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La vague française de 1954:

La page d'accueil concernant les cas de la vague française de 1954 se trouve ici.

22 août 1954, Marseilleveyre, Bouches-du-Rhône:

Référence pour ce cas: 54-radar01. Merci de citer cette référence dans toute correspondance avec moi en rapport avec ce cas.

Résumé:

Dans les magazines Semaine du Monde et nord-France du 1er au 7 octobre 1954, un article sur les soucoupes volantes montrait des photos alléguées de ces "mystérieux engins".

Le magazine indiquait que celle-ci comme d'autres d'ailleurs avaient été "prises par deux correspondants de notre journal", un Mr. L. Alyons et un Mr. J. Ates. Le magazine, prudent et ironique à la fois, commentait: "Le fait qu'elles aient été photographiées dans le ciel de Marseille ne permet de rien inférer quant à la nature du phénomène."

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La photo qui nous intéresse ici est dite avoir été prise "le 22 août", "cet engin ressemblant, lui aussi, comme un frère à une soucoupe a hésité longtemps, tantôt descendant jusqu'à 100 mètres et tantôt remontant à la verticale, à se poser sur les collines de Marseilleveyre pour le pastis du soir. L'indifférence manifestée par les Marseillais a-t-elle semblé suspecte aux mystérieux voyageurs?"

Surprise: la même image sera republiée par le magazine Radar le 14 novembre 1954.

Cette fois, c'était dans le cadre du concours qu'ils avaient lancé, récompensant d'un million de Francs (de l'époque) celui qui leur enverrait la première photo authentique, selon leur jury, d'une soucoupe volante.

Mais le magazine rejetait cette photo, disant:

Trop éclairé. M. Ates, ingénieur architecte, déjà éliminé lors d'un précédent envoi, ne se tient pas pour battu. Il appartient à la catégorie de ceux qui ne peuvent accepter qu'on mette en doute leur sincérité. Pourtant, l'excessive clarté qui baigne son document interdit de le prendre au sérieux. Il évoque irrésistiblement une maquette.

Je montre dans ce dossier que ce "Mr. Ates" et son complice "Mr. Alyons" avaient tenté plusieurs photographies manifestement frauduleuses de soucoupes volantes dans la région de Marseille durant la vague de 1954. Celle-ci en particulier leur avait été visiblement inspirée non pas par la Science-Fiction, mais par les projets d'engins à aile annulaire que tentait alors la France - aucun ne volait encore en 1954, mais leurs apparences était déjà montrées en "vues d'artistes" dans les magazines de vulgarisation scientifique et les journaux de cette époque.

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Rapports:

[Ref. nfe1:] MAGAZINE "NORD-FRANCE":

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SOUCOUPES A MARSEILLE

Les Martiens des Martigues

VOILA exactement dix ans, personne n'avait entendu les deux expressions qui sont maintenant les plus prononcées dans toutes les langues du monde; bombe atomique et soucoupe volante. Mais si la bombe atomique s'avère être une terrible réalité, le moins que l'on puisse dire est que l'unanimité n'est pas faite sur l'existence des soucoupes.

L'Europe, pendant quelques années, sembla curieusement épargnée par les engins mystérieux. Puis, à partir de 1950, les témoignages commencèrent à s'y multiplier. En 1954, deux pilotes français de "Vampire" entamèrent une poursuite vaine au-dessus des Alpilles. De mois en mois, le ciel de France, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre, s'est peuplé (pour certains) d'engins fulgurants. Favorisés peut-être par notre été pluvieux, les appareils se sont multipliés depuis dix jours, cependant que la mousson en apportait quelques échantillons jusqu'aux Indes.

Au point qu'un député de la Seine, M. de Léotard, vient d'adresser une question écrite au ministre de l'Air "Concernant les récents témoignages qui n'ont pas manqué d'intriguer, sinon d'inquiéter, l'opinion publique"; et réclamant une observation systématique de ces phénomènes "afin qu'il soit établi qu'il s'agit d'hallucinations ou s'il y a lieu d'en tenir compte au point de vue de la sécurité et de la défense nationale".

Ainsi a France, à son tour, va donner au problème un intérêt national.

Mais déjà nous versons au dossier les premières photos prises en France. Toutes trois ont été prises par deux correspondants de notre journal, MM. L. Alyons et J. Ates. Le fait qu'elles aient été photographiées dans le ciel de Marseille ne permet de rien inférer quant à la nature du phénomène. Celle de gauche, prise le 26 mai dernier, à 18 h. 30 "énorme, est restée fixe à basse altitude en faisant vibrer les carreaux de la pièce" avant de foncer soudain. En haut à gauche: le 7 juin, cet engin s'est prêté complaisamment au téléobjectif. A droite: le 22 août, cet engin ressemblant, lui aussi, comme un frère à une soucoupe a hésité longtemps, tantôt descendant jusqu'à 100 mètres et tantôt remontant à la verticale, à se poser sur les collines de Marseilleveyre pour le pastis du soir. L'indifférence manifestée par les Marseillais a-t-elle semblée suspecte aux mystérieux voyageurs?

Plus résolus, semble-t-il, ont été ceux qui à Dizes, près d'Auxerres, se sont posés: "le temps, a précisé notre correspondant particulier, de laisser une trace sur la route..."

Comment ne pas terminer sur cette note poétique? Mais dans un de nos prochains numéros, nous exposerons à l'opinion française les éléments du problème qui lui permettront de craindre, de sourire ou d'espérer...

[Ref. rdr1:] MAGAZINE "RADAR":

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MARSEILLE

Trop éclairé. M. Ates, ingénieur architecte, déjà éliminé lors d'un précédent envoi, ne se tient pas pour battu. Il appartient à la catégorie de ceux qui ne peuvent accepter qu'on mette en doute leur sincérité. Pourtant, l'excessive clarté qui baigne son document interdit de le prendre au sérieux. Il évoque irrésistibelemnt une maquette.

La photo était publiée dans le cadre du concours organisé par le magazine, qui expliquait plus haut sur la même page:

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LE MILLION DE "RADAR"

[Légende photo:] Dans un salon du restaurant Drouant, place Gaillon, à côté de Georges Pagnoud (extrême gauche), représentant "Radar", le jury du Million. De g. à dr.: le général L.-M. Chassin, M. Ananoff et M. Natkin.

LE JURY N'EST TOUJOURS PAS CONVAINCU

"Radar" a réuni son jury autour d'une table du restaurant Drouant, dans le salon même où les académiciens Goncourt décernent leur prix. M. Chéreau, retenu à l'étranger, s'était fait excuser. Le général Chassin, M. Natkin et M. Ananoff se sont livrés à un examen approfondi non seulement des photos envoyées par les concurrents, mais encore des lettres dont ils les accompagnent. Ce sont, en effet, des documents dont la psychologie mérite qu'on les regarde de très près. A l'amour de la légitime vérité, au goût de la science, à l'appât du gain, s'ajoutent des sentiments plus complexes. Le plus curieux est, sans doute, le besoin de se mystifier soi-même avant de mystifier les autres. Le moins inattendu c'est la réaction de mauvaise humeur à laquelle n'échappe aucun des concurrents éliminés. Elle est aussi fatale que la pesanteur. Cependant, une fois retranché de la masse des envois tout ce qui est techniquement indéfendable, il est intéressant de se pencher sur la technique des habiles. En effet, quatre hypothèses et quatre seulement peuvent être envisagées. 1. La soucoupe est vraie et la photo aussi. 2. Photo vraie, mais soucoupe fausse: il ne s'agit pas d'un trucage photographique mais d'un trucage des faits. 3. La photographie est bien truquée, c'est-à-dire qu'on a procédé, par surimpression de deux images du même négatif, directement à la prise de vue. 4. La photo est mal truquée (photo-montage, surimpression, etc.).

Par bonheur, toutes ces formes de mensonges sont aisément décelables pour tous les yeux avertis. La naïveté des truqueurs dépasse l'imagination. Oui, ce sont vraiment eux qui s'illusionnent et non pas leurs juges. Qu'ils en soient bien convaincus avant d'engager leurs frais de falsification. Car il ne faut pas oublier que le but de cette compétition, c'est d'aider la science à percer un indéniable mystère. Par conséquent, à égalité d'honnêteté, c'est, on le comprend aisément, le document le plus net qui prévaudra. La prudence est donc la règle d'or intellectuelle de nos jurés. Ils sont trop avertis de toutes les données du problème pour ne pas se réserver la faculté de poser des questions aux candidats dont les envois seront dignes d'examen.

[Ref. ort1:] TELEVISION NATIONALE FRANCAISE:

Lors de l'émission "Le Mythe des Soucoupes Volantes", diffusée le 14 février 1965, ette image était apparue brièvement, sans légende et sans commentaire.

[Ref. bes1] SUR L'INTERNET:

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Le commentaire du blog où est parue cette image indique qu'elle est parue dans "Semaine du Monde semaine du 1er au 7 octobre 1954 n. 99."

L'article est cité comme disant au sujet de cette photo:

"Ainsi la France, à son tour, va donner au problème un intérêt national. Mais déjà nous versons au dossier les premières photos prises en France. Toutes trois ont été prises par deux correspondants de notre journal, MM L. Alyons et J. Ates. Le fait qu'elles aient été photographiées dans le ciel de Marseille ne permet de rien inférer quant à la nature du phénomène."

"Celle de gauche, prise le 26 mai dernier, à 18h30 "énorme, est restée fixe à basse altitude en faisant vibrer les carreaux de la pièce" avant de foncer soudain. En haut à gauche: le 7 juin, cet engin s'est prêté complaisamment au téléobjectif. A droite: le 22 août, cet engin ressemblant, lui aussi, comme un frère à une soucoupe a hésité longtemps, tantôt descendant jusqu'à 100 mètres et tantôt remontant à la verticale, à se poser sur les collines de Marseilleveyre pour le pastis du soir. L'indifférence manifestée par les Marseillais a-t-elle semblé suspecte aux mystérieux voyageurs?"

Explications:

L'hebdomadaire "Radar" avait lors de la vague de 1954 lancé un premier concours offrant un million d'anciens francs à quiconque leur livrerait un martien. Le magazine a ensuite lancé un concours similaire pour récompenser toute photographie authentique de soucoupe volantes:

Le 14 février 1965, l'ORTF a diffusé à la télévision un documentaire sur les soucoupes volantes, au cours duquel des fragments de l'article de Radar apparaissaient. Je ne dispose ni de l'article intégral ni de sa date de parution.

L'image montrée en [rdr1] est parue dans ce magazine parmi d'autres, aucune n'ayant été acceptée comme "authentique".

Je n'ai aucune autre information quant à la version "Radar", et il n'est pas entièrement certain que l'image y soit dite avoir été prise en France et en 1954. Toutefois je peux noter que la forme de l'engin allégué montré, ne ressemble guère aux descriptions du temps des soucoupes, "cigares" et autres, mais bien plus aux projets de l'Armée de l'Air qui aboutiront au Coléoptère des années plus tard. Bien que de tels engins ne volaient pas alors, des journaux en octobre 1954 avaient présenté ces projets d'engins à aile annulaire comme étant peut-être l'explication des soucoupes et cigares volants rapportés, et il se peut bien que cette photo ait été un faux fabriqué par un farceur qui se serait inspiré d'une telle "solution", prévoyant peut-être que si les soucoupes s'avéraient ensuite être bien ces engins, sa photo pourrait lui faire gagner le million de Radar.

La version Semaine du Monde donne un lieu, une date, et des noms. Il s'agit de toute évidence d'une image quasiment identique.

Le fait que les quatre "photographies de soucoupes volantes" proviennent toutes des deux mêmes personnes à quatre différentes dates suggère fortement qu'elles sont toutes les quatre frauduleuses.

Voir:

Le 26 mai 1954 à Marseille;
Le 7 juin 1954 à Marseille;
Le 9 août 1954 à Marseille.

Mise à jour au 26 avril 2020:

J'ai maintenant obtenu et publié l'article de Radar concernant cett photographie - je n'avais jusqu'ici que la seule photographie.

J'en profite pour ajouter au dossier cette image:

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Il ne s'agit pas de "Mr. Ates" montrant ses maquettes, mais de l'ingénieur allemand Zborowski, récupéré à la fin de la guerre par les services secrets français, et concepteur principal des projets d'avions à aile annulaire qui aboutiront au "Coléoptère", seul modèle ayant effectivement volé, en 1956.

Les journaux et les magazines, en cette année 1954, avaient maintes fois montré des esquisses de ces projets, en expliquant que c'était le "vrai" cigare volant que les gens voyaient, et qu'il était français. En réalité, je le répète, aucun de ces projets ne volait dans le ciel de France en 1954, mais les journalistes se voulant "sérieux" les envisageaient comme alternatives "plus crédibles" aux engins Martiens...

Mots clés:

(Ces mots clés sont uniquement destinés à aider les recherches et ne préjugent pas des faits.)

Photographie, cigare, aile annulaire, Coléoptère, L. Alyons, J. Ates, radar, concours, Marseilleveyre, Marseille

Sources:

[----] indique des sources que je n'ai pas encore pu consulter.

Historique du document:

Version: Créé/changé par: Date: Description:
1.0 Patrick Gross 16 mars 2010 Première publication.
1.1 Patrick Gross 26 avril 2020 Addition [rdr1] (seule l'image de la "soucoupe" était disponible ici à partir du 16 mars 2010.) Addition du Résumé. Addition de la partie "Mis à jour au 26 avril 2020" dans les Explications.

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Cette page a été mise à jour le 26 avril 2020.