L'article ci-dessous est paru dans le quotidien Le Journal de Biarritz et de la Côte Basque, France, page 2, le 29 octobre 1954.
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Il s'est agi beaucoup de soucoupe volante au dernier Capitou ou de l'Académie Gasconne. Le directeur de l'honorable "compagnie" a lui-même ouvert le feu en rappelant un fait-divers qui fit quelques bruits - pendant 24 heures - dans le Landerneau bayonnais.
C'était le 2 novembre 1927. A onze heure du matin, on put voir un grand attroupement dans la rue Port-Neuf. Que se passait-il? Un accident? Une dispute ? Ni l'une ni l'autre Les gens, le nez en l'air, regardaient avec ébahissement une magnifique étoile qui scintillait de tous ses feux en plein jour, dans un ciel d'une parfaite pureté.
Les commentaires allaient bon train et un reporter, m'elé aux badauds, recueillit les plus pittoresques...
Certains annonçaient la fin du monde comme imminente; d'autres voyaient là un présage des pires calamités. Un "scientifique" saluait la naissance dans le ciel bayonnais d'une nouvelle comète; un naïf qualifiait cet astre immobile "d'étoile filante". Un plaisantin, avisant, dans la foule, un soldat vêtu d'un cuir, disait à ses voisins: "Vous voyez cet aviateur?... Il se demande comment il va rejoindre son monoplan qui est en panne là-haut!"
Un représentant de commerce insinuer que c'était une réclame de l'isar a bien profité pour placer des pattes la lune et du Marteil trois étoiles.
Le lendemain, le "Courrier de Bayonne" donnait le mot de l'énigme: "Descendez dans un puits, écrivait-il, car il y fait encore plus sombre que la rue Port-Neuf. De là, vous verrez non pas une, mais cent étoiles en plein jour, surtout si le temps est clair".
L'histoire ne dit pas si quelqu'un fit l'expérience. Ce qui est certain, c'est qu'on ne parla plus de la fameuse étoile.
Nos aînés étaient, décidément, moins crédules qu'on ne l'est aujourd'hui!
PEILLIC