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Les OVNIS dans la presse quotidienne:

La vague française de 1954 dans la presse:

L'article ci-dessous est paru dans le quotidien La Liberté, Nord, France, pages 1 et 6, le 6 octobre 1954.

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Le secret des
"SOUCOUPES VOLANTES"
SERAIT A BEUVRY

(Voir notre information, en page 6).

Le secret des soucoupes volantes serait-il à Beuvry? L'histoire que nous contons, en page 6 le laisse supposer et son héros, M. D'Oliveira, mineur retraité, connu comme un farceur dans la commune, vient de lever un voile du mystère qui entourait depuis quelque temps les "objets volants". Rassurez-vous, M. D'Oliveira n'est pas astrologue; les fameuses soucoupea aperçues ces derniers jours, dans le ciel du Nord, était tout simplement confectionnées par lui...

Un plaisantin, quoi!

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Un Beuvrygeois (farceur) perce le secret
ses soucoupes volantes
Il les confectionnait lui-même!..

De notre correspondant particulier: Georges CARPENTIER

Le mystère des soucoupes, cigares, disques, marmites, croissants, tonneaux... ouf !... et autres objets volants serait-il éclairci? Voilà une petite histoire bien embêtante pour les journalistes en mal de copies les jours creux.

Hier encore, une quantité impressionnante de dépêches faisait mention d'apparition surprenante dans le ciel de France d'autant plus mystérieuse que personne encore n'avait pu en déceler l'origine.

Il y a 24 heures, un journaliste lyonnais affirmait avoir observé à l'aide de jumelles, au-dessus de la colline de Sainte-Foix, au sud de la basilique de Fourvière, (admirez la précision) un disque lumineux, rouge orange. Celui-ci, disait-il, fut suivi d'autres disques brillants, plus petits.

Notre région aussi possédait ses soucoupes. Pourquoi pas? Qui ne se souvient de l'émoi causé dans la région valenciennoise, il y a à peine un mois et savamment exploité par un hebdo régional. Et la valse des soucoupes et de ses congénères aurait continué si... ici commence notre histoire.

Il y a quelques jours une brave femme de Beuvry (près de Béthune), Mme Hennebelle, vaquait à ses occupations ménagères, lorsqu'un objet étrange sillonnant le ciel attira son attention. Appelant sa fille Ghislaine, les deux femmes virent avec stupeur l'extraordinaire engin, qui n'avait ni la forme d'un cigare ni d'une soucoupe, évoluer à quelque 300 mètres de hauteur puis s'abattre brusquement au milieu d'un champ. Guidés par une étrange lueur et après une course éperdue, les témoins effarés arrivèrent juste à temps pour éteindre un début d'incendie qu'une balle de paille avait bien involontairement provoqué.

Le mystérieux objet volant n'était qu'une simple baudruche, pour l'instant, lamentablement dégonflée.

L'enveloppe était constituée par des feuilles de papier gris foncé, soigneusement collées. A la base de la soucoupe se trouvait un petit réceptacle dans lequel reposait une étoupe imbibée d'un liquide inflammable. Il suffisait alors d'enflammer l'étoupe pour voir l'engin s'élever et disparaître au gré des vents, entouré de reflets jaunâtres et oranges. Nous devions l'apprendre par la suite, l'inventeur de ces prototypes s'inspiraient du système de la montgolfière.

Car immédiatement alertée, la gendarmerie aidée du garde communal Raoul Foulquier, commençait une enquête pas très commode dès le départ. Aux grand dam de la maréchaussée... et des journalistes spécialisés, le délinquant, le confectionneur de soucoupe volante était retrouvé. Celui-ci, un bien brave homme, mineur retraité, connu dans la commune comme un joyeux farceur ne fit aucune difficulté pour avouer.

Car M. D'Oliveira, ressortissant portugais, habitant chez sa fille, a une manie, une passion... il adore confectionner des ballons...

Déjà en son pays natal, il y a de cela quelques dizaines d'années, M. D'Oliveira faisait la joie de ses concitoyens en organisant sur la place de son village des lâchers spectaculaires. En France sa commune l'employait aux festivités, c'est ainsi qu'en 1939, il connut sa première aventure.

En vacances à Calais, sa marotte le reprit et il lâcha, par une belle nuit d'été un magnifique ballon. Celui-ci prit de la hauteur et fila tout droit sur l'Allemagne. C'était quelques jours avant la déclaration de la guerre. Aperçue, cette première soucoupe déclencha l'appareil judiciaire. L'affaire n'eut pas de suite.

Tel est M. D'Oliveira, un joyeux luron, bien sympathique qui avoue en souriant avoir lancé dans le ciel du Nord, plus d'un millier de ces engins. Il paraîtrait même qu'il se laisserait tenter très prochainement par les martiens... ainsi, le mystère serait complètement éclairci.

Mais comme toute farce a son mauvais côté, M. D'Oliveira sera sans doute condamné à des contraventions pour amusement dangereux. Le jeu en valait la chandelle.

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Cette page a été mise à jour le 22 juin 2020.