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Les OVNIS dans la presse quotidienne:

La vague française de 1954 dans la presse:

L'article ci-dessous est paru dans le quotidien régional Le Courrier Picard, France, pages 1,2, le 6 octobre 1954.

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Un retraité de Beuvry-les-Béthune
fabriquait des "soucoupes volantes":

Il s'agissait de simples montgolfières lumineuses
de forme ovale et de plusieurs mètres de hauteur

"Je ne les ai sûrement pas toutes faites" dit l'inventeur
quand on l'interroge sur les mystérieuses machines interplanétaires

LILLE, 5 octobre. -- La découverte, à Beuvry-les-Béthune, d'un fabricant de Montgolfières qui étaient régulièrement lâchées dans le ciel du Nord et du Pas-de-Calais, a déclenché une certaine hilarité dans la région. L'auteur de ce bon tour, Victor d'Oliveira, est âgé de 60 ans. D'origine portugaise, il se fixa dans la Pas-de-Calais, à Beuvry, en 1922, et y créa son foyer.

C'est dans une petite épicerie tenue par sa fille que l'amateur de ballons nous a reçus en présence de sa femme. En retraite après avoir travaillé de longues années à la Centrale électrique de Beuvry, le Portugais coule des jours heureux.

"J'ai appris à construire des ballons dans ma plus tendre enfance au Portugal, et depuis, j'ai toujours continué à en faire. J'aime bien, le soir, les voir s'élever dans le ciel... J'en ai fait de toutes les tailles; de toute petits au très grands de plus de 6 mètres de haut et de 2 mètres de diamètre".

Et l'inventeur nous en présente un, qu'il gonfle pour nous faire plaisir, mais sans le lâcher, car les vents sont, dit-il, défavorables aujourd'hui. C'est un grand ovale, comparable à un ballon de rugby de taille gigantesque, à l'intérieur duquel pour chauffer l'air et permettre au ballon de s'élever, M. d'Oliveira place, tenue par deux légers fils de fer, une étoupe composée de vieux chiffons et parfois d'amiante imbibée de pétrole, auquel il met le feu.

Suite en deuxième page sous le titre:

FABRICANT DE SOUCOUPES VOLANTES

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Fabricant de soucoupes volantes

(Suite de la 1re page)

"Avant la guerre, reprend-il, je trouvais des papiers de soie de toutes les couleurs et j'en faisais de bien beaux. Pour les fêtes locales on me demandait d'en construire et j'y accrochais des pétards qui éclataient dans l'air. Je ne comprends pas qu'on s'étonne aujourd'hui de mon activité, car ici, nul ne l'ignore et elle ne fait de mal à personne".

Le matériel employé pour la construction est des plus simples. Papier d'emballage provenant du commerce d'épicerie, papiers réclame, et même étiquettes de bouteilles d'huile collées les unes aux autres avec un soin méthodique.

La construction de ballons moyens lui prend plus de deux heures auxquelles il convient d'ajouter la lente attente nécessaire au séchage de la colle. Lorsque le temps n'est pas beau ou que les vents sont défavorables (car M. d'Oliveira est un parfait aéronaute, depuis qu'il pratique ce sport curieux), les ballons s'entassent dans le hangar où il les construit. Lorsque tout va bien il lui arrive de lâcher dans la même journée deux à trois de ces engins, de préférence le soir, "car c'est à ce moment-là qu'on voit le mieux leur luminosité", ajoute-t-il avec le plus grand sérieux.

"J'ai parfois essayé de savoir à quelle distance allaient les objets de ma fabrication. J'ai pour cela mis des papiers avec adresse, et j'ai ainsi appris, avant la guerre, qu'un de mes ballons avait parcouru 17 kilomètres. Dans le ciel, ils atteignent des hauteurs variables suivant les courants d'air, mais il est fréquent qu'ils montent à 1.000 mètres et qu'ils aillent beaucoup plus loin.

Tandis qu'on lui demande ce qu'il pense des soucoupes volantes, un large sourire s'épanouit sur son visage heureux de ses créations et il se contente de répondre: "Certaines sont peut-être de simples confusions avec mes ballons... Mais de toute façon, je ne les fabrique sûrement pas toutes..."

Quant au nombre d'engins fabriqués, M. d'Oliveira dit que plus de 5.000 auraient été lâchés par lui, ce à quoi sa femme ajoute: "C'est exactement le 5.850e qu'il vient de fabriquer. Dans les détails, on a le souci de l'ordre".

Cette publicité inattendue ne fait pas peut au curieux fabricant, qui reçoit de bonne grâce de nombreux journalistes et photographes qui le mitraillent sur tous les angles: "Si j'avais su que j'aurais autant de visites, se contente-t-il de dire, je serais sûrement allé passer la journée ailleurs".

Mais l'on sait bien, cepandant, que l'homme est heureux de voir de nombreuses personnes d'intéresser à sa petite manie. Et tandis que nous le quittons, il sourit encore en pensant à la "soucoupe volante" qui, dans le ciel tout proche de Sailly, a stupéfié trois habitants avant de s'écraser à terre, où on ne trouva que du papier qui maintenant attend un autre sort dans les locaux du commissariat de police de Beuvry.

***

Cependant, au Havre, M. André Lefeuvre, chauffeur de taxi, qui stationnait, hier soir, vers 20 h. sur le port, a aperçu un disque incandescent qui, à l'ouest de Deauville, montait dans le ciel, laissant derrière lui une traînée phosphorescente et une légère fumée. Ce phénomène, qui a été visible pendant dix minutes, a eu également pour témoins plusieurs marins regagnant leur bateau.

M. et Mme Teyssier, de Saint-Etienne, qui campaient à Aurec-sur-Loire (Haute-Loire), ont aperçu, dans le ciel, un objet lumineux donnant l'impression d'un gros phare qui se déplaçait à vive allure, à environ 2.000 mètres d'altitude.

L'engin émettait un faisceau lumineux de couleur rouge-orange et suivait une trajectoire Nord-Sud.

Lorsqu'il eut disparu, un deuxième engin, semblable au premier et paraissant le suivre, apparut, suivit la même direction et disparut à son tour.

A peu près au même moment, plusieurs personnes ont aperçu, au-dessus du clocher d'Aurec, des engins semblables qui, après s'être immobilisés un instant, traversèrent le ciel, à vive allure, en direction du sud-Ouest.

Dimanche soir, vers 23 h. 15, sur la route de Montmoreau-Villebois-Lavalette (Charente), M. Jean Allary, 22 ans, a vu très nettement à la lueur du phare de son cyclomoteur, une sorte de tonneau, haut d'environ 1 m. 80, piqué de clous dorés, qui se balançait sur le bord de la route. Lorsque M. Allary eut dépassé l'engin mystérieux, il se retourna à une distance d'environ dix mètres, mais ne vit plus rien.

Des témoins ont vu, hier après-midi, à l'endroit même indiqué par M. Allary, des traces d'environ sept mètres de longueur, dans l'herbe qui borde la route.

Plusieurs personnes ont déclaré avoir aperçu, dans la région d'Epinac-les-Mines (Saône-et-Loire), une sorte de grosse boule lumineuse évoluant lentement, de façon bizarre, dans le ciel.

Un phénomène analogue a été observé dans l'Ain et dans le nord du département du Rhône, vers le col des Echarmaux, ainsi que dans l'Isère, près de Morestel.

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Cette page a été mise à jour le 25 février 2020.