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Les OVNIS dans la presse quotidienne:

LA VAGUE FRANCAISE DE 1954 DANS LA PRESSE:

L'article ci-dessous est paru dans le quotidien Le Libre Poitou, France, le 27 octobre 1954.

POITIERS

La VERITE sur les SOUCOUPES
et les MARTIENS

par l'Abbé LARGEAC

Faut-il croire aux soucoupes volantes?

- C'est pour répondre à l'émotion générale, en même temps qu'à la demande des Recherches scientifiques, que j'écris ces lignes documentaires.

Les phénomènes stellaires, atmosphériques et même telluriques sont tellement nombreux et parfois fréquents [sic!] sous la calotte des cieux, qu'il ne faudrait pas s'imaginer que les soucoupes et marmites volantes sont une invention exclusive de notre siècle atomique.

Il y a eu, à toutes les époques - quelques noms qui leur soient donnés - des feux célestes, plus ou moins développés, étincelants et parfois terrifiants, qui, descendant en trajectoires verticales ou obliques [redondance] ont attiré les regards stupéfaits des hommes, en prenant dans leur chute sur le globe terrestre les formes les plus sensationnelles et les plus fantastiques, très capables de troubler l'opinion publique.

La Librairie Celtique de Paris nous a fait connaître récemment dans un ouvrage des plus documentés, ce qu'étaient au Moyen Age, en Bretagne, les apparitions de poêlons volants.

C'étaient des phénomènes célestes qui se multipliaient autant au dedans de l'imagination des hommes que dans la réalité, et auxquelles la frayeur populaire attachait des présages de mort et de catastrophes [météores et comètes].

Ces phénomènes lumineux éclataient surtout dans les nuits très sombres, prenant la forme de cierges flamboyants [l'auteur est éclésiastique] qui s'allumaient, s'éteignaient, s'envolaient et disparaissaient mystérieusement.

Tantôt ils prenaient la forme de chandelles brillantes qui se plantaient et flottaient sur un étang [feux follets]; tantôt ils ressemblaient à des cierges vacillants qui brûlaient la tête en bas.

Mais ces cierges n'étaient que de petites lueurs en comparaison des "étavas" aux flambeaux énormes, brillant comme des étoiles, et qui avaient la forme sphériques de grandes poêles à frire [météores].

Leur lumière était d'un bleu verdâtre ou d'un jaune de safran, ou encore d'une rouge violacé, s'unissant aux couleurs assombries [?] de l'arc-en-ciel.

Leur forme se confondait souvent, avec celle du disque des poêlons munies d'une queue, et cette queue [la traînée des météores] elle-même semblait briller d'étincelles stellaires, comme la queue d'une comète.

De l'apparition des disques lumineux aux phénomènes planétaires, il n'y avait qu'un pas, facile à franchir.

Aussi l'opinion publique y voyait très rapidement des avertissements du ciel et des présages de malheur.

Il me suffira d'avoir évoqué ces visions de jadis pour faire comprendre qu'il y a eu de tout temps des phénomènes célestes lumineux, d'une forme souvent troublante, qui ont défrayé les conversations et effrayé les esprits crédules.

On peut ajouter qu'il se forme, à ces époques, de véritables épidémies de voyants qui, dans leur trouble plutôt que dans la possessions d'eux-mêmes, sont portés à transformer les disques lumineux qu'ils peuvent apercevoir en poêles, en cierges, en flambeaux, en cigares, en marmite et même en chariots volants.

Du chariot on passe facilement à la conception d'un conducteur, même accompagné de camarades, comme dans la soucoupe volante, nécessairement moins volumineuse [!], on prétend avoir vu quelque petit nain, d'un autre monde.

C'est ainsi qu'il y a mille ans et plus, les poêlons lumineux étaient dirigés occasionnellement par des pygmées poilus, aux yeux effrayants de lumière étincelante.

Donc, peu de changements parmi les voyants d'aujourd'hui, dont quelques-uns se vantent d'avoir vu des Martiens, bardé de fer blanc ou d'aluminium, qui parlent russe, espéranto ou congolais.

Il semble bien par conséquent que notre siècle l'emporte quand même sur les époques précédentes par les susdites apparitions, ou plutôt par les conceptions imaginaires de spectateurs facétieux. Tant il est vrai que l'homme malgré lui, se tourne obstinément vers le surnaturel [la notion de visiteurs martiens ne relève pas du surnaturel] en raison de cette parole d'Alfred de Musset: "l'infini nous tourmente!"

Il est temps de voir ce que recèlent de vrai ou de faux tous les récits de soucoupes volantes du XXe siècle [ufologie].

J'extrais de l'amalgame les histoire les plus abracadabrantes, qui nous ont été rapportées par les gazettes, quelques exemples qui suffiront [erreur] à nous permettre d'analyser à souhait la valeur intrinsèque ou extrinsèque des engins lumineux qui nous sont présentés.

Premier cas. -- Trois ouvriers agricoles ont vu, dans le ciel de l'Allier, un énorme cigare volant qui après diverses évolutions montantes et descendantes, s'est abattu en flèche sur le sol pour éclater, à la manière d'un obus, dans un nuage de poussières. Vision classique [non].

Deuxième cas. -- Deux automobilistes ont aperçu tout près d'Orléans sur l'heure de minuit, un disque lumineux qui semblait tout d'abord se balancer à travers les nuages, apparaissant et disparaissant, pour prendre tout à coup la verticale et venir éclater au sol en merveilleux feu d'artifice. Autre exemple classique [non], très vraisemblable.

Troisième cas. -- Un cycliste rentrant chez lui à deux heures du matin, l'autre dimanche, s'est rencontré avec un Martien qui l'a figé sur place, en lui sautant au cou et en lui donnant l'accolade de ses lèvres d'aluminium, pour s'enfuir en un coup de vent sur la propre bicyclette de notre homme médusé. -- Burlesque et ridicule, pour ne pas dire absurde [certes, typique d'inventions et d'inventions journalistiques comme celle-ci par l'auteur de l'article lui-même, qui fabrique complètement ce cas à partir de l'histoire Mazaud et quelques autres!].

Quatrième cas. -- Cet exemple est le bouquet humoristique [choisi justement pour cela], qui l'emporte sur toutes les imaginations!

Un Mosellan, Pierre Bardou, des environs de Metz, ouvrier d'usine, ouvrait sa porte, au début d'octobre, vers cinq heures du matin, pour se rendre à son travail lorsqu'il a été on ne peut plus surpris d'apercevoir devant lui ... un joli petit clerc en soutane (tombé de la lune en soucoupe volante) qui lui chantait de sa voix cristalline, sur l'air très connu:

"-Au clair de la lune,
Mon gentil Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot. Dans ma sphère volante
Je suis effondré.
J'écris à ma tante
Que j'suis enterré! ...

Le petit lunaire disparut, et le Mosellan s'évanouit de stupeur!
Nouvelle géographie: Mais aux environs de Marseille! [?]

Conclusion. -- Il y a certainement des observateurs d'occasion qui regardent, admirent, et voient des choses se rapprochant des réalités lumineuses possibles.

Mais il en est d'autres qui voient certainement, les yeux fermés, afin de mieux faire parler toutes les conceptions de leur imagination et leurs plaisanteries tartarinesques. Voilà le résumé de toutes [non] les histoires de soucoupes volantes, les unes vraisemblables [Certes.], les autres complètement imaginaires [certes.].

De quoi s'agit-t-il donc? [discussion venant après la conclusion.] Quelle peut être la base des véritables disques lumineux - qu'ils portent un nom ou un autre - qui semblent apparaître la nuit [non] à diverses époques?

Lisez bien. Il est au-dessus de nos têtes une voûte immense [non] appelée le firmament.

Ce firmament est parsemé d'astres, de planètes et d'étoiles.

Les astres sont d'énormes corps célestes lumineux [!], dont la photographie nous donne une idée. Mais le mot astres se rapporte aussi à des corps lumineux du firmament. Il se dit même de la Lune:

"Et l'astre de nuit
Dont les faibles rayons nous guident sous l'ombrage."

(C. Delavigne)

Mais on dit plus scientifiquement [!] du soleil:

"Sur les flots agités par les vents et l'orage,
L'astre brillant de jour ne peint pas son image."

(Delilla)

Les planètes sont des corps célestes qui n'ont pas de lumière propre, la recevant du soleil autour duquel elles gravitent [Certes.].

Les huit grandes planètes visibles à l'oeil nu sont, à partir du Soleil: Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. [M. l'Abbé dit vrai.] Il y a un certain nombre également de planètes secondaires.

Les étoiles, à l'encontre des planètes, sont des astres fixes, qui brillent d'une lumière propre: Sirius est une des plus brillantes parmi les étoiles qui peuvent, à leur tour, comme le soleil, être le centre d'autres systèmes planétaires. Leur nombre est indéfini [En effet; il y a plus de 100 000 000 000 étoiles dans notre galaxie.].

(A suivre.)

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Cette page a été mise à jour le 26 janvier 2006