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Le phénomène OVNI et la science:

Marcello Truzzi est professeur de sociologie à l'Université du Michigan Ouest. Cet article est réimprimé, sans autorisation, et traduit sans autorisation, depuis le "Zetetic Scholar," Numéros 12-13, de 1987. Dans son opinion cette critique du pseudo-scepticisme se réclamant de l'autorité de la science, mais empêchant en fait la progrès de la science, n'a jamais été aussi à propos.

Marcello Truzzi est un Co-Président et un des fondateurs de CSICOP, le centre pour la recherche scientifique sur les affirmations du Paranormal.

En tant qu'ufologue auto-proclamé (personne qui parle des OVNIS), mon seul souhait est que chaque scientifique et non scientifique comprenne cet essai et se mette enfin à l'appliquer à la lettre quand il s'agit d'OVNIS.

Ma seule question à Marcello Truzzi serait: " quand vous dites 'plus les affirmations sont extraordinaires, plus solide doivent être les preuves', quelle est donc la limite maximale de la solidité des preuves que l'on est en droit d'exiger, pour, au moins, admettre qu'un certain problème ne soit pas à ignorer totalement?"

Du pseudo-scepticisme:

"Du Pseudo-Scepticisme"

par Marcello Truzzi

Co-directeur et fondateur de CSICOP

Au cours des années, j'ai critiqué l'abus du terme "sceptique" quand on l'utilise pour se rapporter à toutes les critiques des affirmations du paranormal. Hélas, l'étiquette a été de fait très mal appliquée par les partisans et les opposants du paranormal. Parfois les utilisateurs du mot "sceptique" ont voulu distingué un prétendu scepticisme "doux" d'un prétendu scepticisme "durs", et j'ai en partie rétabli le terme "Zététique" en raison de l'abus du terme "sceptique." Mais je pense maintenant que les problèmes créés dépassent la seule terminologie et il faut y mettre bon ordre. Puisque le "scepticisme" se rapporte justement au doute plutôt qu'a la négation - à l'incrédulité plutôt qu'à la croyance - les critiques qui choisissent la dénégation plutôt qu'une position d'incrédulité mais se qualifient quand même de "sceptiques" en réalité des pseudo-sceptiques et ont, je le crois, gagné en usurpant cette étiquette un avantage usurpé.

En science, le fardeau de la preuve incombe à celui qui fait un postulat; et plus son postulat est extraordinaire, plus le fardeau de la preuve exigé est lourd. Le vrai sceptique prend une position agnostique, celle qui consiste à dire que le postulat n'est pas prouvé, plutôt qu'à dire qu'il est réfuté. Il affirme que le postulant n'a pas réussi à apporter la preuve et que la science doit continuer à construire son modèle cognitif de la réalité sans incorporer ses affirmations extraordinaires comme s'il s'agissait de "faits" nouveaux. Puisque le sceptique vrai ne propose pas de postulat, il n'a aucun devoir de prouver quoi que ce soit. Il continue simplement à employer les théories établies de la "science conventionnelle" comme à son habitude. Mais si un critique affirme qu'il y a des preuves que l'affirmation du postulant est fausse, s'il dit qu'il a une hypothèse contraire - disant, par exemple, qu'un résultat d'une expérience psi s'explique par une certaine raison conventionnelle - il fait un postulat et il donc doit également prouver son postulat, il a le fardeau de sa preuve à sa charge. Parfois, de telles affirmations de dénégations par les critiques sont également des affirmations tout à fait extraordinaires - par exemple, qu'un OVNI aurait en fait été un plasma géant, ou que quelqu'un dans une expérience psi a été avantagé par une capacité auditive qui dépasse d'un cran celle des oreilles normales. Dans ces cas-ci le postulant négationniste peut également devoir apporter une preuve d'une solidité au-delà d'une preuve que l'on demanderait pour un affirmation peu extraordinaire.

Les critiques qui émettent des affirmations pour nier, mais qui se qualifient de manière erronée de "sceptiques," agissent souvent comme s'ils n'ont aucunement le devoir d'apporter la preuve de leurs dénégation, alors qu'une telle façon d'agir soit seulement appropriée pour le sceptique agnostique ou "vrai sceptique." Un résultat de ceci est que de nombreux critiques semblent croire qu'il leur est seulement nécessaire de présenter un argument pour leurs contre-affirmation basé sur la plausibilité plutôt que sur des preuves empirique. Ainsi, si dans une expérience psi on peut montrer qu'un sujet a eu une possibilité de tricher, beaucoup de critiques semblent supposer non pas simplement qu'il a probablement triché, mais qu'il doit avoir triché, indépendamment de l'absence complète de preuves qu'il a effectivement triché et parfois en ignorant les preuves de la réputation d'honnêteté du sujet. De même, on propose que parfois des procédures inexactes de randomization sont la cause des bons scores d'un sujet dans une expérience psi en dépit de ce qui ait été établi est la possibilité qu'une telle erreur pourrait avoir causé les bons résultats. Bien entendu, la valeur de l'expérience est considérablement réduite si l'on découvre une faille de sa conception qui permettrait à un artifice de fausser les résultats. Découvrir une possibilité d'erreur devrait rendre de telles expériences moins fondées et plus aisément réfutables. De telles failles réfutent en pratique l'affirmation que l'expérience était conçue pour "totalement éviter" toute erreur ou triche, mais elle ne réfute pas le postulat de l'anomalie.

Montrer que des preuves sont réfutables n'est pas une raisons pour écarter complètement ce qui a été affirmé. Si un critique affirme que le résultat était dû à un effet X, ce critique alors a le fardeau de prouver que l'effet X peut produire et a probablement produit de tels résultats dans de telles circonstances. Evidemment, dans certains cas l'appel à la seule plausibilité qu'un effet X a produit le résultat peut être si évident que presque tous accepterait l'argumentation; par exemple, quand nous apprenons que quelqu'un connu pour avoir triché dans le passé a eu une occasion de tricher dans une expérience, nous pourrions raisonnablement conclure qu'il a probablement triché cette fois également. Mais dans bien trop d'exemples, le critique qui fait un argument simplement plausible pour un effet X ferme la porte à toute future recherche alors que la science véritable exige que son hypothèse d'un effet X soit également évaluée. Hélas, la plupart des critiques semblent heureux de se reposer dans leurs fauteuils à produire des dénégations fabriquées à posteriori. Quel que soit le camp qui détient la vraie explication, la science progresse mieux par des investigations du type examen en laboratoire.

Par ailleurs, les partisans d'une affirmation d'une anomalie qui identifient l'erreur ci-dessus peuvent aller trop loin dans l'autre direction. Certains argumentent, comme Lombroso quand il a défendu la mediumnité de Palladino, que la présence d'une perruques n'empêche pas l'existence de vrais cheveux. Nous devons tous nous rappeler que la science peut nous indiquer ce qui est empiriquement peu probable mais pas ce qui est empiriquement impossible. La preuve, en science, est toujours une question de degré et est rarement toujours absolument concluante. Quelques partisans d'anomalies, comme certains critiques, sont peu disposés à considérer les preuves en des termes probabilistes, s'accrochant à la fin n'importe quel infime indice comme si le critique doit réfuter toute preuve qui sera jamais proposée pour une affirmation particulière. Les critiques et les partisans doivent apprendre à penser au compromis en science comme on le voit se pratiquer dans les palais de justice, imparfaits, et confrontés à des degrés variables de preuve et d'indices. La vérité absolue, comme la justice absolue, ne peu que rarement être atteinte. Nous pouvons seulement faire de notre mieux pour les approcher.

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Cette page a été mise à jour le 18 novembre 2001