZ, il travaille comme manoeuvre avec M. RENARD depuis un an. C'est un solide garçon de 23 ans respirant la santé et qui, pas plus que son patron, ne semble avoir envie de plaisanter.

Une curieuse "meule"

Nous les avons interrogés et leur récit, comme le dessin qu'ils nous on fait chacun de la soucoupe, concordent parfaitement comme le tout concorde sur bien des points avec la vision de M. DEWILDE.

- Au lieu d'utiliser la camionnette dont le moteur avait besoin d'une réfection, nous a expliqué M.RENARD, mon commis et moi étions partis à bicyclette pour nous rendre à notre travail chez le garde champêtre de la commune de la HOUSSOYE. Soudain, entre HARPONVILLE et CONTAY, le pneu du vélo de GUILLERBOZ se dégonfla. Je m'arrêtai pour lui passer ma pompe et mes yeux furent attirés par une sorte de disque, à 250 mètres de nous, dans un champ.

« Regarde, dis-je à mon commis, en voilà une meule qui a une drôle de couleur

« Mais tout occupé à gonfler, il ne répondit pas. Intrigué je continuai à détailler l'objet lorsque je m'aperçus que celui-ci, tout en remuant par rapport au sol, était secoué par un léger balancement, sorte d'oscillation autour d'un axe imaginaire.

« Mais regarde, regarde donc, ce n'est pas une meule ! hurlai-je à mon compagnon.

« Et tous deux, pris par je ne sais quel pressentiment, nous nous précipitâmes à travers champs pour nous approcher de l'engin mystérieux. Il nous fallait traverser, après une première friche, un champ de betteraves. A peine avions-nous commencé à courir à travers celui-ci que la soucoupe, car maintenant pour nous, nous en étions sûr, c'en était une, décolla en-biais pendant une quinzaine de mètres pour ensuite monter verticalement.

Envergure de l'appareil: une dizaine de mètres

Tout comme son patron, M. GUlLLERBOZ nous a precisé que l'engin avait une dizaine de mètres d'envergure sur trois environ de hauteur.

Il était d'une couleur gris-bleuté mais ne brillait pas, nous a-t-il spécifié.

Tous deux enfin affirment que la soucoupe est partie sans faire le moindre bruit. Contrairement à M. DEWILDE, de QUAROUBLE, ils n'ont senti aucun déplacement d'air. ll est vrai qu'ils n'ont pas réussi à approcher la machine à moins de 150 mètres. Mais, d'après ces témoins, cette soucoupe-là aussi avait à l'arrière une sorte de tuyau d'échappement d'où est sorti de la fumée au moment du décollage.

Très troublés, par cette vision qui avait duré au moins trois minutes, car l'engin mit un certain temps avant de disparaitre dans les nuages, MM. RENARD et GUILLERBOZ racontèrent leur aventure au garde-champêtre de La HOUSSAYE. C'est celui-ci qui insista pour que la déclaration en soit faite à la gendarmerie de CORBIE.

Les gendarmes vinrent sur place ainsi que des spécialistes de l'aéronautique. lls ont longuement enquêté mais on n'a retrouvé aucune trace du passage de la soucoupe dans le champ. Il semble que celle-ci, qui, comme les témoins l'ont précisé, a toujours été agitée de légers balancements, ne s'est pas posée mais a fait du sur-place comme un hélicoptère.

Enfin,dernier point de comparaison entre la soucoupe de QUAROUBLE et celle d'ACHEUX-en-AMIENOIS, le décollage s'est accompli d'abord de biais et ensuite à la verticale. Au départ, pendant les premiers mètres, les témoins sont d'accord pour préciser que l'ascension s'est faite à peu près à la même vitesse que celle d'un hélicoptère. C'est par la suite que l'accélération devint vertigineuse.

(LE PARISIEN LIBERE, 14 septembre 1954, page 9)

Note: Il y a des informations nouvelles par rapport à celles du Courrier Picard, et d'autres tout à fait fausses, dans cet article qui mélange les cas d'Harponville et de Quarouble. Il est exact que les témoins étaient partis à vélo, au lieu d'utiliser une camionnette, et qu'ils durent s'arréter à cause d'un pneu dégonflé. Mais aucun spécialiste de l'aéronautique n'est venu sur place, et l'engin n'est pas parti, comme à Quarouble à une vitesse vertigineuse: au contraire, les témoins disent bien qu'ils ont pu l'observer au moins 3 minutes (quelques minutes d'après Le Courrier Picard, et jusqu'à 5 minutes d'après le rapport de gendarmerie). Cette durée s'accorde d'ailleurs bien avec l'hypothèse d'un hélicoptère, que LE PARISIEN LIBERE semble le premier à mentionner. On peut aussi s'étonner que M. Yves de GILLABOZ devient ensuite M. GUlLLERBOZ. Ces informations ont tout l'air de venir indirectement d'une source qui n'est pas précisée.

C'est malheureusement qur cet article que va se baser Aimé Michel, suivi par Michel Carrouges, et jusqu'à Michel Figuet.

La revue SEMAINE DU NORD publie ses résultats.

[Couverture]

Beaucoup de choses sont exactes dans ce dessin de couverture: L'habillement des témoins, l'aspect du ciel, le paysage, le fait que M. Renard ait été plus près de l'objet, l'inquiétude de M. De Gillaboz, et même quelques détails de l'engin: dessus comme une assiette retournée, porte latérale et tuyau d'échappement.

Mais il y a tout de même quelque chose de grossièrement faux: L'objet ne planait pas au dessus de M.Renard, et était nettement plus loin et plus bas sur l'horizon. Mais la couverture est là pour faire vendre, n'est ce pas?

Nous aurons l'occasion d'étudier les photos dans l'analyse finale. Le texte, lui, nous raconte l'affaire d'une façon très vivante, et nous donne quelques détails que ne donnait pas Le Courrier Picard, comme le fait que les deux maçons faisaient d'habitude le trajet dans une camionnette B-12, mais que ce jour là, ils étaient à vélo.

EN quatre jours, du 7 au 11 septembre, deux maçons picards et un ouvrier métallurgiste de Quarouble ont ajouté deux nouveaux chapitres à la fabuleuse histoire des soucoupes volantes. Les similitudes que présentent leurs déclarations, à quelques jours d'intervalle, sont particulièrement troublantes. Des témoignages dignes de foi, recueillis depuis, sont venus confirmer les dépositions. A Quarouble, pour la première fois, des traces suspectes ont été relevées. Les services officiels prennent l'affaire au sérieux: trois inspecteurs de la Police de l'Air ont enquêté pendant 48 heures dans le Valenciennois, et la gendarmerie d'Amiens possède désormais un dossier « soucoupes » où figurent les rapports de ses enquêteurs et les dépositions signées d'Emile Renard, 28 ans, artisan-maçon, rue de Louvancourt à Acheux-en-Amiénois, et de son ouvrier, Yves de Gillaboz, 23 ans, rue de Bertrancourt.

L'aventure que racontent les deux Picards se déroule le 7 septembre à 7 h. 15. Le ciel gris et brouillasseux donne à la campagne une couleur de roman d'anticipation. Sur la route, entre Harponville et Contay, deux hommes pédalent en silence, leur sac d'outils sur le dos. Ils peinent dans la côte, en maudissant la panne qui les prive depuis la veille de leur solide B-12. Au sommet du raidillon, Emile Renard cesse brusquement de pédaler. Son doigt désigne, au-delà des meules, à 1.500 mètres, un bosquet:

- Drôle de meule ! Tu la vois?

Son camarade hausse les épaules. Il s'intéresse beaucoup plus à l'inquiétante agonie de son pneu arrière. Effectivement, un kilomètre plus loin, la chambre à air rend le dernier soupir. Les deux maçons mettent pied à terre. Yves de Gillaboz répare en maugréant. Son patron attend, les mains sur les hanches. Soudain, en tendant à son ouvrier la pompe de sa bicyclette, Emile Renard éprouve à nouveau un curieux sentiment de malaise. Ses yeux fixent la meule aux formes étranges repérée du haut de la côte. Elle n'a pas la couleur mordorée que les paysans connaissent bien. Elle est grise, d'un gris mat et sale. Et elle bouge... Elle oscille sur sa base.

- Comme une assiette retournée jetée négligemment sur une table, dira plus tard Yves de Gillaboz.

Le premier moment de stupéfaction passé, Emile Renard n'hésite pas une seconde: « Bon sang, c‘est pas une meule, ça ! Je vais y voir »

L'ouvrier, lui, n'est pas rassuré. Impressionné par les légendes qui courent sur les mystérieux engins stellaires, il tente de retenir son patron. Mais Emile Renard est déjà loin. Il avance vers l'étrange objet, à grandes enjambées dans le champ de blé fraîchement moissonné. Yves de Gillaboz s'enhardit, et s'élance à son tour. Emile Renard n'est plus qu'à 150 mètres de l'appareil.

- « Il se balançait toujours, sans bruit, à environ 50 centimètres du sol »

Soudain, alors que le patron maçon s'engage dans le champ de betteraves qui le sépare encore de son but, l'incroyable se produit. La « chose » s'élève rapidement à la verticale, pendant une quinzaine de mètres. Elle ralentit, puis file vers le nord-ouest, vers Toutancourt, après avoir survolé le bosquet tout proche. Elle disparaît dans le brouillard. Sur la lisière du champ de betteraves, Emile Renard, bouleversé, s'est immobilisé. Incapable de rononcer une seule parole, il sort de sa torpeur sur une bourrade de son ouvrier qui l'a rejoint, tremblant de peur. Lentement, les deux hommes, toujours silencieux. regagne la route.

Trois heures d'interrogatoire

Telle est l'extraordinaire aventure qu'affirment avoir vécue Emile Renard et Yves de Gillaboz. Ce n'est pas une histoire qu'ils racontent, devant un litron de rouge, pour épater leurs amis. Dès le mardi midi, ils sont allés, de leur plein gré, exposer les faits aux gendarmes de Corbie.

On aurait mieux fait de rien dire ! soupire cependant Yves de Gillaboz. En effet, les gendarmes, fonctionnaires consciencieux, n'ont pas souri. Ils ont téléphoné au commandant départemental, à Amiens. Une heure plus tard, les deux héros du jour étaient reçus par l'état-major de la gendarmerie picarde. Ils rentrèrent chez eux à la tombée de la nuit. Ils venaient de subir chacun, separément, près de trois heures d'interrogatoire.

- De quoi vous dégoûter à jamais des soucoupes volantes, nous lancent-ils du haut de l'échafaudage où nous les avons surpris le surlendemain à Bouzincourt. « Et qui est-ce qui nous dédommagera des heures de travail perdues? »

Ils en perdront sans doute bien d'autres si, comme on le dit, ils doivent être entendus par les spécialistes qui se penchent depuis quelques années sur le mystère des soucoupes. De leur côté, les gendarmes ont pu établir que les récits des deux hommes concordaient parfaitement, jusque dans les moindres détails. Ils ont appris, par leurs collègues d'Acheux, que Renard et Gilleboz étaient bien considérés, sobres et travailleurs. Ils sont allés, avec eux, sur les lieux de l'apparition, mais aucune trace n'a pu encore être relevée. Ils sont allés, aussi, à Estrée-Deniécourt, près de Péronne, où des habitants prétendaient avoir aperçu un engin, mercredi soir. Mais leur arrivée a paralysé les langues, et il est probable qu'il s'agissait de fumistes inspirés par l'affaire d'Acheux.

«Cette chose n'était pas posée sur le sol»

Emile Renard et Yves de Gillaboz nous ont accompagnés, jusque sur le champ d'où se serait envolé le mystérieux engin.

- En me rapprochant, je ne le quittais pas des yeux, nous dit Emile Renard. On aurait dit une meule qui n'était pas terminée. Ça avait une dizaine de mètres de diamètre, sur trois mètres environ de hauteur...

- L'engin tournait-il sur lui-même, comme un disque?

- Non, il oscillait sur sa base, mais il ne tournait pas, puisque j'ai nettement aperçu, sur la gauche de la paroi qui nous faisait face, une sorte de porte plus large que haute. Mais elle était fermée.

- Tout de même, cela semble incroyable que l'engin n'ait laissé aucune trace, et n'ait fait aucun bruit en s'enfuyant

L'artisan maçon crispe ses lèvres volontaires et s'écrie:

- Que voulez-vous? Je ne peux pas vous dire ce que je n'ai pas vu ou entendu ! Moi je pense que cette chose n'était pas posée sur le sol. Je vous signale aussi que j'ai remarqué qu'une légère fumée s'échappait par une sorte de tuyau placé dans sa partie basse.

- Moi aussi, je l'ai vu, confirme Yves de Gilleboz qui poursuit, inquiet: « Vous croyez_ qu'il y avait quelqu'un dedans vous? »

Le patron, lui, voulait en avoir le coeur net: « J'étais intrigué au plus haut point. Et si l'appareil ne s'était pas envolé, j'aurais essayé de me rendre compte de ce qui se passait à l'intérieur. Comment? Je ne sais pas...

Hallucination collective? Les deux hommes n'ont pas du tout le genre visionnaire. Ils ne connaissent rien de la littérature fantastique, et le film « La Guerre des Mondes » n'est pas encore distribué dans cette région. Soucoupe volante ou engin secret d'une nation inconnue? Le mystère est sans doute loin d'être élucidé.

- Tout ça, c'est trop compliqué pour moi ! nous a dit Emile Renard. Je ne suis pas un savant.

- Moi, en tous cas, ça ne me dit rien de bon, conclut Yves de Gillaboz. Cette sacrée soucoupe me fait perdre mon temps. Et mon sommeil: je ne sais plus dormir le soir...

Mais le jour même où les habitants d'Origny-en-Tiérache venaient décrire à la gendarmerie un engin lumineux qu'ils avaient vu passer, le 7 septembre - description qui confirme la déposition des deux maçons - l'actualité rebondissait dans la salle de commissariat d'un village du Valenciennois où, en pleine nuit, un homme terrifié, vint raconter une nouvelle et non moins extraordinaire aventure...

Note: En fait l'affaire d'Origny est hors sujet, car non seulement elle a eu lieu le 8, vers 0 h 30, mais c'était probablement la lune.

(SEMAINE DU NORD Magazine, 16 septembre 1954, page 12-13)

De nouvelles informations sur la soucoupe du bois de Foucancourt-en-Santerre lui font boire définitivement la tasse:

LA SOUCOUPE VOLANTE
D'ESTREES-DENIECOURT

Le 8 septembre dernier, le village d'Estrèes-Deniècourt était mis en émoi: plusieurs électriciens d'une compagnie amiénoise assuraient qu'une soucoupe s'était posée près d‘un bois, à 600 mètres à peine de la route Paris - Saint-Quentin.

La plupart des habitants demeurèrent sagement chez eux. Les plus hardis et les plus curieux se rendirent au lieu indiqué ; la gendarmerie même fut alertée, et ne remarqua aucune trace de la fameuse soucoupe, mais des invraisemblances dans les assertions des électriciens.

Finalement, l'un de ceux-ci convenait:

- Tout ceci n'est pas vrai: il n‘y a pas eu de soucoupe volante à Estrèes-Deniècourt. Nous avons inventé cette histoire pour faire marcher la population mais nous n'avons pas cru que l'affaire prendrait tant d'importance.

ll fut alors établi que c'est Serge Grimbert, 20 ans, 43, rue Rembault, à Amiens, qui avait lancé le « bobard »: il le reconnut volontiers. Avec lui passèrent des aveux ses camarades Christian Coulevern, 24 ans, demeurant 29, rue de Job, à Amiens, Roland Gourguechon, 22 ans, 31, rue Bazin, à Doullens et René Cléret. 20 ans, 40, rue de l'Abreuvoir, à Albert.

En pareille circonstance, les gendarmes ont cru devoir dresser un procès-verbal qui a été transmis au Parquet du procureur de la Republique a Amiens. Les magistrats décideront-ils de poursuivre les jeunes gens qui « firent marcher » tout le monde? Nous le saurons bientôt. Mais un fait est certain: aucune soucoupe volante ne n'est posée à Estrèes-Deniècourt, mais une soucoupe même imaginaire peut coùter cher.

(LA VOIX DU NORD, édition Artois-Somme, 17 septembre 1954, page 5)

Note: Déja suspecte le 10 septembre, cette affaire est déinitivement enterrée le 17, et pourtant elle sera utilisée comme renfort par Jimmy Guieu, Aimé Michel, Michel Carrouges et Charles Garreau.

Radar montre les témoins "in situ".

Les journalistes de Radar, sont allé sur les lieux avec les témoins. Hélas, au lieu, comme SEMAINE DU NORD, de photographier le paysage dans lequel l'engin aurait été visible, ils ont photographié les témoins dans l'une des deux attitudes réglementaires. Ici c'est: "il était dans cette direction" (l'autre, avec les deux bras étendus est "il était grand comme ça"). Nous ne sommes guère plus avancés, d'autant qu'il semble que les témoins aient exagéré la hauteur angulaire de l'engin.

AMIENS. Yves de Gillaboz (à g.) et Emile Renard montrent du doigt la direction prise par la soucoupe volante qu'ils ont surprise à l'atterrissage. En se rendant à leur travail, ils ont vu, dans un champ, au bord de la route, une grosse coupole, en forme d'assiette creuse retournée. Ils coururent vers elle. Ils en distinguèrent aisément la couleur: « gris sale » assurent ils, et les dimensions: 10 mètres sur 3. Elle oscillait sur sa base mais n'émettait aucun son. Sur la paroi, une porte fermée, plus large que haute. Bien avant qu'ils aient pu s'en approcher, l'appareil s'éleva en diagonale tandis qu'une épaisse fumée noire s'échappait d'un tuyau fixé à sa partie inférieure. Il monta ainsi jusqu'à 15 mètres et se mit alors à la verticale. Son allure s'accéléra notablement. Les deux hommes, éberlués, le suivirent un moment des yeux. La gendarmerie, alertée, n'a relevé aucune trace suspecte sur les lieux indiqués. Mais le sérieux des deux personnages ne fait pas question. D'autre part, près d'Hirson, M. Robert Chovel et sa famille ont vu, en pleine nuit, un disque lumineux qui ressemble à la soucoupe d'Amiens.

(Radar, 26 septembre 1954, page 3)

Les journaux parus ultérieurement ne nous apprennent plus rien sur l'observation d'Harponville. Plusieurs journaux s'étaient contentés de recopier la dépèche de l'Agence Centrale de Presse (A.C.P) du 8 septembre, qui reprenait les informations du Courrier Picard.

Les seules investigations sûres sont celles du Courrier Picard, faites le 7 au soir, et de SEMAINE DU NORD, faites le 9.

Mais il y a aussi celles des gendarmes, faites le 7 dans l'après midi, mais dont on aura connaissance que bien plus tard.

[Note PG: Suite une transcription du rapport des gendarmes, que je ne reprends pas ici, disponible en haut de mon dossier.]

Les ufologues entrent en scène.

A partir de 1956, les ufologues vont raçonter l'histoire à leur façon, aucun d'entre eux n'ayant lu, ni Le Courrier Picard, ni SEMAINE DU NORD.

Jimmy Guieu cafouille et dédouble le cas:

Le 8 août 1954, près d'Acheux-en-Amiénois, un maçon, M. Emile Renard et son ouvrier, M. Yves Degillabez, virent une soucoupe posée dans un champ. Les deux hommes coururent en direction de l'engin dont la forme rappelait « une meule de foin tronquée recouverte d'une immense assiette retournée ». L'appareil oscillait légèrement (preuve qu'il n'était pas posé) et sur la paroi on distinguait une « porte ». Alors que les témoins s'approchaient, une fumée s'échappa de la partie inférieure de la soucoupe qui prit alors son vol et disparut. Les gendarmes qui ouvrirent une enquête ne relevèrent aucune trace à l'endroit indiqué par les deux maçons.

Ce détail n'a rien de surprenant du fait que l'appareil ne reposait pas sur le sol et « oscillait légèrement ».

Cette information, qui fit sourire les sceptiques, n'était qu'un avant-goût de la plus fantastique série d'atterrissages qui ait jamais été enregistrée!

Note: Jimmy Guieu se trompe d'un mois, et surtout dédouble le cas.

( Jimmy Guieu, Black Out sur les Soucoupes Volantes, Fleuve Noir 1956, page 68)

Le 7 septembre, dans la matinée, une soucoupe volante atterrit dans un champ aux environs d'Amiens, entre Harponville et Contay.

M. Emile Renard, 27 ans, maçon, et son ouvrier, M. Yves Gillabez, 23 ans, affirment en eflet avoir vu dans un champ, à environ 200 mètres de la route près d'Acheux-en-Amiénois, un engin ressemblant à une meule tronquée sur laquelle aurait été posée une sorte de grande assiette retournée. Les deux hommes, qui circulaient à bicyclette, sautèrent de leur machine et coururent en direction de l'engin qui était de couleur grise et d'un diamètre d'une dizaine de mètres environ. Il oscillait légèrement (donc, il ne reposait pas sur le sol) et, sur sa paroi, se distinguait une sorte d'écoutille fermée.

- Cependant, déclara M. Renard, alors que précédant mon compagnon, j'avais parcouru une cinquantaine de mètres, je vis l'appareil s'élever en diagonale, tandis qu'une fumée s'échappait par une sorte de « tuyau » placé dans sa partie basse. Puis, à une quinzaine de mètres de hauteur, l'engin poursuivit son ascension à la verticale et disparut rapidement. Yves et moi, nous pensions rêver ! »

Interrogés séparément par la gendarmerie d'Acheux-en-Amiénois, les deux hommes ont fait exactement le même récit et donné les mêmes détails.

Note [par Dominique Caudron]: C'est à la gendarmerie d'Amiens que les témoins furent interrogés séparément.

Sur place, les gendarmes s'étonnèrent de ne trouver aucune trace de la soucoupe. Cela n'a pourtant rien de surprenant puisque les témoins précisèrent que l'appareil « oscillait légèrement », ce qui prouve évidemment qu'il ne touchait pas le sol !

Toutefois, venant ainsi confirmer la présence de l'astronef dans la région, de nombreux habitants de l'arrondissement de Péronne signalèrent qu'ils avaient aperçu, à l'heure indiquée par les deux témoins, au-dessus du bois de Foucancourt-en-Santerre, un engin dont le signalement correspond exactement à celui fourni par MM. Renard et Gillabez.

Note: Jimmy Guieu considèrent systématiquement que les OVNIs sont des astronefs. Ici, il joue de malchance, non seulement cette seconde observation aurait eu lieu le lendemain soir, mais on apprit bientôt que la soucoupe du bois de Foucancourt-en-Santerre, n'était qu'un canular inspiré de l'observation d'Acheux.

(Jimmy Guieu, Black Out sur les Soucoupes Volantes, Fleuve Noir 1956, page 107)

Aimé Michel reprend les informations du Parisien libéré, et les fait confirmer par le canular des électriciens.

L'« atterrissage » de Contay. La région où se situe cet incident est l'Amiénois, moins de 200 kilomètres au nord de Paris.

Vers 7 h 15 du matin, deux maçons d'Acheux-en-Amiénois, MM. Emile Renard, vingt-sept ans, et son ouvrier, Yves Degillerboz, vingt-trois ans, se rendaient à leur travail à bicyclette lorsque, entre Harponville et Contay, sur la départementale 47, ils purent contempler un spectacle surprenant.

Voici leur récit, tel qu'il résulte du rapport établi par la gendarmerie. Soulignons que les deux hommes ont été interrogés séparément par la police et par les autorités militaires d'Amiens, que les deux récits sont rigoureusement concordants, et que tous les détails rapportés par chacun d'eux se confirment l'un l'autre.

Au lieu de prendre comme d'habitude la camionnette dont le moteur devait être revisé, mon ouvrier et moi étions partis à bicyclette, raconte M. Renard. Nous devions aller travailler chez le garde champêtre de la commune de Lahoussoye. Soudain, entre Harponville et Contay, un pneu de la bicyclette de Degillerboz se dégonfla. Je stoppai pour lui prêter ma pompe, et mes yeux furent attirés par une sorte de disque, à 200 mètres de nous, dans un champ. On aurait dit une meule non terminée, et dont le dessus aurait été coiffé par une assiette retournée.

« - Regarde, dis-je à mon ouvrier, ne trouves-tu pas que cette meule a une curieuse couleur?

« Intrigué, j'examinais l'objet, lorsque je m'aperçus que celui-ci se déplaçait légèrement avec un balancement à peine perceptible, comme une oscillation.

« - Mais regarde ! Regarde donc! Ce n'est pas une meule ! criai-je à mon compagnon.

« Alors, nous nous précipitâmes tous deux à travers champs vers le mystérieux objet. Nous devions, pour l'atteindre, traverser une friche, puis un champ de betteraves. A peine avions-nous atteint celui-ci que l'objet décolla en biais, fila ainsi en diagonale sur une quinzaine de mètres, puis se mit à monter verticalement. En tout, la vision dura peut-être trois minutes, après quoi l'objet disparut dans les nuages.

« L'objet s'est envolé sans bruit, en lâchant sur la droite, par-dessous, une petite fumée. Il était de couleur gris bleuté. Il pouvait avoir une dizaine de mètres de diamètre sur trois mètres de hauteur environ, et, comme je l'ai dit, ressemblait à une assiette renversée. Sur la gauche, en bas, on pouvait voir une espèce de plaque plus large que haute, comme une porte. Il était à environ 150 mètres de nous au moment de l'envol. C'est le garde champêtre de Lahoussoye qui a insisté pour que nous rapportions notre observation à la gendarmerie de Corbie. »

Ayant reçu cette double déposition, la gendarmerie se rendit sur les lieux en même temps que les spécialistes de l'aéronautique.

Note [Par Dominique Caudron]: Mais ce n'est pas la gendarmerie de Corbie, qui se déplaça, mais celle d'Amiens, prévenu par celle de Corbie. Et les spécialistes de l'aéronautique ne sortent que du Parisien Libéré, qui a confondu cette affaire avec celle de Quarouble.

Elle ne découvrit aucune trace autre que celles des deux hommes, ce qui, d'ailleurs, dans l'hypothèse d'un engin, s'explique fort bien, puisque les témoins l'ont vu osciller: il ne touchait donc pas le sol.

Devant un tel récit, fait par deux hommes qui se connaissaient bien et qui se trouvaient ensemble au moment de l'incident supposé, la gendarmerie pensa d'abord qu'il s'agissait d'une plaisanterie, d'un coup monté par deux jeunes gens facétieux.

Note [Par Dominique Caudron]: Le rapport de gendarmerie montre au contraire que le capitaine pensait que les deux témoins n'étaient pas des mystificateurs.

L'affaire ne fut donc pas ébruitée: les premiers journaux qui en parlent sont Le Figaro, Paris-Presse et France-Soir du 9 septembre.

Note [Par Dominique Caudron]: Le premier journal à en parler fut Le Courrier Picard du 8, sans lequel les journaux cités n'auraient rien su.

Or, pendant cette même journée du 7 septembre, alors que le nombre des personnes au courant n'excédait guère la dizaine, toutes groupées, de nombreux habitants de l'arrondissement de Péronne, dans plusieurs villages répartis sur un diamètre de 30 kilomètres, rapportèrent qu'ils avaient aperçu un objet survolant le bois de Foucaucourt-en-Santerre. Et le signalement qu'ils en donnaient correspondait exactement de l'un à l'autre et avec le récit des deux maçons: même heure, mêmes détails, mêmes dimensions, même couleur, etc.

Note: Il n'y a rien de vrai. Ce ne fut pas le 7, mais le 8 au soir. Les prétendus témoins s'étalaient plutôt sur 3 killomètres que sur 30. L'objet aurait été vu au sol, et non au dessus du bois. Il n'aurait pas eu le même aspect gris sale, mais aurait été lumineux, et surtout, il n'avait jamais existé, puisque c'était un canular.

(Aimé Michel, Mystérieux Objets Célestes, Arthaud 1958, p. 49-51)

Michel Carrouges fait confiance à Aimé Michel.

Deux ans plus tard, le 7 septembre 1954, éclate le premier incident de la grande série.

A 7 h 15, M. Emile Renard, 27 ans, et M. Yves Degillerboz, 23 ans, un maçon et son compagnon, roulent en bicyclette sur la route entre Harponville et Contay (Somme), pour se rendre au chantier.

Il fait grand jour.

Soudain, Degillerboz s'aperçoit qu'un de ses pneus s'est dégonf1é. Les deux hommes s'arrêtent et, pendant que Degillerboz s'occupe de regonfler son pneu, Renard oisif regarde machinalement le paysage. C'est alors qu'intervient le plus grand imprévu sous une forme qui semble d'abord anodine:

« Mes yeux, raconte M. Renard, furent attirés par une sorte de disque, à 250 m de nous, dans un champ.

« - Regarde, dis-je à mon commis, en voilà une meule qui a une drôle de couleur !

« Tout occupé à gonfler, il ne me répondit pas.

« - Mais regarde, regarde donc, ce n'est pas une meule! hurlai-je à mon compagnon.

« Et tous deux, pris par je ne sais quel pressentiment, nous nous précipitâmes à travers champs pour nous approcher de l'engin mystérieux. Il nous fallait traverser après une première friche, un champ de betteraves. A peine avions-nous commencé à courir à travers celui-ci que la soucoupe, car maintenant, pour nous, nous en étions sûrs, c'en était une, décolla en biais pendant une quinzaine de mètres pour monter ensuite verticalement. » (Parisien Libéré, 14-9-54).

M. Degillerboz confirme le récit de M. Renard et ajoute que l'engin gris-bleuté avait une dizaine de mètres d'envergure pour 3 mètres environ de hauteur.

Ils se bornèrent d'abord à raconter l'histoire au garde-champêtre chez lequel ils allaient ; ce fut celui-ci qui insista pour que les deux témoins aillent faire une déposition à la gendarmerie de Corbie. Aimé Michel ajoute qu'à leur tour, après les gendarmes, les journalistes purent constater quel ennui éprouvaient visiblement les deux témoins « d'une publicité qu'ils n'avaient pas cherchée et qu'ils s'eflorçaient de fuir ». (M. II., p. 53).

Ce dernier détail est important, au point de vue psychologique, mais plus importante encore est la manière dont s'amorce l'observation. Renard ne pense pas à une soucoupe volante, il voit d'abord une meule. Pourquoi rêverait-il de soucoupes? Il voit seulement des champs qui sont là autour de lui et, d'emblée, il interprète tout ce qu'il voit en éléments de la vie agricole. Sur cette forme qu'il aperçoit, à 250 m, il plaque d'instinct la notion de meule, parce qu'elle ressemble à une meule.

Au récit que nous avons reproduit, Aimé Michel ajoute cette explication fournie par le même témoin: « On aurait dit une meule non terminée » (M. 11. p. 50)

Mais, cette apparence de meule qui forme la première représentation de l'objet dans l'esprit du témoin reçoit presque aussitôt un premier coup: cette couleur s'accorde mal avec la couleur raisonnablement admise pour les meules. D'où la première exclamation de Renard.

Alors, l'attention aiguisée, il regarde davantage et cette fois, il prend garde à ce nouveau détail: la prétendue meule oscille très légèrement sur le sol. Voilà qui n'est plus compatible avec le paisible objet champêtre qu'il avait supposé.

D'où la seconde exclamation: « Ce n'est pas une meule. » C'est alors qu'emportés par la curiosité, les deux hommes laissent les bicyclettes, bondissent hors de la route et courent à travers champs, sûrs, cette fois, qu'ils ont devant eux, posée au sol, une de ces incroyables soucoupes dont parlent les journaux, mais que personne, sauf quelques illuminés, n'a jamais vu descendre de leurs repaires de nuages et d'étoiles.

Elle est là, dans le champ, mais pas pour longtemps: à l'approche des deux hommes, elle part à toute vitesse.

La preuve est faite que ce n'était pas une meule.

[Note D.C.:] Tant d'arguments pour ça! L'engin n'est pas parti à toute vitesse, et rien ne prouve que ce n'est pas un engin terrestre.

Non moins remarquable est le fait qu'il y a deux témoins dont les déclarations sont concordantes (1)

Au moment où ils sont le plus près de l'objet, ils se trouvent encore à 150 m. (P. L. du 14-9-54). Cette évaluation concorde avec le fait que la route est à 200 m de l'endroit où stationnait l'objet. 150 m, c'est la distance qui sépare les deux extrémités du pont de la Concorde, à Paris. Pas besoin d'être un astronome pour voir une voiture à cette distance et être sûr de sa couleur. A la rigueur, on pourrait hésiter sur la réalité du léger mouvement d'oscillation, mais l'envol qui le complète est une indication décisive.

Il pourrait, il est vrai, s'agir d'un hélicoptère en panne. Mais la soucoupe est partie « sans faire lemoindre bruit » or l'on sait que le bruit est un des aspects les plus gênants du fonctionnement des hélicoptères.

[Note D.C.:] Carrouges ignore que la propagation du son n'est pas isotrope: Elle dépend des gradients de température, surtout le matin et le soir, et peut rendre un bruit audible ou inaudible, pourvu qu'il ne soit pas très proche.

Nul d'ailleurs n'a jamais signalé le moindre hélicoptère comme s'étant posé à l'endroit indiqué.

Nul n'a jamais dit non plus que les hélicoptères en panne se posaient toujours au même endroit.

Soulignons enfin que l'incident s'est passé le matin à 7 h 15. Ce jour-là, 7 septembre, le soleil était levé depuis 5 h 16; il faisait donc grand jour.

[Note D.C.:] Note: En réalité, c'est 5 H 16 en Temps Universel (celui de Greenwich), mais 6 h 16, en temps civil.

(1) L'incident était d'ailleurs corroboré par de nombreux témoignages signalant un objet semblable, durant la même heure, trente km plus loin, à Foncaucourt en Santerre (M. II. p. 51).

Carrouges recopie l'erreur d'Aimé Michel: l'observation de Foncaucourt en Santerre n'était qu'un canular.

(Michel Carrouges, Les apparitions de martiens, Artheme Fayard 1963, page 86-89)

Jacques Vallée résume de façon à peu près exacte.

142) 7 septembre 1954, 7:15. Harponville (France)

Entre cette ville et Contay, deux maçons, Emile Renard (vingt-sept ans) et Yves Degillerboz (vingt-trois ans), ont vu un objet flottant à une certaine hauteur au-dessus d'un champ: « Il ressemblait à une meule de foin inachevée avec une assiette renversée au sommet ». Lorsqu'ils s'approchèrent, il s'envola. Diamètre: dix mètres, hauteur: trois mètres. Une sorte de porte était visible. L'observation dura plus de trois minutes. L'objet lâcha de la fumée en partant (P. 6, M. 35).

P.6: Le Figaro, 9 sept. 1954; M.35: Michel, F.S. and the Straight-line mystéry p.35

Note: C'est De Gillaboz et non Degillerboz. L'objet a été vu osciller légèrement, mais pas vraiment flotter.

(Jacques Vallée , Un siècle d'atterrissage UFO, in Chronique des apparitions extraterrestres, Denoel 1972, page 281)

Charles Garreau prétend citer les renseignements de la gendarmerie.

- Contay (Somme), le 7 septembre 1954, vers 7 h 15. Références: rapport de gendarmerie, dossiers personnels.

Ce matin-là, deux maçons d'Acheux-en-Amienois, Emile Renard, vingt-sept ans, et son ouvrier, Yves Degillerboz, vingt-trois ans, se rendent sur un chantier, à Lahoussoye. Ils roulent à vélo, sur la RD. 47, car la camionnette, dont ils se servent habituellement, est immobilisée pour une révision du moteur.

Entre Harponville et Contay, Yves Degillerboz doit s'arrêter, l'un des pneus de sa bicyclette s'étant dégonflé. Emile Renard met pied à terre lui aussi pour prêter sa pompe à son camarade. Pendant que celui-ci regonfle le pneu défaillant, Emile Renard regarde machinalement le paysage.

« A deux cents mètres de nous, a-t-il raconté aux gendarmes, j'ai aperçu, dans un champ, quelque chose qui m'intrigua. Ça ressemblait une meule inachevée, et coiffée d'une sorte d'assiette retournée. En fixant ce truc, je me suis rendu compte qu'il se déplaçait légèrement avec un imperceptible balancement. J'ai poussé une exclamation de surprise. Yves s'est relevé. Il a vu, lui aussi. Nous nous sommes lancés en courant vers ce mystérieux objet. Il nous fallait traverser une friche, puis un champ de betteraves. Au moment où nous atteignions celui-ci, l'engin a décollé en oblique, sur une quinzaine de mètres, puis il a grimpé verticalement et a disparu dans les nuages. Aucun bruit. Il y a eu comme une petite traînée de fumée. »

Les deux hommes ont eu le temps de bien observer l'engin, dont ils n'étaient plus qu'à 150 mètres environ quand il s'est élevé du sol. Ils en ont fait une assez bonne description aux gendarmes: un disque, ou plus exactement une sorte d'assiette renversée, de couleur gris bleuté, d'une dizaine de mètres de diamètre, et de 3 mètres de haut environ. Sur la gauche de la partie inférieure, ils ont cru voir une sorte de porte.

Note [D.C.:]: Il y a une incohérence avec le passage précédent où l'objet ressemblait à une meule coiffée d'une assiette reournée. Ici, ne n'est plus qu'une assiette retournée, ce qui plus conforme à la mythologie des soucoupes.

Le témoignage des deux maçons a été largement confirmé par de nombreux autres qui, dans un rayon de 15 kilomètres, signalèrent à cette même heure, le survol de la région de Peronne par un objet en tous points identique.

Note: Et encore le canular d'Estrées-Deniécourt, connu de la gendarmerie, et concernant un prétendu objet, non identique, et allégué comme du lendemain, à une heure différente!.

(Charles Garreau, Raymond Lavier, Face aux extraterrestres, Jean Pierre Delarge 1975, p. 189-190)

Michel Figuet n'utilise pas les bonnes sources

07 09 1954 7 h 15 Entre Harponville et Contay 80920 C5, 80920 C4 M52/9, RD47.

TÉMOINS. M. Émile Renard, 27 ans, artisan maçon, habitant Acheux en Amienois. M. Yves de Gillaboz, 23 ans, ouvrier maçon.

OBSERVATION. Disque dans un champ « comme une meule », une assiette retournée d'une dizaine de mètres de diamètre oscillant autour d'un axe imaginaire. Sur sa paroi se distinguait une sorte de porte, plus large que haute, fermée.

DÉROULEMENT. Les témoins se rendent à leur travail lorsqu'ils voient l'objet à deux cents mètres de la départementale. Ils voient l'appareil s'élever en diagonale, tandis qu'une fumée s'échappe par une sorte de tuyau placé dans sa partie basse. Puis, à une quinzaine de mètres de hauteur, l'objet poursuit son ascension verticale plus rapidement et disparaît.

A NOTER. La brigade de gendarmerie d'Acheux-en-Amienois assure n'avoir jamais traité de cette affaire d'OVNI (lettre aux auteurs en date du 3 avril 1976) contrairement aux affirmations de la presse de l'époque. Même réponse de la brigade de Corbie.

Note [par D.C.]: Ce n'est pas la presse de l'époque, mais les ufologues qui ont allégué une enquète de la gendarmerie d'Acheux (Jimmy Guieu), ou de Corbie (Aimé Michel). Le Courrier Picard dit que le garde-champètre insista pour que les témoins préviennent la gendarmerie de Corbie. Ils ne dit pas que les gendarmes qui vinrent sur place étaient ceux de Corbie. SEMAINE DU NORD précise que les gendarmes de Corbie prévinrent le commandant de gendarmerie à Amiens. Ce sont les gendarmes d'Amiens qui enquêtèrent et se renseignèrent après de leur collègues d'Acheux.

CE MÊME JOUR.

0 h 30, Origny-en-Thiérache (02550 E2). Un disque lumineux longe la voie ferrée. S'agit-il d'une confusion du témoin avec un appareil S.N.C.F.? Il faut signaler aussi que cette même localité verra un atterrissage avec êtres le 28/02/ 1974.

Note [par D.C.]: Cette observation a eu lieu le 8. Il s'agit probablement de la lune.

20 h, Marseille (13000). Trois témoins observent une sphère lumineuse durant sept minutes; elle stationnera trente secondes dans le ciel. (Le Provençal du 9 septembre 1954.) [Mote par Patrick Gross: explicable comme ballon.]

SOURCES. Catalogue Vallée, cas n° 142. - La Montagne, sept. 1954. - Parisien libéré du 9 sept. 1954 et du 14 oct. 1954. - Nice-Matin, 9 sept. 1954. - Figaro, 9 sept. 1954. - M. Carrouges: les Apparitions de Martiens, p. 86-87. - A. Michel: A propos des S-V, p. 47.

Note [par D.C.]: Les deux périodiques qui ont enquêté sur place, Le Courrier Picard, et SEMAINE DU NORD ne sont pas cité[s].

(Michel Figuet, OVNI: Le premier dossier complet des rencontres rapprochées en France., Alain Lefeuvre 1979, p. 73)

Les autres auteurs ne font que recopier l'une des sources précédentes. On peut en juger sur la page de Patrick Gross

ANALYSE

Nous venons de voir que si la presse locale donnait des renseignements importants, les livres des ufologues n'ont fait qu'embrouiller le problème: Ils ont utilisé le théme de la soucoupe volante, comme un fait démontré servant d'explication plausible, transformé la meule en assiette renversée soucoupisable, ignoré le temps anormalement long de disparition de l'engin pour le remplacer par une disparition "à toute vitesse", plus conforme à la mythologie soucoupique, et conforté l'observation par un canular, pourtant dénoncé dans les jours suivants.

Autant dire que leur prose est bonne pour la poubelle.

Heureusement, ils nous reste les investigations plus objectives faites à l'époque. Ce sont:

- le rapport de gendarmerie, fait le jour même, sur la base d'investigations faites sur les lieux dans l'après midi.

- l'article du Courrier Picard du 8 septembre, basé sur les investigations faites le soir du 7, chez Emile Renard.

- l'article de SEMAINE DU NORD du 16 septembre, basé sur les investigations faites le 9, avec photos des lieux à l'appui.

Circonstances de l'observation

L'observation dite d'Harponville, a été le premier atterrissage connu du public lors de la vague de 1954, mais survenait, après quelques observations aériennes, mentionnées par la presse et la radio. Rappelons qu'une vague de soucoupes volantes avait déjà eu lieu en 1952, et qu'on avait commencé à en reparler au mois de juillet, et surtout au mois d'Aout. Pour nous en tenir à ce qu'avait rapporté Le Courrier Picard, nous trouvons:

- L'observation de Vernon, rapportée le 25 aout.

- L'atterrissage de Mosjoeen, Norvège, rapporté le 26.

- les observations de Bludenz, Autriche, et d'Obersuessbach, Bavière, rapportées le 6 septembre.

Rien d'étonnant donc à ce que M. Emile Renard, observant ce qui était manifestement un engin, ait pensé à une soucoupe volante.

D'après les trois sources de base, MM. Renard et De Gillaboz, venaient d'Acheux en Amiénois, d'où ils étaient partis vers 7 h, et se dirigeaient vers leur chantier à La Houssoye, roulant à vélo, car leur camionnette B-12 étaient en panne.

Selon SEMAINE DU NORD, c'est parce qu'un pneu du vélo de M. De Gillaboz s'était dégonflé qu'ils s'arrétèrent, et pendant que son ouvrier regonflait son pneu, M. Renard observait, à droite de la route, un curieux objet, une sorte de meule, mais gris sale, et dont il remarqua qu'elle oscillait.

Il était alors 7 h 15, selon Le Courrier Picard et SEMAINE DU NORD, mais plutôt 7 h 30 selon le rapport de gendarmerie. Cette heure parait plus probable, car ils avaient parcouru 7.8 km depuis leur départ d'Acheux à 7 h.

M. Renard fit remarquer l'objet à son ouvrier puis s'élança vers l'objet à travers un champ de chaume. Son ouvrier hésita, puis le suivit.

D'après Le Courrier Picard, M. Renard avait parcouru une cinquantaine de mètres, et d'après SEMAINE DU NORD, allait s'engager dans un champ de betteraves, lorsque l'objet décolla en oblique. D'après le rapport de gendarmerie, il était à 100 mètres de l'objet, mais cette distance estimée est beaucoup moins fiable que celle effectivement parcourue.

Grace aux photos de SEMAINE DU NORD, nous pouvons retrouver l'endroit où se trouvaient les témoins.

(Nous avons du réorienter la photo de 3.5° dans le sens anti-horaire). Le bosquet du fond est à 660 m de la route. Celui de droite n'est qu'un rideau d'arbres bordant un chemin de terre. Au premier plan le champ de betteraves. A gauche le champ de chaumes dans lequel M. Renard s'est élancé, et dont la limite avec le champ de betteraves indique un changement de pente. La croix indique le position estimée de l'engin, mais cette position n'est pas sûre comme nous allons le voir.

En effet, en comparant avec une photo de Google Street de 2018, la perspective parait bizarre:

Il n'y a plus, au premier plan, qu'une seule parcelle, et le rideau d'arbres à droite a disparu, mais c'est l'effet classique du remembrement.

Les arbres du bosquet du fond ont poussé, surtout ceux de la partie gauche, qui avait été coupée à l'époque, c'est encore normal.

Ce qui n'est pas normal, par contre, c'est que puisque nos témoins étaient à pied, et que la caméra google est juché à 2.75 mètre, le paysage devrait être vu dans une perspective verticalement plus ramassée, alors que c'est l'inverse, comme si la photo avait ètre prise à environ 5 mètres au dessus de la route.

L'explication se trouve de l'autre coté de la route: il y a un talus sur lequel le photographe est monté pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Mais ce faisant, il nous a privé d'avoir exactement la même perspective que voyait le témoin.

Nous pouvons néanmoins retrouver les lieux sur les photographies aériennes de l'époque, où le rideau d'arbres est en place, et où les parcelles sont les mêmes.

Grace à la position sur la photo du bosquet, du rideau d'arbres et des parcelles, nous savons retrouver l'endroit exact où se trouvait le photographe.

Il est moins facile de retrouver la position du témoin. Nous savons qu'il se trouvait d'abord devant le champ de chaumes, et qu'il allait entrer dans le champ de betteraves, après avoir parcouru une cinquantaine de mètres quand l'objet s'est envolé. Si l'azimut de la position de l'objet sur la photo est correct, et si c'était bien 50 mètres qu'il a parcouru, nous pouvons trouver la position qui l'obligeait à faire 50 mètres jusqu'au champ de betteraves en allant vers l'objet. Nous avons représenté sa position par une minuscule figurine.

Nous savons donc à peu près où se trouvait le témoin, et dans quelle direction il a vu l'engin. Mais pouvait il voir réellement la position de l'engin? Rappelons nous que si le photographe de SEMAINE DU NORD est monté sur la talus, c'est pour avoir une bonne vue d'ensemble, ce qui signifie qu'on voyait moins bien l'endroit où se serait trouvé l'engin depuis la position effective du témoin.

La deuxième photographie nous interpelle sur ce point: elle montre, en contre-plongée, les deux témoins refaisant leur trajet à travers champs, et cette fois plus rien n'est visible au dessus de l'horizon apparent. C'est le moment de se souvenir que la première photo montrait un changement de pente. Il nous faut donc établir le profil altimétrique selon la direction témoin-objet. Le diagramme que nous fournit Géoportail est révélateur: De l'endroit où le témoin a vu l'engin s'envoler, le changement de pente cachait le reste du paysage.

Dès lors la position de l'engin sur la photo est tout à fait arbitraire. Il pouvait aussi bien se trouver au delà du chemin de terre qu'en deça.

Un détail nous fait penser que l'engin pouvait se trouver au dela du chemin: les gendarmes sont venus à 12, avec un chien et n'ont trouvé aucune trace. Mais ils ont probablement cherché là où le témoin croyait avoir vu l'engin, c'est à dire en deça du chemin.

Remarquons que, quand bien même l'engin se serait trouvé là où le situe la photo, il aurait été découvert par le témoin alors qu'il en était à 340 m, et non 150 ou 200.

Il nous reste à examiner le comportement de l'engin. Il décolle en oblique, puis, arrivé à une altitude de 12 ou 15 mètres, il part verticalement. Il ne faut pas en déduire que l'engin est monté vers le zénith, car les témoins auraient du se tordre le coup pour continuer à le voir monter, et l'auraient vu disparaitre au dessus d'eux, et non vers Toutencourt. Il faut plutôt comprendre qu'il a pris une direction où il s'éloignait des témoins en restant dans un même plan vertical, après avoir survolé le bosquet, ce qui correspond bien à la direction de Toutencourt indiquée dans SEMAINE DU NORD. Il est resté visible plusieurs minutes, près de 5 minutes selon Yves De Gillaboz, avant de disparaitre dans le ciel.

Justement, quelle était l'état du ciel?

Temps clair et sans brouillard, dit le rapport de gendarmerie établi 16 jours plus tard.

Ciel gris et brouillasseux, dit SEMAINE DU NORD, qui a enquété 2 jours après.

A 7 h, nébulosité de 8/8, visibilité de 4000 m, dit la station météo d'Abbeville. Le visibilité passant à 15000 m à 10 h

A 7 h 30, nous pouvons donc nous attendre à un ciel gris, avec une visibilité inférieure à 10 km. Si l'engin à mis toutes ces minutes pour parcourir ces quelques kilomètres, alors sa vitesse ne devait guère dépasser 2 km/mn soit 120 km/h.

Et l'engin fait de la fumée par un tuyau d'échappement, comportement bien terrestre.

Un tel comportement, décollage en oblique, puis vertical, émission de fumée, vitesse modérée, est celui d'un hélicoptère, et absolument pas celui d'un engin interplanétaire.

On peut objecter, avec Michel Carrouges, qu'un hélicoptère est bruyant alors que les témoins n'ont rien entendu.

Nous avons déjà répondu que la propagation du son n'est pas isotrope. De fait, tant le vent que les gradients de température créent des "zones d'ombre" (de silence, en fait), comme on nous l'explique sur cette page, cette page, ou encore cette page.

Maintenant, le rapport de gendarmerie dit bien: "Mr. RENARD précise qu'il ne s'agit pas d'un hélicoptère car il a déjà vu et de près ces appareils."

Mais quels appareils? M. Renard ne nous fera pas croire qu'il connaissait tous les modèles d'hélicoptère en service à l'époque. Et de fait, les hélicoptères ont des aspect beaucoup plus variés que les avions. Si M. Renard n'a jamais vu que des engins à verrière, il ne pouvait pas reconnaitre un gros hélicoptère sans verrière, surtout à plusieurs centaines de mètres.

Bell 47

Sikorsky S 51

Nous savons alors que l'engin doit être un gros hélicoptère, sans verrière, bombé sur le dessus, avec une large porte latérale, et de couleur gris sale, ou couleur wagon de chemin de fer (de l'époque).

Or un tel hélicoptère existait à l'époque: c'était le Sikorski S-55.

Le S-55, sa large porte, et sa couleur wagon de chemin de fer

Les caractéristiques sont: Longueur: 13.84 m, Hauteur: 4,07 m, Vitesse maxi: 163 km/h, rayon d'action: 652 km

Voila des valeurs compatibles avec ce qu'ont signalé les témoins, qui, ne l'oubliont pas, ont mal situé sa position et donc mal estimé sa distance, et donc, ses dimensions:

Mais cet appareil était il vraiment en service en France à l'époque?

La réponse est oui. Arrivé en France en septembre 1952, il fut réceptionné en Indochine en septembre 1953, et utilisé dès mars 1954, pour le transport des blessés. Sa silhouette massive lui valu le surnom "d'éléphant joyeux". C'est en en France métropolitaine qu'était formé les pilotes et les mécaniciens. En 1953 fut créé un centre d'essai en vol, à Buc, près de Versailles. Il y avait donc en France quelques hélicoptères de ce type, surtout pour la formation des élèves pilotes.

Maintenant, où allait cet appareil? Vers le Nord-Ouest. Or il se trouve qu'à 19 km, au Nord-Nord-Ouest, il y avait la base aérienne 922, de Doullens-Lucheux, sans aérodrome et surtout consacrée à la détection radar, mais qui accueillit des hélicoptères jusqu'en 2004. Comme l'engin était manifestement un hélicoptère militaire, il est assez probable qu'il se dirigeait vers cette base.

En sens inverse, en prolongeant sa trajectoire vers le sud, on passe à proximité de l'aérodome de Montdidier-Fignières, ancien aérodrome militaire, reconverti depuis en aérodrome civil, mais qui était encore en service à l'époque.

La distance des deux aérodromes est de 58 km, ce qui conviendrait tout à fait à une mission d'entrainement, et la position observée de l'hélicoptère n'est qu'à 1.1 km de la ligne qui les joint.

Conclusion

Il est maintenant quasiment certain que l'engin vu par MM. Renard et De Gillaboz était un Sikorsky S-55, engin qui était nouveau en France, et qu'il est logique que M. Renard n'ai jamais vu.

Il est probable que cet engin se dirigeait vars la BA 922 de Doullens-Lucheux. Un détail cocasse, est que, ce même jour, les gendarmes d'Amiens ont interrogé la station radar de Lucheux, c'est à dire cette même base, qui n'a pu fournir aucune indication... alors que la prétendue soucoupe s'y était probablement posée.

Il est vraisemblable, mais pas certain du tout, qu'il venait de l'aérodrome de Montdidier-Fignières. Mais, s'il venait d'ailleurs, ce n'était certainement pas de la planète Mars.

Nous pouvons maintenant tenter de reconstituer l'envol de l'appareil, mais dans le paysage d'aujourd'hui, vu de la route, en corrigeant la perspective selon ce que nous avons vu du profil altimétrique. Nous supposons donc que le S-55, devant se poser, a choisi de se poser sur le chemin, qui est en replat, dans l'axe du chemin, et donc vu de profil par les témoins.

Nous ne pouvons malheureusement pas reconstituer la phase d'éloignement avec diminution de sa taille apparente

Nous pouvons aussi imaginer ce qu'aurait du être la couverture de SEMAINE DU NORD, si les journalistes avaient compris que la "soucoupe" était en réalité un Sikorsky S-55.

Notons que le titre n'est toujours pas faux: Pour nos deux témoins, c'était bel et bien un engin mystérieux.

Explications:

Non encore recherchée.

Mots clés:

(Ces mots clés sont uniquement destinés à aider les recherches et ne préjugent pas des faits.)

Harponville, Somme, Contay, Acheux-en-Amiénois, Emile Renard, Yves Degerbilloz, Yves Degillerboz, objet, porte, fumée, maçons, gris, gris bleu, bleu, bicyclette, route, champ, départ, bas, basse altitude, rapide, silence, silencieux, gendarmes

Sources:

[---] Indique des sources que je n'ai pas encore eu l'occasion de consulter.

Historique du document:

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0.1 Patrick Gross 20 mars 2003 Première publication.
1.0 Patrick Gross 5 janvier 2010 Conversion de HTML vers XHTML Strict. Première version formalisée. Additions [jbu2], [lcn1], [uda1], [uda2], [uda3].
1.1 Patrick Gross 4 mars 2010 Addition [vmr1].
1.2 Patrick Gross 12 mars 2010 Addition [jgu2].
1.3 Patrick Gross 16 juin 2010 Addition [dcn1].
1.4 Patrick Gross 4 juillet 2010 Additions [jve1], [lie1].
1.5 Patrick Gross 19 octobre 2014 Additions [nip1], [tai1].
1.6 Patrick Gross 12 octobre 2016 Addition [fas1].
1.7 Patrick Gross 7 décembre 2016 Additions [gen1], [jin1], [ldl3], [lgs1], [ubk1], [gen2].
1.8 Patrick Gross 21 décembre 2016 Addition [jve3].
1.9 Patrick Gross 4 septembre 2019 Additions [prn1], [ldl1], [mft1], [pha1], [fkb1], [rlt1], [lhh1], [prn2], [dcn2], Résumé.

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Cette page a été mise à jour le 4 septembre 2019.