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La vague française de 1954:

La page d'accueil concernant les cas de la vague française de 1954 se trouve ici.

15 octobre 1954, Sinceny, Aisne:

Référence pour ce cas: 15-oct-54-Sinceny. Merci de citer cette référence dans toute correspondance avec moi en rapport avec ce cas.

Rapports:

[Ref. li1:] JOURNAL "LIBERTE DIMANCHE":

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LA REGION DIEPPOISE ATTEINTE A SON TOUR

SOUCOUPE, CIGARE
et "être étrange"

sont apparus à un habitant de Londinières

L'actualité fait une consommation courante de soucoupes et autres engins volants, et rares sont les régions qui n'ont pas encore trouvé en ces apparitions matière à dissertation.

Avouons cependant que la Normandie n'a pas été jusqu'ici très gâtée et l'on est fondé de se demander si la sagesse du Normand, lequel ne se laisse guère influencer et prendre aux "on dits", ne joue pas en l'occurrence un rôle prépondérant.

Si nous entendons, bien sûr, que les visions de soucoupes volantes tombent dans le domaine d'une imagination trop fertile, d'une hallucination individuelle ou collective...

Mais voici que vient de Londinières une information qui peut permettre à notre province (laquelle montrerait ainsi son désir de n'être point rétrograde) de se hisser au niveau des autres régions qui "ont vu".

Et d'un seul coup, voilà qu'on nous sort quatre soucoupes, un cigare et un être étrange (de 1 m. 20, comme il se doit, pour ne point rompre le charme) accompagnée de phénomènes qui, eux non plus, n'ont rien de tellement inédit.

M. Henri Robert circulait en auto sur la R.N. 214, à la nuit tombante, entre Mesnières et Londinières - où il habite - quand, à Bagnolet, il aperçut quatre engins superposés, de couleur orange "semblant être des soucoupes volantes", qui évoluaient à 300 mètres de hauteur. L'une d'elles se détacha, descendit et vint zigzaguer devant sa voiture avant de disparaître. Dans le même temps, M. Robert avait ressenti comme une forte commotion électrique et les commandes de son véhicule avaient été momentanément annihilées.

A peine était-il remis de sa surprise, qu'à 3 kms de là, M. Robert aperçut dans ses phares, au milieu de la chaussée, un être étrange de 1 m. 20 environ. Cette fois ce furent ses phares qui s'éteignirent, puis se rallumèrent aussitôt. L'automobiliste remarqua alors, au bord du talus, un engin long de trois mètres, pointu à ses deux bouts et de forme cylindrique.

Le fameux cigare dans toute l'acception du terme auquel il ne fallut "qu'une seconde" pour disparaître, tous feux éteints, dans la direction du Nord.

C'est à une heure du matin, samedi, que M. Robert est venu faire, à la gendarmerie de Londinières, le récit de ce qu'il avait vu et ressenti. Mais ses propos étaient incohérents, ses paroles sans suite.

Effet de la commotion dont il se disait avoir été la victime quelques heures plus tôt, ou réaction causée par l'amoncellement de soucoupes d'un autre genre, et d'un modèle plus courant, sur quelque guéridon.

Les gendarmes se rendirent à Baillolet où ils ne constatèrent rien d'anormal, ceci étant confirmé par un nouveau déplacement, samedi matin, de jour. Aucune trace, aucun autre témoin du phénomène...

Ce qui n'empêcha pas M. Robert, à 9 heures, de confirmer son récit.

Attentat manqué contre un faux "Martien"

LILLE. 16 octobre (A.F.P.). -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny (Aisne), était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. L'enquête permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, un voisin, M. Faisant.

J'ai cru, a-t-il dit, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré.

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

[Ref. lf1:] JOURNAL "LE FIGARO":

M. Ruant, cultivateur à Sinceny (Aisne) était occupé, la nuit, à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était un voisin, M. Faisan. Ce dernier a déclaré à la police: "J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré." M. Faisant sera poursuivi, malgré sa bonne foi.

[Ref. rt1:] JOURNAL "LA REPUBLIQUE DE TOULON ET DU VAR":

ATTENTAT MANQUE
CONTRE
UN FAUX MARTIEN

Lille, 16 octobre. -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne) a bien failli être victime de la panique que cause à certains l'apparition des soucoupes ou autres objets volants. Hier soir il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant, M. Faisan. Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière des phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré".

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

[Ref. vm1:] JOURNAL "VAR MATIN - REPUBLIQUE":

Attentat manqué contre un faux martien

Lille, 16 octobre. -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne) a bien failli être victime de la panique que cause à certains, l'apparition des soucoupes et autres objets volants. Hier soir, il était occupé à dépanner sa voiture dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte, permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était un voisin de M.Ruant. Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant, une silhouette évoluant dans la lumière des phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

René Mante

[Ref. hm1:] JOURNAL "LA HAUTE-MARNE LIBEREE":

DES ENGINS MYSTERIEUX
continuent à fréquenter avec assiduité le ciel de France

Les témoignages s'accumulent venant chaque jour apporter quelque détail nouveau soit sur les soucoupes, soit sur les cigares volants.

Alors que samedi soir, plusieurs témoins de bonne foi, dont M. Béranger, Maire de Saint-Laurent-du-Var, conseiller général, avaient aperçu au-dessus de Nice, un disque de couleur orange, cette fois au-dessus de Cannes, plusieurs personnes observaient un engin lumineux de couleur jaune avec une queue verte. Mais le témoignage le plus intéressant devait être apporté par un employé de la recette municipale d'Antibes, M. Casella, habitant à Biot, qui rentrant dans la soirée chez lui, se trouva nez à nez avec un énorme engin mécanique mesurant 7 à 8 mètres de diamètre posé au milieu de la route. Le témoin qui était à bicyclette s'approcha de l'engin jusqu'à presque le toucher mais alors celui-ci s'éleva à la verticale et, avec un léger sifflement, disparut dans le ciel.

Dans le ciel provençal, à Venergues, plusieurs vendangeurs ont aperçu un engin de forme allongé tel un cigare, à déclaré l'un d'eux et de couleur blanche et bleue, a précisé un second. Un troisième vendangeur a indiqué que la fusée paraissait émettre des rayons lumineux.

Au Puy, un objet brillant a été observé entre 17 h. 30 et 18 h. 35 par la station météorologique du Puy-Chaudrac. L'engin apparaissait comme une olive droite avec au sommet, une sorte d'antenne noire. Le chef de la station précisa qu'il crut être en présence de la planète Jupiter, mais la disparition subite de l'objet démontra qu'il avait fait erreur. Le même phénomène a été aperçu par le centre de météorologie de Ruyères (Cantal). On peut rapprocher ces témoignages de celui de milliers d'habitants de Tulle qui, vers 15 h.30, aperçurent dans le ciel, en direction sud sud-est, un gros point brillant et immobile. Il semblait transparent et affectait la forme d'un cylindre dont les deux extrémités étaient coniques.

Attentat manqué contre un faux Martien

M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne), a failli être victime de la panique que cause à certain l'apparition des soucoupes ou autres engins volants. Il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permis de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu qui était voisin de M. Ruant, M. Faizan.

Ce dernier a déclaré à la police:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Malgré sa bonne foi, M. Faizan sera poursuivi.

[Ref. ak1:] JOURNAL "THE AKRON BEACON JOURNAL":

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Un Homme de Mars?

Non, C'est Maurice

LILLE, France (UP) -- Maurice Ruant est sorti de son auto en panne pour examiner le moteur et a été raté de justesse par des plombs de deux balles de fusil de chasse.

Un voisin excité a expliqué: "Quand j'ai vu un homme debout dans la lumière d'une machine, j'ai pensé que c'était un Martien réparant sa soucoupe volante."

[Ref. cp1:] JOURNAL "COURIER-POST":

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Un Homme Tire Sur Un Automobiliste Qu'il Pensait Etre un Martien

LILLE, France (UP) -- Maurice Ruant est sorti de son auto en panne pour examiner le moteur et a été raté de justesse par des plombs de deux balles de fusil de chasse.

Un voisin excité a expliqué: "Quand j'ai vu un homme debout dans la lumière d'une machine, j'ai pensé que c'était un Martien réparant sa soucoupe volante."

[Ref. pd1:] JOURNAL "ST. LOUIS POST-DISPATCH":

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ON LUI A TIRE DESSUS COMME UN ENNEMI 'MARTIEN'

LILLE, France, 18 oct. (UP) -- Maurice Ruant est sorti de son auto en panne pour examiner le moteur et a été raté de justesse par des plombs de deux balles de fusil de chasse.

Un voisin excité a expliqué: "Quand j'ai vu un homme debout dans la lumière d'une machine, j'ai pensé que c'était un Martien réparant sa soucoupe volante."

[Ref. fa1:] JOURNAL "FEUILLE D'AVIS:"

LILLE, 17. -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne), a bien failli être victime de la panique que cause à certains l'apparition des soucoupes.

Dimanche soir, il était occupé à dépanner sa voiture, dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de fusil de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant, M. Faisan.

Ce dernier a déclaré à la police:

«J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer une soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré.»

Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi.

[Ref. ra1:] MAGAZINE "RADAR":

Trois candidats au
MILLION.

FEU SUR LE MARTIEN!

[Insert:] "Tu verras qu'un d'ces jours, les Martiens s'promèneront à Chauny" avait-on dit en riant à M. Faisant. Et ce brave cultivateur de l'Aine avait hoché la tête d'un air entendu. "J'ai d'quoi les recevoir!" avait-il répliqué simplement. M. Faisant avait réintégré son logis. Il s'était assis auprès de la fenêtre, les yeux fixés sur l'ombre qui noyait peu à peu les prés et les bois. Soudain, il tressaillit...

Note:

Le "million de radar" était un concours lancé par ce magazine, qui promettait un million d'anciens francs à quiconque leur livrerait un martien.

[Légende des trois photos:]

]

M. Faisant: "On en avait tant parlé!"

"J'étais penché sur ma roue arrière, dit M. Ruault, quand j'entends siffler."

"Aussitôt après, un coup de feu! ... Ma carrosserie est criblée de plombs."

[Ref. sp1:] JOURNAL "THE STAR PRESS":

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La France, Aussi, 'Envahie' Par les Martiens

Paris (UP) -- Une épidémie de soucoupes volantes fait voir des hommes de Mars aux français.

L'autre soir, dans le village lorrain de Waldscheid, une bande de jeunes terrifiés a foncé à la maison pour signaler que les hommes de Mars avaient atterri dans le jardin d'un villageois. La gente féminine s'est cachée dans l'église du village, espérant la protection Divine.

Les hommes ont attrapé des faux, des clubs et les quelques armes disponibles et ont marché contre les Martiens. Ils marchaient vers le jardin. Il y avait là les envahisseurs, de la moitié de la taille humaine, avec des têtes brillantes immobiles. Il s'est avéré qu'ils étaient des chrysanthèmes en grande floraison que le résident avait recouvert de tissus brillants contre le gel.

Le modèle standard

Lorsque la visite à grande échelle venue des zones extérieures a commencé, la soucoupe volante était le modèle standard. Depuis lors, des cigares lumineux, des poêles à frire, des disques, des melons et même des cloches ont sillonné le ciel français en nombre croissant.

Au cours de la semaine, les villageois de Momy (Basses-Pyrénees) ont pris les champs avec des armes improvisées pour faire face à une soucoupe volante fraîchement arrivée. Ils ont trouvé une citrouille creuse avec une bougie allumée à l'intérieur.

Deux nuits plus tôt, un agriculteur de la région de Bordeaux s'arrêta pour réparer sa voiture sur une route isolée et a échappé de peu à la mort quand un résident le confondit pour un envahisseur céleste et lui tira dessus les deux canons de son fusil.

Il y a dix jours, Gilbert Lelay a dit à ses parents à Chateaubriant qu'un petit martien était sorti d'un cigare volant et lui a donné volontiers l'autorisation de le regarder, mais l'a prévenu de ne pas le toucher.

Près de Toulouse, un mécanicien, Jean Marty, 43 ans, a informé la police qu'il a vu une soucoupe orange atterrir près de sa maison. Elle a rapidement filé dans la nuit, mais Marty a trouvé deux feuilles de papier sur le sol, recouvertes de marques cryptiques qui, nul ne pouvait le réfuter, pourraient être de la littérature martienne.

Le magazine hebdomadaire L'Express a offert une récompense de 10 000 000 de francs (28,570 $) à la première personne qui apporterait un véritable martien vivant à son bureau.

Le journal plus savant Le Monde, se lamentant de l'éruption des soucoupes volantes, a pleuré les jours de notre bien-aimé serpent de mer.

[Ref. rp1:] REVUE DE LA PENSEE FRANCAISE:

Le magazine indique qu'à l'automne 1954, un habitant de Sinceny a tiré un coup de fusil sur un automobiliste en panne en croyant voir un Martien en train de réparer sa soucoupe. Comme le tireur visait aussi mal qu'il raisonnait, le pseudo-Martien en a été quitte pour sa peur.

[Ref. rc1:] R. COMBALDIEU, DOCTEUR EN DROIT:

R. Combaldieu, Docteur en Droit, Substitut du procureur général près la Cour d'appel de Paris, Membre de la Commission d'Etudes pénales législatives, a publié un article intitulé "Soucoupes volantes, Martiens et ... Droit pénal" le numéro d'octobre-décembre 1954 de la Revue de Science Criminelle et de Droit Pénal Comparé.

Il y traite de la question juridique de savoir s'il est assimilable, au regard de la loi pénale de tirer un coup de feu sur un "Martien".

Il note d'emblée que si la question peut sembler être de la fantaisie ou de la science fiction, sans application pratique, mais ce n'est justement pas le cas du fait de l'affaire de Sinceny.

Il semble que la qualification retenue ne lui ait pas été connue, et puisque aucune blessure n'a été occasionnée, il évoque comme possibilité la tentative de meurtre, ou quelque chose de l'ordre d'un délit de chasse, ou que les faits n'ont aucune qualification ce qui exclurait toute poursuite.

Abordant ce que peut être l'influence de l'erreur de fait sur la responsabilité pénale en général, il conclut que le tireur a voulu l'action mais pas ce qui en a résulté effectivement c'est à dire d'avoir presque blessé ou tué un homme.

Il note que la responsabilité du tireur peut être engagée si l'on peut montrer qu'il y a une négligence ou une imprudence commise dans le fait de ne pas s'être assuré de ce sur quoi il tirait, et que dans ce cas de figure, l'erreur étant la négation de l'intention, on ne peut plus parler de délit intentionnel.

Il note qu'il y a bien une erreur dans ce cas, que ce n'est pas pour tirer sur son voisin qu'il a commis l'acte si l'on en croit les comptes rendus, mais bien en croyant avoir affaire à un martien, sans que toutefois cela ne puisse faire disparaître sa responsabilité pénale.

Il note que le tireur a voulu "tuer Paul et à tué Pierre", mais que cela n'est pas dans le cadre d'une erreur de tir, il voulait bien tuer Pierre, ce qui dans l'intention correspond toujours à une intention de meurtre.

Ceci amène naturellement à une discussion de la question évidente: sa tentative d'homicide volontaire a un sens clair s'il avait voulu tuer un être humain, mais quel en est le sens puisqu'il a voulu tuer un Martien?

Il doit en effet être jugé pour avoir voulu tuer un Martien, et non pas pour avoit voulu tuer un homme.

Ceci amène les réflexions suivantes: peut-on assimiler un Martien à un homme alors que l'on ne sait pas ce qu'est un Martien? Peut-on faire cette assimiliation si le martien est anthropomorphe (on dit aujourd'hui "humanoïde")?

Il conclut par la négative: "humain" vient de homo et est apparenté à humus, terre. L'humain est proprement terrestre, par opposition aux créatures célestes. Le MArtien pourrait être prononcé comme un être nécessairement adapté aux conditions physiques du milieu dans lequel il vit, et également comme un être évolué, avec une raison et une intelligence, puisqu'il a pu inventer et utiliser des engins spatiaux pour venir chez nous (non sans humour il note que ce n'est pas réciproque).

Mais il conclut: "Il n'en demeure pas moins que toute assimilation du "Martien" à l'humain serait purement gratuite, faute d'être démontrée et comme telle sans valeur, dans une matière où tout argument d'analogie doit être banni."

Il cite le propos du professeur Oberth, inventeur de la fusée V-2, qui avait été diffusé dans la presse sous forme naïve: Oberth avait expliqué que les Martiens ou d'autres extraterrestres sont peut-être aussi différents de nous qu'un végétal est différent d'un animal, et les journaux avaient titré que selon Oberth, les Martiens sont des plantes!

De par cela, il démontre qu'il y a dans ce problème juridique un éclatement total des concepts et du cadre pour lequel nos lois avaient été conçues.

Il condamne le geste du tireur: l'existence de "Martiens" n'ayant pas encore été démontrée même si à ce moment de plus en en plus de gens y croient, ce qui aurait été motif d'internement en asile psychiatrique quelques mois plus tôt, pour lui le tireur aurait dû se dire: "Si celui que je prends pour un Martien n'était par hasard qu'un vulgaire humain, je ne dois pas tirer avant de vérifier."

Pour les besoins de la discussion, il prend alors l'affaire dans le sens d'un délit de chasse. Mais il faudrait alors assimiler les Martiens à des animaux nuisibles ou dangereux, "alors qu'ils se sont révélés aimables et même tendres, à en croire certains témoins !" Il évoque également la motivation du tir, qui n'est pas connue ou ne lui est pas connue: est-ce la peur, une réaction de défense contre le Martien pensé comme dangereux, ou est-ce une tentative de neutraliser le Martien quitte à le priver de la vie afin de s'en emparer, d'obtenir une preuve?

Au-delà des aspects humoristiques de la discussion juridique de l'affaire, il note bien que le tireur, "manquant totalement de la plus élémentaire courtoisie interplanétaire, a risqué, par son geste inconsidéré, de déclencher la plus incroyable guerre des mondes."

[Ref. mc1:] MICHEL CARROUGES:

L'auteur rapporte dans son chapitre consacré aux confusions lors de la vague française d'OVNIS de 1954 qu'à Sinceny dans l'Aisne, une confusion grave a abouti à un coup de fusil sur un voisin, selon le Journal du Dimanche du 17 octobre 1954. L'auteur du coup de fusil avait déclaré:

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluer dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré."

Le Martien visé était en fait Maurice R., qui était occupé à réparer une banale automobile dans un pré voisin de chez lui. Heureusement, les plombs du fusil de chasse du tireur, M. F., ont seulement touché l'automobile.

[Ref. jv6:] JACQUES VALLEE:

Jacques Vallée mentionne que durant la vague de 1954 en France on a tiré sur des vagabonds que l'on a pris pour des Martiens.

[Ref. bb1:] GERARD BARTHEL ET JACQUES BRUCKER:

Les deux auteurs citent ce cas de confusion en indiquant le contenu d'une dépêche de l'AFP:

"Lille, 18 octobre (A.F.P.). -- M. Maurice Ruant, cultivateur à Sinceny, près de Chauny (Aisne), a bien failli être victime de la panique que cause à certains l'apparition des soucoupes ou autres objets volants. Il était occupé à dépanner sa voiture dans un pré proche de chez lui, quand deux coups de feu de chasse furent tirés dans sa direction. Les plombs s'écrasèrent sur la carrosserie du véhicule, non loin de sa tête. M. Maurice Ruant porta plainte, et l'enquête aussitôt ouverte permit de retrouver rapidement l'auteur des deux coups de feu, qui était voisin de M. Ruant: M. Faisan, lui-même cultivateur. Ce dernier a déclaré à la police:"

"J'ai cru, en voyant une silhouette évoluant dans la lumière de deux phares, être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe. volante. Je suis allé chercher mon fusil et j'ai tiré." Malgré sa bonne foi, M. Faisan sera poursuivi."

[Ref. mf1:] MICHEL FIGUET:

Michel Figuet note dans son catalogue des Rencontres Rapprochées élucidées:

10.1954
Sinceny
Confusion, E. Zurcher, p. 175

[Ref. dc2:] DOMINIQUE CAUDRON:

Dominique Caudron indique qu'en France en 1954 un cultivateur a tiré sur un voisin qu'il a pris pour un Martien.

[Ref. lg1] LOREN GROSS - JOURNAL US INCONNU:

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2 novembre 1954

Les français ont une épidémie de disques

Par Priscilla Buckley

PARIS, (UP). -- Une épidémie de soucoupes volante fait voir des hommes de Mars aux français.

L'autre soir dans le village Lorrain de Waldscheid un groupe de jeunes terrifiés a foncé vers les maisons pour rapporter que les hommes de Mars avaient atterri dans le jardin d'un villageois. Les femmes se sont précipitées dans l'église, espérant la protection divine.

Les hommes ont pris des faux, des fourches, et les quelques armes à feu disponibles et ont marché sur le jardin. Là se tenaient les envahisseurs, de la moitié de la taille d'un homme, leurs têtes immobiles luisant.

Il s'est avéré que c'était de grosses chrysanthèmes que le villageois avait couvert de tissu brilliant contre le gel.

Quand les visites d'outre espace de grande ampleur avaient commencé, le modèle était la soucoupe volante. Depuis lors, des cigares lumineux, des poêles à frire, disques, melons et même des cloches ont sillonné les cieux français en nombre croissant.

Dans la semaine les villageois de Momy (Basses-Pyrénées) ont couru avec leurs armes improvisées pour se confronter à une soucoupe volante fraîchement arrivée. Ils ont trouvé une citrouille creuse avec une bougie allumée à l'intérieur.

Deux nuits avant un fermier de la région de Bordeaux s'était arrêté pour réparer sa voiture sur une route solitaire, et a échappé de peu à la mort quand un habitant l'a pris pour un envahisseur céleste et a tiré les deux coups de son fusil vers lui.

Dix jours auparavant Gilbert Lelay a dit à ses parents à Chateaubriant qu'un petit martien était sorti d'un cigare volant et lui a de suite donné la permission de le regarder, mais lui interdisant de le toucher.

Près de Toulouse, un mécanicien, Jean Marty, 43 ans, a informé la police qu'il avait vu une soucoupe orange se poser près de son domicile. Elle a vite filé dans al nuit, mais Marty a trouvé deux feuilles de papier, couvertes de caractères sibyllins dont personne n'a pu nier que cela pourrait être de la littérature martienne.

Le magazine hebdomadaire express [L'Express] a offert une récompense de 10 million de francs (28.570$) à la première personne qui apporterait à leur bureaux un véritable martien vivant.

LE journal plus académique Le Monde, se désolant de l'épidémie de soucoupes volantes, imprimait ses regrets de l'époque "de notre bon vieux serpent de mer."

[Ref. dc1:] DOMINIQUE CAUDRON:

A Sinceny (Aisne), un certain M. Faisant tira sur un "martien" qui réparait sa soucoupe, mais se révéla n'être que son voisin qui réparait sa voiture.

[Ref. dt1:] DIANA G. TUMMINIA:

L'auteur dit que quand une vague d'OVNI a englouti la France en 1954, un homme a tiré sur son voisin parce qu'il a pensé qu'il était un Martien.

[Ref. ud1:] SITE WEB "UFODNA":

Le site web indique que le 17 octobre 1954, à Sinceny, en France, "rencontre rapprochée avec un engin non identifié et ses occupants. On a observé un objet non identifiable et ses occupants à courte distance."

La source est indiquée comme Carrouges, Michel, Les Apparitions de Martiens, Fayard, Paris, 1963.

[Ref. at1:] SITE WEB "ASSOCIATION ON OFFICIELLE DES TEMOINS D'OVNIS":

HISTOIRES REELLES SUR LES OVNIS

Le voisin martien

Durant l'Automne 1954, la France vit une véritable frénésie de "Martiens". Des dizaines d'observations sont signalées chaque jour de sorte qu'une quasi-hystérie s'empare de la population. Pas étonnant, dans ces conditions, que l'on assiste à un certain nombre de "débordements" plus ou moins graves dont le plus connu reste celui de Sincery. Voyant une lumière devant laquelle s'agitait une silhouette, M.F. ouvrit le feu avec un fusil de chasse. Plus tard il déclara aux journaux: "J'ai cru être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante. Je suis allé chercher mon fusil, et j'ai tiré". En fait, l'extraterrestre était son voisin affairé à bricoler le moteur de sa voiture, phares allumés. Un voisin qui eut bien de la chance de ne pas avoir été touché par les plombs.

[Ref. lm2:] SITE WEB DU JOURNAL "LA MONTAGNE":

[... Autre cas ... ]

Dans certaines régions, la peur prend parfois des allures dramatiques. A Sinceny (Aisne), M. Faisan tire deux cartouches sur son voisin qui bricole sa voiture: "J'ai cru être en présence d'un Martien en train de réparer sa soucoupe volante" déclare le tireur. La victime survit.

[... Autre cas ... ]

[Ref. ub1:] "UFO-DATENBANK":

N° de cas Nouveau N° de cas Enquêteur Date d'observation CP Lieu d'observation Pays d'observation Heure d'observation Classification Commentaires Identification
19541000 00.10.1954 Sincey [sic] France
19541017 17.10.1954 Sinceny France CE III

Explications:

Confusion, connue pour telle à l'époque.

Mots clés:

(Ces mots clés sont uniquement destinés à aider les recherches et ne préjugent pas des faits.)

Sinceny, Aisne, confusion, martien, humanoïde, route, voiture, soucoupe, lumière, fusil, droit, loi, justice

Sources:

[---] indique des sources que je n'ai pas encore pu consulter.

Historique du document:

Version: Créé/changé par: Date: Description:
0.1 Patrick Gross December 12, 2004 Première publication.
1.0 Patrick Gross 24 avril 2009 Conversion de HTML vers XHTML Strict. Première version formalisée. Additions [rp1], [ud1].
1.1 Patrick Gross 18 mars 2010 Addition [hm1].
1.2 Patrick Gross 5 avril 2010 Additions [mf1], [dt1].
1.3 Patrick Gross 17 juin 2010 Additions [dc2], [at1].
1.4 Patrick Gross 22 octobre 2011 Addition [lm2].
1.5 Patrick Gross 23 septembre 2014 Addition [li1].
1.6 Patrick Gross 10 octobre 2016 Addition [fa1].
1.7 Patrick Gross 25 novembre 2016 Additions [lg1], [ub1].
1.8 Patrick Gross 20 janvier 2017 Addition [vm1].
1.9 Patrick Gross 18 septembre 2017 Addition [sp1].
2.0 Patrick Gross 19 septembre 2017 Additions [ak1], [cp1], [pd1].

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Cette page a été mise à jour le 19 septembre 2017.