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La vague française de 1954:

La page d'accueil concernant les cas de la vague française de 1954 se trouve ici.

6 octobre 1954, Bois-Colombes, Hauts-de-Seine:

Référence pour ce cas: 6-oct-54-Bois-Colombes. Merci de citer cette référence dans toute correspondance avec moi en rapport avec ce cas.

Résumé:

A l'automne 1954, au coeur de la "vague", le magazine parisien Radar avait lancé un concours: la première personne capable de leur faire parvenir une photo de soucoupe volante que leur jury accepterait comme authentique, remporterait un million de Francs de l'époque.

Parmi les envois qui ont alors suivis, il y avait cette photo que le magazine publiait le 31 octobre 1954:

Le magazine disait que c'était l'une des trois qu'ils avaient retenue pour cette semaine-là pour examen, et légendait la photo ainsi:

"M. Dahin, de Bois-Colombes, envoie cette photo qu'il a faite le 6-10-54. Le disque passait sur le Mont Valérien."

Dans le numéro de la semaine suivante, Radar donnait le verdict de leur jury: la photo était rejetée.

Les arguments du jury étaient bien légers. Le Général Lionel Max Chassin, commandant en chef de la Défense Aérienne du Territoire, aurait juste asséné: "C'est de la rigolade. A mon humble avis, cette photo ne peut être prise en considération." Louis Chéreau (ou Jules?), délégué général pour le "congrès pour le progrès scientifique" et président du "jury du roman d'anticipation", était hors-sujet, éliminant d'abord toute photo en exigeant "un morceau, si petit soit-il", de soucoupe, puis a assurant que le cliché "est un petit dessin fait avec application."

Paul Montel, directeur de la revue Le Photographe, aurait eu "un doute mais est formel", commençant par assurer que la photo "présente ou un défaut de la plaque ou de la gélatine..." mais rendant cette apparente découverte douteuse puisqu'il ajoutait "A moins que ce soit un léger truquage..."

Alexandre Ananoff, spécialiste de l'astronautique, rappelait lui que "la fraude est facile" mais concédait que la photo serait la plus intéressante des trois examinées cette semaine-là. Il note que l'objet "apparaît avec netteté." Il démontre ainsi qu'on n'a même pas demandé l'heure de prise de vue puisqu'il déclare "Je crois que M. Dahin a opéré au crépuscule", et se demande alors s'il s'agirait-il "d'un phénomène de soleil couchant? Oui sans doute." Il déclare finalement que "seul un objet de forme triangulaire" le convaincrait, au motif que les photos montrent trop souvent les formes de "soucoupes" qui "paraissent ça et là dans diverses publications".

Rapports:

[Ref. rdr1:] MAGAZINE "RADAR":

M. Dahin, de Bois-Colombes, envoie cette photo qu'il a faite le 6-10-54. Le disque passait sur le Mont Valérien.

CETTE SEMAINE NOTRE
JURY EXAMINERA
CES TROIS ENVOIS

La chasse aux soucoupes et au million de "Radar" se poursuit. Parmi les nombreux envois qui nous sont parvenus, notre jury se livrera cette semaine à l'examen approfondi de trois d'entre eux. Les voici. Le général L. Max Chassin, cdt en chef de la Défense aérienne du territoire, et M. Audoin Dolfus, aéronaute, attaché à l'Observatoire de Meudon, ont bien voulu accepter de se joindre à MM. Gabriel Voisin, Louis Cheneau et Marcel Natkin que nous avons présentés la semaine dernière à nos lecteurs. Rappelons que tout document doit être accompagné des pièces justificatives nécessaires. De plus, ce document n'aura jamais dû paraître dans aucune autre publication.

[Ref. rdr2:] MAGAZINE "RADAR":

UNE SEMAINE DE REFLEXION N'A PAS
FAIT DECOUVRIR L'OISEAU RARE

Avec un retard de huit jours, notre jury s'est penché sur les trois envois retenus la semaine dernière. Au groupe de jurés que préside le général de l'Air Chassin, commandant en chef de la Défense Aérienne du Territoire, se sont joints MM. Paul Mendel, directeur de la revue "Le Photographe", et Ananoff, pionnier de l'astrophysique. Nous pensions que les candidats au million de "Radar" auraient des chances d'avoir pris au vol l'oiseau rare qui a pour nom soucoupe volante. Après examen, nos techniciens n'ont pu couronner personne...

Voici l'avis du Général Chassin et de MM. Chéreau, Montel et Ananoff sur le premier document envoyé par M. Dahin, de Bois-Colombes. Rappelons que l'engin avait été photographié le 6-10-54 au moment où il survolait le Mt-Valérien. "C'est de la rigolade. A mon humble avis, cette photo ne peut être prise en considération" affirme le général Chassin. Louis Chéreau est non moins catégorique: "La photo est souvent trompeuse, moi, ce que je désire, c'est un morceau, si petit soit-il, de la soucoupe. Or ce cliché est un etit dessin fait avec application." M. Montel a un doute mais est formel: "La photo présente ou un défaut de la plaque ou de la gélatine... A moins que ce soit un léger truquage...". Et c'est le tour de M. Ananoff: "La fraude est facile. Toutefois, ce document est le plus intéressant des trois. L'objet apparaît avec netteté. Je crois que M. Dahin a opéré au crépuscule. Ne s'agirait-il pas d'un phénomène de soleil couchant? Oui sans doute. Mais seul un objet de forme triangulaire me convaincrait. On est frappé par cette constatation d'ordre général: les photos ont trop tendance à reproduire les dessins des soucoupes qui paraissent ça et là dans diverses publications".

Explications:

Soyons clairs: toute photo d'OVNI est une fraude possible. Il n'y a tout simplement aucun moyen de prouver qu'une photo n'est pas frauduleuse.

Cela étant dit, ce cas révèle à nouveau le manque total d'expertise du jury de Radar.

Pour être juste, nous ne savons pas exactement ce que les membres du jury avaient dit; nous n'avons que ce que Radar nous dit de ce qu'ils auraient dit.

Cependant, beaucoup de choses se distinguent en tant que preuve d'incompétence, ou au moins, de total désintérêt.

Par exemple, Alexandre Ananoff (présenté comme un pionnier de l'astrophysique dans le magazine, mais en fait un pionnier de l'astronautique) suggère et affirme ensuite que ce doit être "un phénomène de coucher de soleil", indiquant qu'il trouve par devinette que le témoin a pris la photo au crépuscule. Cela montre que les membres du jury n'ont même pas pris la peine de demander au témoin à quelle heure il a pris sa photo de soucoupe alléguée... malgré la promesse du magazine Radar de ne rien négliger et d'interroger les témoins autant que nécessaire...

Par exemple, Paul Montel "a un doute mais est formel"... Mais soit vous avez un doute, soit vous êtes formel, ça ne peut pas être les deux.

Il révèle également qu'il n'a pas vraiment vérifié le film et qu'il supposait seulement "un défaut des plaques ou de la gélatine". C'est soit une plaque, soit un film de "gélatine", pas les deux. Donc il ne le sait pas. Et pourtant, Radar était supposé avoir demandé le film original, pas seulement des tirages.

Je suis d'accord avec Alexandre Ananoff sur deux choses, la fraude est facile, et cette photo est la "meilleure" des trois qu'il a pu examiner cette semaine-là. Mais l'argument "Je veux voir un triangle" sous le prétexte que les photos des soucoupes doivent être inspirées des croquis des soucoupes dans les médias est vraiment idiot. Si seuls les rapports visuels étaient des soucoupes et que les photos montraient des triangles, qu'aurait-il dit? Eh bien, il aurait certainement dit que le triangle sur la photo ne correspond pas aux rapports visuels... Son argument était réversible, donc sans utilité scientifique. Bien sûr, je peux ajouter que les rapports visuels sont très divers, pas tous de "soucoupes", le terme étant plus utilisé comme "étiquette" que comme description, que de nombreux rapports ont été causés par des météores et mentionnent donc une traînée qui n'apparaît pas sur la photo, etc. etc.

Mais... un "phénomène de soleil couchant"? Certainement pas, dans la mesure où s'il s'agissait du soleil, il est là en hauteur, donc pas couchant. Et bien sûr, l' "objet" est elliptique, montrant une forme incompatible avec le Soleil même si des nuages étaient intervenus.

Maintenant, tout ce que je peux dire sur cette image est:

L'objet aurait peut-être un dirigeable publicitaire lumineux; mais il n'y avait pas de telles choses en France en 1954 à ma connaissance. Il aurait pu s'agir d'une mini montgolfière artisanale (alias lanterne thaïlandaise), mais elle aurait apparemment été la seule dans cette région cette année-là. Ce pourrait être quelque chose de peint sur une vitre, ou un défaut sur le négatif, un canular dans ces cas. C'était peut-être un vaisseau spatial extraterrestre, mais cela reste à prouver.

Mots clés:

(Ces mots clés sont uniquement destinés à aider les recherches et ne préjugent pas des faits.)

Bois-Colombes, Hauts-de-Seine, Dahin, photographie, canular photographique, Mont Valérien

Sources:

[----] indique des sources que je n'ai pas encore pu consulter.

Historique du document:

Version: Créé/changé par: Date: Description:
1.0 Patrick Gross 26 avril 2020 Première publication.

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Cette page a été mise à jour le 26 avril 2020.